‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 269 sur 342 · MAIS PAS DÉMOLI L'ÉDIFICE MOYENAGEUX · texte numérisé non relu

MAIS PAS DÉMOLI L'ÉDIFICE MOYENAGEUX

nouvel édifice de la science et de la philosophie, basé sur le ‘principe de l'indépendance absolue de la pensée humaine. Toutefois, Bacon, de même que Hobbes et Gassendi, ayant arboré le drapeau du matérialisme et négligé le côté moralet idéaliste du progrès ne purent réussir à démolir l’ancien édifice

vermoulu, car ils manquaient des éléments nécessaires pour établir les fondements d’un nouveau système solide de science et de philosophie. C’est précisément

au milieu de ces circonstances, où l'incertitude et la contradiction troublaient l’ ordre moral, qu apparut la Pie personnalité de Descartes.

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René Descartes. naquit en 1596, à La Haye, petite

ville de Touraine. Issu d’une famille noble du Poitou, il reçut à sa naissance le titre de seigneur du Perron. +. fit ses études au collège des jésuites de La Flèche | jusqu’en 1612, après quoi il vint à Paris où il s’adonna

entièrement pendant deux ans à l'étude de la physique

et des mathématiques. Puis il embrassa la carrière des armes et servit dans les armées des divers princes

d'Allemagne pendant la guerre de Trente ans. Mais

bientôt fatigué de cette guerre religieuse et dégoüté

des princes, il renonça à l’état militaire et après

avoir parcouru en touriste divers pays d'Europe, et

agrandi son savoir par desexpérieneesnouvelles,ilrentra en France où il assista au siège de La Rochelle. Ensuite il revint à Paris où ilse consacra complètement à l'étude de la philosophie et des mathématiques. Toutefois, il y eut dans la vie de Descartes un accident qui mérite d’être mis en lumière. Issu d’une famille noble, fils d’un père breton profondément religieux et élevé ensuite au collège des jésuites, il avait été nourri dès son enfance d'idées profondément catholiques. En effet il avait servi comme officier dans l’armée autrichienne en guerre contre les défenseurs du protestantisme, parmi lesquels se trouvait la France. Cependant, doué d’un penchant naturel pour les sciences exactes et d’un esprit analytique et indépendant en ce qui concerne les problèmes de philosophie religieuse, il arriva qu’à l’époque où il prenait ses quartiers d'hiver sur les bords du Danube, il éprouva un besoin irrésistible de fixer ses idées et crut avoir découvert les fondements de la science. Il ressentit pendant trois nuits une sorte d'enthousiasme, une confusion d'idées indéfinissables,à la suite de quoi il fit le vœu d’un pèlerinage à Lorette. En effet, pendant son voyage en Italie, il séjourna à Venise et se rendit ensuite à Lorette eten dernier lieu à Rome pour assister au jubilé de 1625 (1). Toutefois, au sortir de cette espèce d’extase il demeura quelque temps sous l'influence de la lutte intime entre l’atavisme, les idées

1. Tableau des progrès de la pensée humaine, par Nourrisson, Paris, 1867

pages 336 et 337.

VIE ET ŒUVRE DE DESCARTES 679 e

reçues dans le milieu où il avait été élevé et le penchant

profondément scientifique de son esprit associé au besoin ne irrésistible de rechercher la vérité,et finit par formuler San selon les rèoles de sa méthode, les principes de la morale RER D à __ provisoire qu'il s’imposait en attendant le moment d'arriver par l'effort de laréflexion à reconstruirel’édifice er des connaissances humaines. Mais n ‘ayant pas trouvé LE E. pendant son séjour à Paris la tranquillité ni la solitude dont il avait besoin pour ses travaux, non plus que le

climat qui convenait à son tempérament, il se décida à se retirer en Hollande, pays de liberté religieuse et politique; car d’après ses biographes, Descartes, par une disposition très rare, unissaitune prudence extrême ; 4 à un sens très pratique, évitant toujours de se com- Des de promettre dans des discussions théologiques, à ce point LES

, qu'iln'osa traiter à fond la question de l’immortalité | de l'âme et qu'il suspendit la publication de son 7raité du Monde après avoir appris la nouvelle de la condam-

+È . nation de Galilée, car dans cet ouvrage il se déclarait ur enthousiaste du système de Copernic.

. ne Il se plut tellement en Hollande qu’il considéra ce pays comme sa seconde patrie, C’est là qu'il passa vingt-trois ans consacrés à l’étade de la philosophieet de la science et à une correspondance très active avec

À À ee plusieurs personnages célèbres de l'Europe, parmi les- “ quels la reine Christine de Suède, sur les sollicitations à de laquelle il se-rendit-à Stockholm. Mais le climat de cette ville fut trop rigoureux pour sa constitution déli- 2. © z

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