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« peuples d'Orient, Israël a eu le don d'écrire pour le « monde entier, Les autres littératures de l'Orient ne: « sauraient être lues et appréciées que par des savants ; « Ja littérature hébraïque est la Bible, le livre par « excellence, la lecture universelle, des millions d’hom-
« mes répandus sur le monde entier ne connaissent « pas d'autre poésie. Il faut faire sans doute, dans « cette étonnante destinée, la part des révolutions reli- « gieuses qui, depuis le xvr° siècle surtout, ont fait « envisager les livres hébreux comme la source de « toute révélation ; mais on peut affirmer que, si ces «livres n'avaient pas renfermé quelque chose de pro- « fondément universel, ils ne seraient jamais arrivés & « cette fortune. Israël eut comme la Grèce le don de « dégager parfaitement son idée, de l’exprimer dans « un cadre réduit et achevé ; la proportion, la mesure, « le goût furent en Orient le caractère exclusif du | « peuple hébreu, et c’est par là qu’il réussit à donner LT « à la poésie et au sentiment, une forme générale et « acceptable pour tout le genre humain. »
En effet, on ne saurait s’imaginer la civilisation européenne moderne, notre art, notre science, notre philosophie sans remonter à la source et les relier à la
haute culture de la Grèce qui brillaïit déjà cinq siècles avant Jésus-Christ tant dans la poésie et dans la tragédie, que dans Îles arts plastiques, dans les sciences exactes et naturelles que dans la philosophie. On ne saurait non plus concevoir le christianisme arrivé à son plus haut degré de développement actuel, sans remonter à ses origines, à ses traditions, à ses premiers apôtres, qui ont enseigné les principes religieux et moraux contenus dans la Bible, c’est-à-dire dans le judaïsme dont il n’est qu'un prolongement. Quant àla Bible même, elle est un recueil des livres sacrés des Hébreux, l'Ancien Testament, qui comprend trois groupes de livres : Le Pentateuque, les Hagiographes, les Prophètes, relatifs à la religion, à l’histoire, aux institutions et aux mœurs des Juifs. Le premier est un recueil de sujets divers: d’abord un aperçu succinct de la Cosmogonie, un récit sur le déluge en Asie-mineure, la généalogie des patriarches, ‘un exposé des épisodes de l’histoire nationale ; ensuite, ce qu'il y a de plus important, la législation mosaique consistant premièrement en lois religieuses, c'est-àdire dix commandements divins, le décalogue, révélés par Dieu même à Moïse sur le mont Sinaï, secondement en ordonnances d'hygiène sociale, imposées par Moïse au peuple d'Israël pour le préserver des maladies contagieuses et infectieuses. C'est la première fois que “le monothéisme dans toute sa pureté fut proclamé d’une manière solennelle avec défense absolue d’'adorer des
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dieux étrangers et. de représenter Jéhovah sous une forme matérielle quelconque. 2 pes Cependant, il faut distinguer entre Moïse, lun des plus grands hommes de l'histoire, libérateur et éducateur d’un peuple esclave, fondateur d’une religion de l'humanité et législateur savant et clairvoyant, et les tribus des Béni Israël qui, en leur qualité d'esclaves vivaient depuis un grand nombre d’années dans un contact étroit avec le bas peuple égyptien. s'étaient er habituées à l’idée polythéiste adorant Dieu sous des | formes différentes, tantôt sous forme d’astre ou d’ani- e. mal, tantôt sous forme de pierre ou de figure en fonte, etpar Conséquent étaient incapables de concevoir le monothéisme dans sa pureté. RIT Lt.
Quant à Moïse lui-même, il faut tenir compte du fait qu'il avait reçu à la cour d'Egypte une éducation et une instruction supérieures et qu'il avait été initié de bonne heure par les prêtres d'Ammon aux mystères du culte thébain lequel, pendant la XVII et Ja XVIIL° dynasties, renfermait déjà les principes du monothéisme; grâce à son intelligence il sut le perfectionner et élever la conception de la divinité jusqu'à l'idéal d’un Etre suprême qui gouverne les destinées humaines. Or2Z étant donné l'abîime qui séparait la haute mentalité de s Moïse de celle d’un peuple entaché d’ignorance et de : superstition, Moïse eut beau lui imposer l’idée du monothéisme, tantôt par la suggestion, tantôt par la menace, l'habitude, l'exemple et l’atavisme le firent
DU MONOTHÉISME 169 toujours pencher vers l’idolâtrie. En effet, dès que Moïse s’éloignait du milieu de son peuple ou se relâchait un peu dans sa surveillance, celui-ci retournait de nouveau au culte égyptien d’Apis par l’adoration du
veau d’or. Aussi, fut-il obligé dans maintes circons-
tances, d'employer des mesures de rigueur et de punir même de la peine de mort ceux qui violaient le pacte conclu au pied du mont Sinai entre Jehovah et le peuple d'Israël.
L’Ancien Testament abonde en accusations, de la part des prophètes, d’infidélités du peuple élu envers
Jéhovah, tant sous le gouvernement des Juges que sous
celui des rois, ce qui prouve bien que le monothéisme n'a pas pris racine d'emblée parmi le peuple d'Israël
-et qu'il s’est écoulé un grand nombre de siècles avant qu'il n’ait pénétré dans son âme en toute sa pureté,
tel qu'il figurait dans le Décalogue, comme une révélation directe de Dieu, devant servir de code de morale
sociale et de lien sacré entre Dieuet l’homme.
Moïse s'étant bien rendu compte de la difficulté de sa mission, qui était de former une nation d’une collectivité humaine engloutie dans la barbarie et imbue du polythéisme égyptien, ne se contenta pas d’établir une foi religieuse reconnaissant un Dieu national unique; il y ajouta un grand nombre de mesures de policesani-
taire qui constituent sous la forme de préceptes religieux un système de préservation sociale ; et pour
pouvoir les mettre en vigueur, il se vit oblige de les
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revêtir d’une forme sacrée et de recourir à l’intimidation religieuse pour en prévenir la violation. Il fit suivre ce système de police sanitaire d’un petit code traitant des questions d'ordre civil ; d’abord, il ÿ règle la condition des serviteurs, ensuite, il punit l’homicide, le vol, les
coups et les blessures, la séduction, la sorcellerie, la
bestialité et l’usure. Parmi les questions d'ordre social, il ordonne, non seulement un jour de repos hebdoma-— daire, en consacrant à Jéhovah le septième jour de la semaine, maisilétend cette prescription à une année de
repos pour la terre tous les sept ans. Dans ce jour de
repos, tout travail est défendu, car l’un des dix commandements dit : « Tu ne feras aucune œuvre ce jourlà, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes
portes .» La loi hébraïque relative à l'esclavage se
distingue encore sous d’autres rapports de celle en usace chez d’autres peuples primitifs. D'abord, l’esclave avait la faculté de quitter tous les six ans son maître. Celui-ci en le congédiant, lui donnait de quoi subvenir à ses premiers besoins ; il était de plus défendu de frapper l’esclave et si on lui cassait seulement une dent, les juges prononçaient son affranchissement, Il était traité du reste d’une manière plus humaïne que chez les Grecs et les Romains. | | On avait également de la sollicitude pour le pauvre.
Le salaire de l’ouvrier et du colon devait être payé avant le coucher du soleil « parce qu'il est pauvre »
-(Deutéronome, XIIT, 15), Le créancier ne peut .saisir
la couverture dont le débiteur s’enveloppe la nuit. En tous cas, il doit la luirendre avant le coucher du soleil. (Exode, XXII, 22, 24). On n’a pas le droit de s’emparer de la meule du pauvre, des objets qui sont nécessaires à l'entretien de sa vie(Deutéronome,XXIV,12,13).
Au moment de la récolte il faut songer à l’indigent : « Quand tu couperas ton blé, tu ne moissonneras pas le bout de ton champ, et tu ne recueilleras pas ce que la faux aura laissé » (Lévitique, XIX, 9, 10) Dans la vigne, les grappes et grains tombés sont pour le pauvre et l'étranger.
On a même quelque peu songé à protéger la femme.
Le père peut vendre sa fille mineure, maïs si le fils du
maître a des relations avec elle, il doit l’épouser.
(&xode, XXI, 7-11). La fille une fois majeure, son mariage ne peutse conclure que de son consentement. Enfin, les biens du mari vivant ou mort répondent pour ceux de la femme. Le divorce était permis, mais le mari était obligé de soumettre le cas pour examen à un tribunal. Le sentiment du devoir filial et paternel, de même que celui de la solidarité de la famille consti-
tuent un trait caractéristique de la race juive.
Jéhovah protège la veuve et l’orphelin : « N’humiliez jamais la veuve ni l’orphelin. Si tu l’humiliais, sache que, quand sa plainte s’élèvera vers moi, assurément j'entendrai cette plainte et mon courroux s’enflammera, et je vous ferai périr par le glaive; et alors