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vant parmi les déportés, convaincu qu’à la suite de
la dispersion de la partie la plus valide de la nation,
tout espoir de relèvement national était perdu pour le
moment et qu’il fallait un symbole d’unité pour la reconstitution future de la nationalité, s’adresse à ses coreligionnaires et les exhorte avec véhémence en leur rappelant que leur peuple était l'élu de Dieu et qu'il était lié par le pacte conclu au pied du mont Sinaï. Mais pour le moment, Juda est une scorie impure que Jéhovah a ramassée dans Jérusalem pour la faire fondre dans le creuset de l’exil à Babylone. Il leur exprime en même temps sa foi dans le retour du jour où réunissant les troupeaux dispersés dans tous les pays il les ramènera paitre sur les. collines de Sion sous. læ conduite de leur berger, le descendant de David. Dans ce transport prophétique Ezéchiel oublie un moment la triste réalité, réunit par la pensée les débris épars d'Israël, réédifie le temple, organise le culte nonveau et partage le royaume entre les tribus revenues de l'exil.
Chose étonnante. Ce programme fantastique rêvé par Ezéchiel finit par se réaliser en grande partie après :
que les armées de la Perse, sous la conduite du rot Cyrus, eurent détruit l'empire des Chaldéens et pris d’assaut la ville de Babylone. C’est alors que Cyrus,
homme intelligent et animé de sentiments très humains,
en même temps que doué d’un esprit prévoyant, se pro= posa de fonder son nouvel Empire sur la base de l’é-
quité et promit à chacun des peuples placés sous sa domi- + nation la liberté de vivre à sa guise, d’adorer son dieu, de labourer ses terres, de laisser paître les troupeaux de. dans ses champs et de faire le commerce sous la protec- : . tion du gouvernement de la Perse, En même temps, il | permit aux descendants des familles de Juda de retour- nerdansleur pays, de reconstituer leurs villes, et de réédi-
= fier leurs temples.
Ce fait prouve-que la Perse, à l'inverse des autres nn . peuples barbares de l'Asie, était un pays fortement . < 2 organisé avec des mœurs et des principes religieux 15 sévères, une agriculture prospère et une armée discipli- . née, avec une administration et une magistrature orga- nisées selon les principes d’une hiérarchie solide. - Cependant, il se trouva parmi les descendants des exi- | __lés en Babylonie un grand nombre de familles, qui par ne leur intelligence- et leur grande activité réussirent à - prospérer et à former une colonie juive ‘influente con- À servant leurs mœurs, leurs croyances et leurs pratiques 2 Fe | religieuses. Ces familles regardaient la Perse comme
Fleur seconde patrie et n’avaient point le désir de ren-
È : trer à Jérusalem, ville en ruines au milieu d'une cam-
- pagne non cultivée. Par contre, le plus grand nom-
bre, moins fortuné, rêvait d’un avenir plus heureux dans
son pays d’origine d'autant plus qu'il était poussé = dans cette entreprise par quelques-uns des chefs, répu-
= tés pour leur honorabilité et leur capacité, tels que a __ Zorobabel et Esdras. C’est ainsi que se formèrent -
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deux groupes ; le premier sous la direction de Zorobabel, quitta Babylone en 536 avant J.-C. et arriva
en peu de temps à Jérusalem, tandis-que le second partit en 458 sous la conduite d’Esdras. Le premier acte des exilés à leur retour sous la direction de Zorobabel, fut le relèvement du temple de Jéhovah et selon les récits bibliques, ils obtinrent du roi Xerxès la per-
mission de rétablir ses murailles démolies ainsi que d’autres fortifications. Le gouvernement persan avait
considéré qu'il était de son intérêt d'améliorer les conditions d’existence des peuples se trouvant sous son protectorat. Il en résulta un réveil progressif, bien
que lent, de l’ancien royaume de Juda et un déve-
loppement graduel de la prospérité de Jérusalem. Toutefois, la véritable évolution nationale ne com-
mence qu'avec le retour de la seconde caravane, sous la conduite d'Esdras : ce fut un homme de génie qui intro-
duisit une vraie organisation parmi le peuple juif,
rajeuni sous la domination persane. Esdras avait compris que pour établir l'unité nationale il fallait un idéal commun, c’est-à-dire le rétablissement de l’ancienne loi
mosaique, telle qu’elle est dictée par le Décalogue. Dans ce but, il évoqua le souvenir des gloires anciennes et du prestige des grands rois, David et Salomon, le premier ayant fondé le royaume d'Israël qui s ’étendait dû désert jusqu’à la mer et le second s’étant rendu célèbre par la magnificence du temple construit par lui. En même temps, il rappela à son peuple les sou-
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venirs atroses de la ruine de Jérusalem, et de la dépor-
tation de ses habitants, conséqueuces de la violation de
la loi mosaïque et de leur penchant à l’idolätrie. C’étaient les prêtres qui faisaient les lois, les appli-
-quaient et rendaient aussi la justice. Les grands prêtres
gouvernaient etse succédaient de père en fils. Ils
Lis
sur l'élevage ; ils recevaient en plus des offrandes obligatoires ou volontaires aussi peu à peu la caste sacerdotale réussit-elle à accumuler entre ses mains une grande partie de la richesse du pays. :
“ Ceci toutefois n’ébranla pas la fidélité du peuple juif envers Jéhovah, dont les prêtres, se réclamant du droit divin, se disaient les porte-paroles.
Sous ce régime théocratique et sous l'inspiration. de l'idéal national, l'influence de Jérusalem commença à s'étendre aux pays environnants; même la Samarie si résistante autrefois, commença à se soumettre à. ce nouveau régime. Le monothéisme s'était tellement
affirmé dans les masses populaires sous la suzeraineté
de la Perse qu'il n'y avait plus à craindre de les voir retomber dans l'idolâtrie. |
C'était d'autant plus facile que la nation perse était ‘également adepte du monothéisme, bien que sous une forme différente; la religion qui dominait alors en Perse sous le nom d’Avesta, fondée par Zoroastre, a de nombreux points de ressemblance avec le judaïsme.
L’Avesta reconnaît d'abord comme Etre Suprême Ahou- | |
avaient établi un système de dîimes sur les récoltes et :
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5 -ramazda, éternel, omnipotent, omniscient, et créateur __ = du monde qui exerce son pouvoir par l'intermédiaire = d’un esprit émanant de lui-même et quelquefois par les anges ; elle admet aussi une révélation au moyen de laquelle l'Etre Suprême communiqua ses commandements à Zarathoustra (transformé plus tard en Zoroas-” tre) sur une montagne sacrée. Elle contient également un code d'hygiène comme la Bible; elle admet aussi six périodes pour la création au lieu de six jours, ainsi que la descendance de l’espèce humaine d’un premier couple, à légal de la Bible. Bien que le Zend-Avesta admétte comme article de foi l’existence de deux prin- ‘cipes en lutte, le bien et le mal, représentés par —. Ormuz et Ahriman, il reconnaît également le triomphe final du bien sur le mal, le bien suprême étant un des attributs de Dieu. :
Il n'y a pas de doute que le contact plus ou moins pro- : longé à Babylone entre les classes les plus éclairées des exilés et le milieu intellectuel perse plus avancé et : = mieux organisé qu’elles, n'ait exercé une influence con- - sidérable sur l’évolution intellectuelle de ces dernières, sans leur faire abjurer pour cela leurs anciennes croyances et leurs pratiques religieuses. C’est ainsi qu'Esdras, doué d’un génie organisateur et d’une volonté indomptable, sut s’assimiler la culture supérieure étrangère et la transmettre à ses jeunes coreligionnaires, avides de savoir. En même temps, il 1 efforça maintenir intégralement Jes doctrines mo=<
saiques et d affirmer le sentiment national uni au sentiment religieux avant de mettre à exécution son projet de retour à Jérusalem. Grâce à la coopération de coreligionnaires intelligents et instruits qu'il emmena
À avec lui, il réussit à atteindre le but qu'il se proposait: ‘à savoir : de rétablissement du monothéisme, selon”
da conception mosaïque.
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