‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 41 sur 342 · COLLISION ENTRE LE MONOTHÉISME JUIF ET LÉ POLYTHÉISME GREC · texte numérisé non relu

COLLISION ENTRE LE MONOTHÉISME JUIF ET LÉ POLYTHÉISME GREC

- Bien que le contact prolongé des rraclites avec

le milieu perse eût favorisé l’évolution du monothéisme mosaïque sur une base plus solide et bien que Esdras eût réussi à rétablir l’unité nationale en même temps

que religieuse de son peuple sous la suzeraineté de la

Perse, le caractère théocratique dont le gouvernement

de Jérusalem s'était revêtu, rendit le monothéisme trop intolérant envers ceux qui ne le reconnaissaient

pas. Tant que les Perses maintinrent leur hégémonie sur les peuples de l'Asie Mineure et de la Syrie, les israélites continuèrent à prospérer en Palestine et l'harmonie régna entre toutes les classes sociales de ses

| habitants.

Malheureusement, eu de Fe Perse ne tarda

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pas à perdre de son éclat à la suite de l’échec subi

par ses armées dans la guerre contre la Grèce, ce qui

contribua également au soulèvement d'autres peuples de l'Asie soumis à sa donation ; ‘ En même temps, la Grèce, encouragée par sa vic-

__ toire sur la Perse, avait établi de nombreuses colonies. sur le littoral de l'Asie Mineure, qui disséminèrent

les germes de sa culture en Syrie et en Palestine. L’affaiblissement de la Grèce à la suite de la guerre

du Péloponèse, amena les armées perses à s’emparer

d'un grand nombre de colonies, mais la supériorité de

la culture grecque sur celle de la Perse finit par

s'imposer même aux vainqueurs, d’autant plus que les Perses n'empêchèrent jamais les peuples conquis de

continuer à exercer leur industrie et leur commerce et :

de suivre leurs coutumes et leurs habitudes religieuses: Il s’ensuivit que la culture et les mœurs grecques s’infiltrèrent insensiblement parmi les habitants de la Palestine pendant tout le rv° siècle avant J.-C. L'influence de l’hellénisme se fit surtout sentir en Syrie et s’affirma tous les jours davantage après la victoire d'Alexandre le Grand sur Darius en 332 avant J.-C. Lorsqu'Alexandre fut devenu maître de la région

syrienne, la Palestine constitua une étape sur le

chemin qui mène de l’Asie en Egypte. L'Etat de Juda

reconnut immédiatement la suzeraineté d'Alexandre et.

lui devint tributaire; par la suite il continua à jouir de

la confiance et de la protection du nouveau maître ; ® Ë <

l'aristocratie hiérosolymite continua à exercer une hégémonie religieuse sur tous les petits états voisins, tels que Moab, Ammon et Edom, et la langue hébraïique se répandit peu à peu dans toute la Palestine. D'un autre côté, la domination grecque ne manqua pas d'exercer une influence directe sur les classes

dirigeantes du royaume de Judée avec lesquelles elle

eut des rapports fréquents empreints d’une certaine cordialité. La haute culture et la science grecques de leur côté ne charmèrent pas moins les esprits cultivés des habitants de la Palestine. En effet, il y eutun grand nombre de juifs qui s’assimilèrent les idées et

l'esprit helléniques.

C’est ainsi qu'après le partage de l'Egypte et de la Syrie entre les successeurs d'Alexandre, lorsque Ptolémée devint roi d'Egypte et Antigone roi de Syrie, de

fortes colonies juives s’établirent sur le littoral méditer-

ranéen et en Egypte et se familiarisèrent graduellement avec la culture grecque. À Jérusalem même, il se forma deux partis dont lun représentait le nationa-

lisme juif et l’autre l’hellénisme, avec la différence que le premier était représenté par la démocratie et le

second par l'aristocratie qui était à la tête du gouver-

mement. Ilen résulta que l'Egypte, la Syrie et la Phé-

nicie se remplirent de colonies juives : les grandes villes sur tout, telles qu'Alexandrie et Antioche, en resorgèrent, Le parti du nationalisme démocratique, animé d’un esprit anti-hellénique et anti-sacerdotal,

mœurs étrangères. Plus les dirigeants s’obstinaient

L'esprit démocratique uni au fanatisme religieux et

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impuissant à résister à l'invasion morale 1e lhellé=. se nisme, se borna à protester contre cet état de choses L. par la bouche deses tribuns populaires quiressuscitaient Fe. les avertissements des anciens prophètes et menaçaient ne les classes supérieures de Jérusalem de catastrophes .

et de châtiments divins, si elles persévéraient dans Ja |

violation des lois mosaïques et si elles suivaient les

dans leur apostasie, et plus les menaces redoublaient ; invoquant l’image des malheurs passés, ces nouveaux prophètes ne cessaient d’ annoncer la ruine dela Patrie. D

national devenait tous les jours plus agressif dans ses injonctions à l'aristocratie qu’il accusait d' être le parti des fauteurs de nouveautés et du régime antistraditio-.

naliste et anti-nationaliste.

Toutefois les prophètes qui dirigeaient le parti du nationalisme démocratique avaient en vue dans leurs récriminations l'injustice des classes dirigeantes et l'oppression du peuple par l’Aristocratie plutôt que le + polythéisme grec, bien qu ‘ils confondissent dans un même anathème le polythéisme hellénique et les riches qui menaient une vie luxueuse et qui refusaient la jus- tice aux faibles. |

Grâce à un concours de circonstances barenses à ‘savoir, la paix qui régnait entre les rois d'Egypte et = de Syrie et l’arrivée au pontificat de Siméon le Juste qui se HNÉEUSE par la” sagesse de sa politique la

dé

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Judée jouit d’une accalmie relative pendant trente ans, période qui permit à l'aristocratie sacerdotale de terminer l’œuvre de la législation mosaïque et de pacifier le parti démocratique. Malheureusement, la guerre éclata entre l'Egypte et la Syrie, et la Palestine cs eut à supporter les passages successifs des armées des vainqueurs et des vaincus. Finalement,avec l avènement d’Antiochus Epiphane en 175,elle resta soumise comme vassale à la Syrie, sous la suzeraineté de laquelle les grands prêtres exercèrent une puissance souveraine en s'appuyant sur l'aristocratie hiérosolymite tandis que celle-ci était soutenue par les autorités syriennes, ce , quirenditles unsetles autres odieux au parti démocratique, d'autant plus que les fermiers d'impôts nommés par le gouvernement syrien appartenaient à l'aristocratie juive. Ils se rendaient de ville en ville pour encaisser à main armée les redevances et maltraitalent souvent leurs concitoyens, ce qui contribuait à nourrir tous les jours davantage la haine contre les oppresseurs. Mais, dans l'impossibilité de secouer le joug étranger, le parti démocratique déversait sa colère par la bouche du prophète, C’est ainsi que le second Isaïe, s’inspirant du même esprit que le premier Isaïe, s’attaqua au clergé, auxinstitutions lévitiques et à la corruption d’une aristocratie qui vivait du temple et opprimait le pouple. De même que son devancier, il se rendait un compte exact de la situation matérielle et morale de son peuple qui, - après avoir perdu son -indépendance nationale, vivait 5 13

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sous la menace perpétuelle de voir sombrer le judaïsme dans sa lutte contre l’hellénisme.

La lutte continuelle entre le parti SH hiopadite populaire et l'aristocratie hellénisante finit par un appel de cette dernière à l’intervention directe d’Antiochus. L'armée syrienne entra dans Jérusalem, décidée à écraser le parti traditionnaliste. Le roide Syrie y établit une

garnison macédonienne, fit construire une forteresse

qui dominait le temple, installa partout des autels aux dieux païens et fit ériger dans le temple même de Jéhovah la statue de Jupiter Olympien. Jamais pareil FES n'avait menacé le judaïsme.

On aurait pu croire à ce moment à une victoire défi-

nitive du polythéisme grec sur le monothéisme dont le peuple juif était alors le seul représentant. Cependant cette provocation du roi Antiochus par la profanation du

temple fournit simplement un prétexte au parti nationa-

liste pour s'organiser et prendre les armes contre la

nation macédonienne, sous le commandement de Judas. Macchabée, pendant que le frère de celui-ci, Mathias,

parcourait le pays, renversant les autels païens. Il arriva qu'après plusieurs rencontres avec les troupes d’Antiochus, Judas Macchabée réussit à les mettre en dérout® et à s'emparer de Jérusalem.

Cependant, cette guerre d'indépendance, qui aurait dû contribuer au rétablissement de la paix nationale, dégénéra bientôt en guerre civile entre les deux partis.

ft ne fut que grâce à l'appui de Rome que le triomphe

Rss DU MONOTHÉISME 195 des Macchabées se consolida au détriment du parti hellénisant. Siméon, frère du Juda, se fit proclamer grand prêtre et prince des juifs et son pouvoir fut reconnu non seulement par le sénat romain mais aussi par le roi de Syrie. = | Malheureusement, le parti traditionnaliste une fois au pouvoir, se divisa en deux partis : d’un côté, les puissants et les riches formèrent une aristocratie nouvelle, mais aussi conservatrice et hautaine que l’ancienne ; de l’autre côté une bourgeoisie puritaine, pauvre et dévote, avec la différence que les deux partis au lieu de s'appeler hellénisant et non hellénisant, se dénommèrent saducéen et pharisien.

Toutefois, sous les Macchabées la nation juive s’était reconsfituée, avait imiposé sa domination aux pays voisins et étendu ses frontières du désert arabique jusqu’à la Méditerranée. Malheureusement, leurs successeurs, au lieu de gouverner avec justice et équité, se conduisirent comme des tyrans orientaux ; lescrimes de palais se multiplièrent et la guerre civile ne tarda pas à éclater. À la suite de cette anarchie sociale, l'intervention romaine s’imposa et réussit à rétablir l’ordre. Ce fut Pompée qui, en 63 avant Jésus-Christ, s’empara de Jérusalem et plaça la Palestine sous son protectorat en la soumettant à un tribut et en remplaçant le prince par un exarque. Depuis lors, l’hellénisme fut remplacé en Palestine par les aigles romaines et la Judée perdit définitivement son indépendance nationale.

Ex

était de cultiver la terre ; ils possédaient leurs biens en

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Il y eut alors quatre partis distincts à Jérusalem.

1° Les Saducéens, représentant la classe la plus instruite et la plus intelligente en même temps que la plus riche, aimant avant tout l’aise et le confort, considé- | raient que leur intérêt était de rester soumis à Rome.

De FAN PANE

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