‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 65 sur 342 · ACTES · texte numérisé non relu

ACTES

ce qui a rapport à la loi mosaïque, garde un silence complet au sujet de l'homme qui s'était proposé de | réformer cette loi, ce qui est d'autant plus surprenant = que plusieurs chefs d'école de Jérusalem qui ont colla- | “boré aux débats talmudiques tels que Hillel et Schamai, Ben Saccai, Rabi Akiba et Gamaliel étaient contemporains de Jésus-Christ et de saint Paul, . 4° Aucun des historiens grecs ou latins du 1° siècle | de notre ère, bien qu’ils rendissent compte dans leurs écrits de la situation des Juifs à Rome et se plussent à critiquer, en ridiculisant leur mentalité, leur isoleee ment volontaire dans les quartiers particuliers, ainsi que leur organisation religieuse et sociale, ne dit mot = -de Jésus comme fondateur de la secte chrétienne. Cependant, il est un fait historique indiscutable qui témoigne en faveur de l'existence de Jésus et de son œuvre en Palestine, c’est la personnalité de saint Paul et sa propagande active en faveur de la croyance dans Je messianisme de Jésus-Christ et de sa résurrection après sa mort, exposée par lui dans les Actes et dans ses Epiîtres aux Païens. Néanmoïns, en suivant les dif- F. “ férentes phases de son activité d’apôtre, on est surpris | | de voir qu'en même temps qu'il se déclare le continua- + : teur de l’œuvre de Jésus-Christ il se met en complète

à contradiction, comme nous le verrons plus loin, avec l'enseignement des premiers apôtres, vrais disciples de Jésus-Christ. #

Quant aux évangélistes, il est vrai qu'ils nous ren-

Ca

nn,

seignent minulieusement sur la vie de Jésus, sur son origine et sur son œuvre en Palestine ; mais leur .des-

__ cription n'émane pas d’un contemporain de Jésus ni

… d’un témoin oculaire rapportant les faits qui se sont déroulés sous ses yeux ; elle est plutôt l'exposé des légendes populaires nées sous l'influence d’une catastrophe nationale, qui couraïent de bouche en bouche et furent transmises ensuite par des personnes crédules et mystiques aux générations suivantes.

En effet, le plus ancien des évangiles, celui de : saint Jean, datant de la fin ‘du premier Le ne nous

donne aucun renseignement historique sur la naissance et la vie de Jésus-Christ. Quant aux trois autres évan- - giles, ils ont été écrits au n° siècle, pendant lequel ont circulé plus de cinquante autres évangiles

: tous ont.

été remplis des miracles faits par Jésus et les apôtres,

avec cette particularité que, sous beaucoup de rapports,

ils se contredisaient les uns les autres, au point que les

Saints Pères se sont vus obligés de les déclarer apo-

cryphes et les Conciles du 1v° siècle n'ont admis comme légitimes que les quatre existant aujourd’hui : ceux - de saint Jean, de saint Matthieu, de saint Luc, et de saint Marc. Tout esprit impartial comprendra que des faits rapportés par des auteurs inconhus, soixante-dix, quatre-ving dix, cent-quarante ans après la mort de Jésus dans le but de glorifier sa vie et son œuvre, ayant

pour seule et unique base des données traditionnelles, sont dépourvus de toute valeur historique, d'autant

MARNE Vrai

Po

plus que si on lit avec attention les quatre évangiles reconnus par les Conciles comme authentiques, on ne

tarde pas à découvrir qu’ils sont parfois en désaccord

tant en ce qui concerne la biographie que l’exposé des tendances et des doctrines du NT du genre humain.

C’est ainsi que selon Matthieu et Luc, Jésus n’a jamais prétendu remplacer le mosaïsme par une autre religion. « Ne pensez point, dit-il, que je sois venu détruire la loi ou les prophètes, je ne suis pas venu les détruire mais les accomplir (4). Au reste, le ciel et la terre passeront plutôt qu'un seul petit trait de la loi périsse (2).

De plus, lorsque Jésus invita les apôtres à propager

lévangile, il leur recommanda : « N’allez point vers les Gentils et n’entrez point dans les villes des Samari- tains. Mais allez plutôt aux brebis perdues de la maison d’ Israël. Et partout où vous irez prêchez en disant : le royaume des cieux est proche (3). Une femme cananéenne s’adressa à Jésus, le priant de guérir son fils malade, en criant : « Seigneur, aie pitié de moi ». Il lui répondit : « Je n’ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. Il n’est pas juste de prendre le pain aux enfants pour le jeter aux chiens. » Il ne consentit à satisfaire son désir que lorsqu'elle lui dit :

Page 1