‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 68 sur 342 · Saint Matthieu, VIII, rret 12, XX VIT · texte numérisé non relu

Saint Matthieu, VIII, rret 12, XX VIT

. plus d’ampleur et d'élévation.

rompre avec les défenseurs d’un régime théocratique qui, sous le couvert de fausses pratiques religieuses et de sacrifices aux temples, exploitaient les pauvres

et méconnaissaient les principes de justice, de charité “ et d'amour du prochain. Ce n’est qu’alors que l’ho- …

rizon de ses idées s’élargit et que ses projets prirent

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Pour se rendre bien compte de l’évolution du christianisme en Palestine au sein du peuple juif, nous considérons comme nécessaire de faire connaître :

Premièrement, la mentalité de ce peuple lorsqu’ be prit contact en Palestine avec la culture gréco-romaine

- polythéiste tout ses à la culture théocratique mo-.

nothéiste : |

Do l'influence de ne des anciens prophètes sur les sspirations du peuple juif à. Jérusalen.

En ce qui concerne le premier ie nous tenons à

eonstater qu'après la victoire d'Alexandre sur Darius” - < à Issus en 332 avant Jésus-Christ, l'influence de l’hél

lénisme s’étendit dans toute la Syrie,surtout en Palestine qui constituait une étape sur le chemin qui mène de l'Asie en Egypte. L'Etat de Judée, loin d'offrir de la résistance au nouveau maître, reconnut de suite sa

suzeraineté et lui devint tributaire. En échange, le royaume de Judée, avec Jérusalem pour capitale, continua toujours à jouir de la confiance et de la protection d'Alexandre, ce qui avait permis à l'aristocratie hiérosolymite d'exercer l’hégémonie religieuse et morale sur tous les petits Etats voisins. D'autre part, la domination grecque n’a pas été sans exercer une influence directe sur les classes dirigeantes du royaume de Judée, avec lequel les autorités grecques ont eu des rapports fréquents empreints d’une certaine cordialité. En elfet, la science et la haute culture grecque avaient charmé les esprits élevés de la Palestine au point qu’il y en eutun grand nombre qui s’assimilèrent les idées et les connaissances scientifiques des Hellènes. C’est ainsi qu'après le partage de l'Egypte et de la Syrie entre les

successeurs d'Alexandre, lorsque Ptolémée devint roi

d'Egypte et Antigone roi de Syrie, de fortes colonies juives s’établirent sur le littoral méditerranéen et en Egypte, adoptèrent la langue et les mœurs grecques et s’assimilèrent en grande partie la culture grecque. C'est surtout après que la Palestine fût réunie à l'Egypte que celle-ci, de même que la Syrie et la Phénicie, se remplirent de colonies juives au point que les grandes villes, telles qu’Antioche et Alexandrie, en regorgeaient. C’est précisément parmi les juifs hellénisants, moins intransigeants que leurs coreligionnaires hiérosolymites, que se sont trouvés les premiers adeptes du christianisme. |

Au contraire, parmi les juifs de Jérusalem il y eut un parti appelé démocratique, animé d’un esprit antihellénique en même temps qu’'anti-sacerdotal, qui se refusait à se soumettre à un gouvernement de prêtres en connivence avec les propagateurs de l’hellénisme. Ce parti avait pour chef des tribuns populaires qui renou- -velaient les avertissements des anciens prophètes, Amos et Osée, accusant de trahison les riches et les prêtres, lançant contre eux des menaces et des invectives et les rendant responsables de l'invasion du polythéisme hellénique et des mœurs étrangères. Ces tribuns, inspirés par les idées des anciens prophètes, ne cessalent de prédire la ruine de la patrie et grâce à ces exhortations, le parti démocratique, aidé par le fanatisme religieux des masses populaires, devint tous les jours plus agressif contre les classes dirigeantes. |

Il convient de constater qu'après que les aigles romaines eurent subjugué la Grèce, se furent emparées de la Syrie et eurent triomphé en Palestine, il y avait trois partis politiques à Jérusalem : =

1° Les saducéens, qui représentaient la classe intellectuelle et instruite, comprenaient bien que leur intérêt était d’être soumis à Rome ;

20 Les Pharisiens, imbus de l’esprit de la loi mosaïque, considéraient que leur premier devoir était de maintenir la loi dans toute son intégrité et de conserver l’esprit national avec toute son intransigeance. C’est ainsi

qu’ils offrirent une grande résistance tant à la domination romaine qu’à la culture grecque ;

3° Les Esséniens qui se composaient de gens mystiques et altruistes, ne révaient qu’amour de la justice et amour du prochain, Ils vivaient en communauté, se consacraient à l’agriculture et possédaient leurs biens en commun. Ils fondaient leur idéal du bonheur sur la fraternité parmi les hommes et l'égalité des classes sociales.

Outre ces trois classes organisées, il y avait la grande

masse populaire sans aucune organisation, sans occupation déterminée et dépourvue de moyens d’existence, à la fois superstitieuse et fanatique, obéissant aux ordres de chefs fanatiques sans scrupules. Ceux-ci, pour satisfaire leur ambition secrète, avaient adopté pour programme la réalisation des vieux rêves messianiques ; en effet, depuis l’époque hérodienne circulait dans les synagogues et écoles hébraïques de la Judée le livre de Daniel prédisant l’avénement du Messie « au milieu des nuées dans les cieux entr'ouverts parmi les foudres », qui détruirait l'Empire des païens, rétablirait le Re d'Israël et réaliserait les antiques promesses. | Sur ce terrain propice à bon du sentiment

national et religieux, |’ espEt de révolte contre la domi-

nation romaine grandit tous les jours davantage, ce qui donna lieu, d’abord à une répression féroce des émeutes populaires par les préfets romains, ensuite

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