ET LE PAGANISME
vers La conversion au christianisme des classes intel- | lectuelles. Ce furent les apologistes, tels que saint- D Jérôme, saint Chrysostome, Tertulien et Lactance, les véritables éclectiques de l'Eglise latine, qui préten-
daient que chaque doctrine philosophique possédait en elle quelque parcelle de la vérité et aucune la vérité entière. Après les apologistes, vinrent au 1v° siècle les Pères de l'Eglise tels que saint Ambroise, évêque de Milan,et saint Augustin. Ceux-ci ne se contentèrent plus de jouer le rôle de défenseurs de l'Eglise, ils traitèrent d’égal à égal avec le pouvoir civil,et même l’attaquèrent.
… C'est aïnsi que saint Ambroise refusa à l’impéra- -trice Justine, mère de Valentinien II, la restitution aux Ariens de la basilique de Potamienne(église de Milan)
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de même il osa défendre l’entrée du sanctuaire à l’em- . pereur Théodose, souillé dumassacre de Thessalonique
ee et l’invita publiquement à la pénitence (r). ee = | :
IT. — LE MYSTICISME ORIENTAL DE SAINT AUGUSTIN ET DES PÈRES DE L'ÉGLISE ENGENDRA LE FANATISME ET L'INTOLÉRANCE CONTRE LES DISSIDENTS DU CONCILE DE ee Nrcée. |
__ Les travaux de saint Augustin respirent le mysticisme uni à l’intolérance étant opposés à toute doctrine
1, À Ja suite d'une émeute des habitants de Salonique contre le
général Botérins, où celui-ci eut plusieurs de ses officiers massacrés, Théodose invita les citoyens de la ville aux jeux de cirque, où accoururent plusieurs milliers d'individus sur lesquels se précipèrent les
soldats, l'épée nue, et les massacrèrent tous.
philosophique qui ne s'accorde pas avec les dogmes de l'Eglise, car, dit-il, les mystères de la Préséance de Dieu et de la Grâce ne peuvent s'expliquer par la rai-
son seule. D’après lui, le christianisme, à l'inverse de la philosophie, ne s'élève pas de la connaissance de la
nature à cellé de l’homme.
Malheureusement le mysticisme, qui prédomina ainsi
dans l'Eglise d'Orient depuis saint Augustin, engendra le fanatisme du clergé et eut pour conséquence que le
gouvernement persécuta sans merci les dissidents du Concile de Nicée, ce qui amena une dégénérescence progressive du monde oriental corrompu par le sensua-
r2 2 ÿ 2 r 7 La lisme, le luxe et l’oisiveté des classes supérieures. Cette
Situation s’aggrava encore davantage pendant les v°
et vi° siècles, à la suite des guerres successives enga-
gées contre la Perse.
Ce fut Justinien, prince faible, vaniteux et mystique, partageant son temps entre les discussions théologiques
et la rédaction des codes, qui ordonna par un édit la
fermeture des dernières écoles grecques et particulièrement de celle d'Athènes (529). A la suite de cette intervention brutale, une grande partie des élèves dé cette école s’achemina vers la Perse, où ils furent attirés par la renommée du roi Chosroès, enthousiaste de la philosophie grecque. L'œuvre de Justinien fut un des derniers triomphes de la mentalité orientale sur la culture grecque en même lon fqu'une victoire de la théologie sur la science.
Depuis lors, la lumière de la science s’éteignit en Orient ; l'occident lui-même se serait obscurei, si, providentiellement, les arabes n'étaient venus recueillir les derniers rayons de la science et de la philosophie grecques dispersés par l'intolérance et le fanatisme : d'Orient, en Asie Mineure et en Perse, pour les rapporter en Europe et en illuminer l'Espagne. Quoi qu'il en soit, il est incontestable que la lutte qui s’est établie dans l'Empire byzantin entre la théologie et la science n’a pas cessé de troubler la conscience humaine à toutes les époques de l’histoire jusqu’à nos jours,
En ce qui concerne l'Occident, nous avons vu que pendant les deux premiers siècles de notre ère, la propagande chrétienne se faisait particulièrement dans les couches sociales inférieures, parmi les pauvres, les esclaves, et les individus faibles d’esprit : les enfants et les femmes qui par leur crédulité et leur superstition étaient accessibles à toute suggestion, allaient les uns, jusqu’à refuser l’obéissance à leurs maris, à leurs parents et à leurs maîtres, les autres jusqu’à regarder avec suspicion les classés sociales supérieures et s’en éloi-. gner. Quelques écrivains romains de cette époque font à peine mention des sectes chrétiennes qui pullulaient à Rome, et d’autres parlent avec dédain de leur superstition et de leur ignorance.
Il y a lieu de remarquer que l’Empire romain en était arrivé à donner une valeur égale à ses dieux nationaux et à des dieux asiatiques ou africains, au point que l’em-
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“bler la paix publique se virent obligées de sévir contre
Comme preuve à l'appui, il suflit de rappeler que
pereur Alexandre Sévère avait admis dans {sa chapelle particulière les images d'Abraham, d'Orphée, d'Apollonius de Tyane et de Jésus-Christ et que maintes fois les chrétiens accusés par leurs adversaires de blasphème contre les idoles, trouvaient protection et indulgence auprès des juges païens qui les considéraient comme des malheureux ou des malades.
Mais à mesure que le nombre des néophytes g gran dissait à Rome, leurs chefs ne se contentaient plus de la tolérance de la part des Romains ; ils n’hésitèrent pas à manifester du mépris, à proférer des insultes contre les dieux et des railleries contre les temples, ce qui ne manqua pas de blesser l’amour-propre des croyants païens et de lesexaspérer contre les chrétiens. Il s’ensuivit que les autorités, par crainte de voir trou-
les fanatiques chrétiens, les forçant à rendre hommage a aux images impériales peintes sur les drapeaux des cohortes. 11 y eut beaucoup de chrétiens qui préférée rent subir la mort plutôt que de courber le front devant + le symbole de l'autorité romaine. Telle fut l'origine : des persécutions des chrétiens à Rome :ils furent con- | sidérés comme des perturbateurs de l’ordre public.
l'Empereur Trajan, considéré par les écrivains ecclésiastiques comme un prince très pieux et clément, ordonna de punir les chrétiens convaincus de faire par: tie des sociétés secrètes comme des révolutionnaires.
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et des rebelles. C'est ainsi qu'il proscrivit comme ennemies de l'Etat toutes les sectes qui se refusaient à sacrifier à l’image de l’empereur et aux divinités | anciennes, Bien ‘entendu, ce n’est pas l'intolérance re religieuse qui le déterminait à la persécution des sectes LETTRES chrétiennes ; c'était plutôt la nécessité de maintenir D l’ordre public, la discipline de l’armée et la paix sociale | qui le poussait à des actes sévères.
I en fut de même pour l’empereur Dioclétien qui __ punit sévèrement Le centurion Märcellus pour avoir un
» de
Jour de fête jeté au loin ses armes et ses décorations É impériales en déclarant qu’il n’obéirait à aucune autre | autorité qu'à celle du Christ et de ses représentants.
: Il est tout naturel que les chefs d'Etat romains n’aient pas pu Voir avec indifférence les provocations des chrétiens qui, poussés par le fanatisme, cherchaient
délibérément des occasions de se révolter contre les lois
et l'autorité romaines, et de sexposer au martyre, Gin croyant que de cette manière ils gagneraient une place 5 dans le royaume de Dieu. Il n’est pas douteux que la | foi ardente èn la résurrection de Jésus et en la venue 7 prochaine du royaume de Dieu aient été le levier puis sant qui poussales masses populaires jignorantes et superstitieuses à se soulevercontre la puissanceroiaine, basée sur le principe de la domination universelle et sur le droit de la force contre la liberté des peuples et le Le droit humain. ee
= D’après les écrivains romains, il y avait également
des personnes malheureuses, victimes de la misère, chargées de dettes, ou même des criminefs qui se vantaient publiquement de leurs croyances chrétiennes et
injuriaient la religion romaine danse but de trouver.
le martyre et la récompense des élus et d'obtenir pour leurs familles la protection de leurs coreligionnaires. D'autre part, on voyait des gens riches, convertis au christianisme, donner leur fortune pour les besoins de la cause chrétienne et laisser mourir de faim leurs enfants ou bien les réduire à l’état de mendicité.
A mesure que le nombre des adeptes du christia-
nisme augmentait et que leurs efforts étaient couronnes de succès, grâce à la protection des empereurs, les fidèles tournaient leur fureur contre les temples et les monuments de l’idolâtrie, les détruisant par les armes ou par
l'incendie, et comme les païens accouraient pour défendre
‘ Jeurs dieux, une lutte s’engageait entre les deux partis, qui causait un grand nombre de victimes.
Très souvent, c'étaient les évêques qui figuraient à la tôte de ces émeutes ; tel fut le cas pour le fameux temple de Sérapis, à Alexandrie, où le peuple, fanatisé par les harangues de l'évêque Cyrille, engagea une lutte acharnée contre les défenseurs de la philosophie et de la science grecques. Voilà la manière dont les successeurs des apôtres ont interprété la morale chrétienne enseignée par Jésus-Christ,qui prêchait la fraternité entre les hommes, et la charité envers les opprimés et les malheureux.
I ne faut pas croire que cette guerre sans pitié ait été organisée seulement contre les idolâtres dans le but de les terroriser et de leur imposer la foi par la crainte de perdre leurs biens et leurs vies : une lutte semblable Sengagea également au sein des communautés chrétiennes mêmes à la suite des décisions du Concile œcuménique de Nicée, établissant un certain nombre de dogmes et de règles fixes comme base de la religion catholique. Ce Concile, loin d’avoir constitué la pierre angulaire des'doctrines du christianisme,servit plutôt de pomme de discorde parmi les adeptes de la nouvelle religion. Il y eut des dissidents parmi les chefs du christianisme d'Orient, surtout parmi les évêques grecs cultivés d'Asie ‘Mineure et d'Egypte, gens subtils et habitués à la discussion, qui professaient des opinions contraires à celles établies par le Concile, notamment sur lexplication des mystères de la Trinité et de l’Incarnation. Il se forma un grand nombre de sectes, tels que les Gnostiques, les Ariens, les Montanistes, les Marionistes, les Nestoriens, les Manichéens. Mais la secte la plus forte et la mieux organisée, fut celle d’Arius, évêque d'Alexandrie (280-336), qui enseignait que le Christ a été créé par Dieu, le père, et qu’il n’est pas son égal. Malgré sa condamnation par le Concile de Nicée l'arianisme se répandit graduellement dans tout l’empire byzantin. Les deux partis, catholique et arien, luttèrent avec acharnement pendant deux siècles pour s'emparer du pouvoir.
Durant une lutte si prolongée et sur un théâtre aussi | vaste, ils furent tour à tour favorisés par des succès .. | partiels. Alors le parti plus fort destituait, exilait, :
emprisonnait et parfois massacrait les chefs du parti contraire. D'abord, les Ariens furent souvent protégés. 2 par les empereurs ; ensuite lorsque 1 les Barbares péné- re trèrent dans l’Empire, ils se convertirent à l'aria 2
nisme.
Les Wisigoths à Espagne, 16 heal d'Italie, les Burgondes de Gaule, les Vandales d’ Afrique et ensuite les Lombards, tous embrassèrent l’arianisme. Les luttes et les persécutions de part et d'autre se pro-
longèrent jusqu’à la fin du vre siècle, finissant par le triomphe des catholiques romains. ne ne Chose singulière : dès le moment où le catholicisme se fut installé au pouvoir, il oublia vite son origine et la morale chrétienne qui lui avait donné sa vigueur,car, loin de suivre les principes de l'Evangile et les enseignements de Jésus-Christ: l'amour du prochain, la fraternité et l'égalité parmi les hommes, la charité et Ja tolérance, l'humilité et le pardon, il emprunta à l'an = cienne théocratie juive l’intolérance en déclarant que hors de l'Eglise il n’y avait pas de salut, et de persé- -cuté qu'il était auparavant, il devint persécuteur. Comment est-il possible que ce même christianisme, qui doit son origine et son évolution progressive à l’enthousiasme et à la foi ardente avec laquelle ses premiers adeptes embrassèrent sa doctrine et, ne reculant