CU PITRE IX
TA FÉODALITÉ ET-LA LUTTE ENTRE LA PAPAUTÉ ET LES EMPEREURS D'ALLEMAGNE | | POUR LA DOMINATION. UNIVERSELLE
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Apres la mort de Charlemagne, l’immense Empire fondé par lui se divisa en neuf royaumes distincts, indépendants les uns des autres: la Germanie, T'Italie, la France, la Lorraine, la Navarre, la Bourgogne, he Provence, la Bretagne et l' Aquitaine, qui, à la longue, se réduisirent à quatre : l'Allemagne, la France, rer et l'Italie, lesquels, loin de vivre en paix. ne firent que se combattre pendant plusieurs siècles, de
> sorte que l’état de guerre finit par devenir la vienor- | male des nations, avec la circonstance aggravante que ee l'esprit d'indépendance, au lieu d’être oo éma-, nait des différentes classes sociales d'un même pays, les chevaliers, les clercs et les paysans. Cette société :
nouvelle, appelée foie Fan à se former à Ra à
fin du 1xe° siècle et se prolongea jusqu’à la fin du xv° siècle. | Il n’est pas douteux que le système féodal fut le résultat de la conquête, car aux premières époques de l'invasion des tribus germaines dans les provinces romaines, le service militaire était facultatif : ce n’est qu'après la conquête par les Germains des pays étrangers et après leur prise de possession de la terre, que le service militaire fut imposé à chacun des conqué- lants comme mesure de défense des territoires conquis. En échange, il leur fut alloué une partie du butin commun, déclaré possession libre, d’eù le nom d’allodial. Ce n’est qu'une partie du terrain qui fut laissée aux anciens propriétaires. Au commencement, la distribution de ces biens fut considérée comme un payement des services rendus. Mais à mesure que la guerre se locali- ® sait entre les différents royaumes et que l'influence des. seigneurs grandissait aux dépens de la royauté, les terrains allodiaux devenaient héréditaires. En même temps, les seigneurs s’arrogeaient une grande part des privilèges des rois et introduisaient dans leurs domaines en tant que vassaux les chevaliers qui les servaient, tandis que ceux-ci avaient mis sous leur protection les paysans qui cultivaient leurs terres.
Quant aux chevaliers, ils étaient seuls autorisés à porter les armes, car en leur qualité d'hommes libres, ils devaient être soldats, et à cette époque où la force brutale dominait, seuls les hommes d'armes comptaient |
dans la société. Cependant, ce n’est qu’au x° siècle que les hommes d’armes arrivèrent à former une classe héréditaire. Les fils des chevaliers devenaient chevaliers et les filles n’épousaient que des chevaliers. Au x1e siècle, les chevaliers s’appelèrent gentilshommes ou nobles ; beaucoup de chevaliers étaient de grands propriétaires. Ils recevaient leurs propriétés tantôt du roi, tantôt en héritage de leurs parents et ils devenaient
alors des seigneurs. De plus,selon leurs richesses ou les services rendus au roi, ils avaient les titres de baron,
tume de jurer au chef de lui rester toujours fidèle et de
combattre pour lui,etguerriers etchefrestaientunis pour la vie. Le chef appelait le guerrier #70n fidèle ou mon
vassal et le guerrier appelait son chef mon seigneur. Le
n a 2 4 ï vassal accompagnait son seigneur à la guerre et Île servait même à table. Le seigneur le payait de ses services en le nourrissant, en lui fournissant des armes,
des vêtements et un cheval ; parfois il lui donnait un domaine. | |
La terre donnée en salaire s’appelait fief. Quand leve vassal mourait, son fils avait le droit de prendre sa
place. À leur tour, les seigneurs prêtaient serment à des seigneurs plus puissants et recevaient d'eux leurs 0 | :
propriétés en fief. Les ducs*et les comtes prétaient ser-
ment au roi qui leur donnait le gouvernement des
villes ou des villages en fief. Presque tous les seigneurs
furent à la fois seigneurs et vassaux ; presque toutes
les terres furent considérées comme des fiefs. De là vient le mot de régime féodal.
Quant aux clercs, ils étaient membres du clergé. Ils étaient respectés comme serviteurs de Dieu et en même temps puissants par leurs richesses ; car on croyait généralement que donner à une église de l'argent ou
des terres était le plus sûr moyen d'effacer ses péchés
et de sauver son âme ; le saint, patron de l’église, et les moines,serviteurs du saint,récompensaient le donateur enintercédant pour lui auprès de Dieu. Les actes de donation commençaient par la formule : « pour le remède de mon âmeet des âmes de mes ancêtres », et souvent on ajoutait: « pour la sépulture de mon corps »
(qui signifiait avoir la faveur d’être enterré dans l'église même). Le clergé recevait tantôt des villages
entiers en don des seigneurs, tantôt des domaines ou des pièces de terre. Tel couvent, qui avait commencé par un seul domaine, finissait par posséder des centaines de villages. Les évêques et les abbés, maîtres
de ces immenses domaines, devenaient de très grands
seigneurs, Quant aux Paysans ou vilains, la terre, appartenant à l'Eglise, aux seigneurs et aux chevaliers, tous grands
“propriétaires qui ne la cultivaient pas eux-mêmes, était donnée pour le travail aux paysans et divisée en
grands domaines appelés villes ; de là le nom de vilains qu'on donna aux paysans dont quelques-uns étaient d’an-
<iens hommes libres, mais pauvresils étaient entrés au
service des propriétaires comme colons ; on les appelait francs (libres) ; d’autres descendaient dés ançisnseselaves D: des propriétaires; c’étaient les serfs. Pourtant, le serf n’était plus ce qu'avait été l’esclave romain : il était fixé. = à la terre, il avait une famille,une maison etunchamp; son maître ne pouvait plus ni l’enlever de son village = pour le vendre au loin, ni lui prendre sa femme et ses enfants, ni même lui retirer la maison ou le champ qui avait été cédé à ses ancêtres. Le vilain et le serf, n'étaient donc pas très inférieurs au vilain franc. Les vilains gardaient les terres et les transmettaient à leurs. enfants. En échange ils devaient au propriétaire un droit. de fermage, des taxes, des redevances en blé, en avoine, en œufs, en poules, etc. Ils devaient, porter leur blé pour. le moudre au moulin du seigneur, leur pain au four du — seigneur, leurs vendanges au pressoir du seigneur ; au marché ils devaient se servir des poids et des mesures du seigneur et payer chaque service ; de plus, ils étaient soumis à la justice du seigneur, S'ils commettaient une. ___ contravention, le seigneur leur faisait payer une amende ;
s’ils commettaient un crime, le seigneur pouvait les faire mettre à mort et confisquer tous leurs biens. Les. vilains étaient entièrement dans la main du seigneur; ils. n'avaient pas le droit de s’assembler pour régler leurs. affaires; s’ils le faisaient, le seigneur leur infligeait de grosses amendes. |
Le seigneur possédait généralement le quart ou la moitié de la justice d’un village. Depuis le x° siècle, la
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féodalité gagna graduellement du terrain dans tous-les. =. pays d'Europe, bien qu'elle conservât dans chacun | d'eux un caractère différent, et les progrès réalisés par. 10 elle se firent toujours aux dépens de la couronne. Les dues, les comtes et les barons usurpèrent peu à peu = tous les attributs de la royauté, tant en ce qui concernait l'administration civile de leurs sujets que leur liberté personnelle, La féodalité ne se contenta pas de : Confisquer la terre, mais anéantit aussi la liberté des A __ hommes qui se nourrissaient du sol. Les seigneurs, qui : De Er. se considéraient comme maîtres de la terre et de ses anciens propriétaires, les traitaient comme des esclaves. #- Bien qu'au ix° siècie il existât encore un accord mutuel ne entre le seigneur et les paysans, ces derniers conservant la terre et la liberté personnelle contre lobliga- tion de défendre les intérêts du premier : vers la fin Lo du x1° siècle, au contraire, il ne restait plus d'hommes . libres. A mesure que l'incapacité matérielle et morale des rois et des princes apparaissait plus clairement, __ les seigneurs féodaux usurpaient de plus en plus le pou-
voir aux dépens des droits de la nation et des particu-
liers, au point que l’homme libre, de crainte d’être vic-
Gr time de la rapacité des seigneurs voisins, vendait sa D . À Lberté et sa terre au seigneur du village en échange de 28 la protection personnelle de celui-ci pour lui et pour ss
sa famille.
Il arriva que les seigneurs féodaux, bien que sou- . vent en guerre entre eux, ne reconnaissaient plus de
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propriétés libres, et ne toléraient à leur côté nul homme libre, de manière que la société se composait de la es noblesse, du clergé et d’une grande majorité de serfs. De plus, il y avait encore des esclaves acquis, soit du < #3 > fait de la guerre, soit par suite d'achat. Ces derniers
étaient considérés comme une propriété mobilière nt.
__ les maîtres pouvaient disposer à leur gré. La violence 4 et la force brutale, obscurcirent pendant tout le Moyen = Age la conscience humaine. | Pour se rendre un compte: exact de l’état d'âme de ‘a cette société, il faut lire la lettre adressée par Pierre > | le Vénérable, réformateur de Clüny, à saint Bernard, - ‘au commencement du xr° siècle : « Tout le monde sait, FR « dit-il, comme les seigneurs séculiers oppriment les : « paysans et les serfs. Ces messieurs manquent du sen=
« timent de justice, ils ne se contentent pas des services * «rendus, ils s'emparent sans pitié et sans honte de la 3 | « propriété et dela personne et leur imposent souvent Fe | « des travaux cruels et insupportables, les obligeant de
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2 « cette manière à abandonner la terre qui leur appar- , : 78e « tenait autrefois pour racheter leur liberté. » me 5e Malheureusement les seigneurs ecclésiastiques, c’est- 4
à-dire les évêques, n’avaient pas une meilleure conduite à l'égard des serfs. Le recul de l'humanité en Europe pendant les x1°, xrr° et xrn° siècles, fut tellement grand qu'aucune classe sociale n’en resta exempte. Le mépris de la vie humaine, de la part de la classe possédante, arriva au point que même les dignitaires de l'Eglise
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oubliaient complètement les principes fondamentaux du christianisme, contenus dans le Décalogue, dont les commandements défendent l’homicide et ordonnent le respect de la propriété d'autrui en même temps qu'ils imposent comme un devoir sacré l’amour du prochain. C’est le droit du plus fort qui dictait les lois en Europe et entretenait l’état de guerre continuel entre les grands et les petits seigneurs ; cet état de choses qui dura plus de quatre siècles empêcha pendant cette période le développement de tout genre de culture intellectuelle et étouffa en germe tout sentiment moral et religieux parmi les peuples de l'Occident et du nord de l'Europe.
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LA LUTTE ENTRE LA PAPAUTÉ ET LEs EMPEREURS D'ALLEMAGNE POUR LA DOMINATION UNIVERSELLE
__ Il est tout naturel de penser que dans un tel milieu social, ne se composant que de seigneurs, de prêtres et d'esclaves, où les uns ne faisaient que la guerre, les autres n'avaient pour mission que de prier et les autres
travaillaient comme des bêtes de somme sous le joug
des seigneurs, toute lumière intellectuelle se soit éteinte et que tout sentiment religieux et moral ait été étouffé par le bruit des armes. |
En effet, au temps de la féodalité, l'Europe se trouvait sans culture, sans industrie et sans commerce, Il
n’y avait d'école primaire dans aucun pays. d'Europe.
Le nombre de personnes qui savaient lire et écrire était
extrêmement limité. La seule école qui existât formait