ETES
en avait guère que dans certains grands couvents; elles possédaient à peine une centaine de volumes, et l’on y rencontrait quelques moines oceupés à copier des manuscrits et à enluminer certains livres de piété, car alors = les livres étaient rares, le parchemin étant très cher. De plus, tous les livres étaient en latin, et la plupart consistaient en des ouvrages de piété, des traités de théologie, des pièces en vers et des chroniques. Les auteurs étaient généralement des évêques et des abbés qui écrivaient en mauvais latin. L’ignorance parmi les ens du clergé était telle que d’après Adalbéron, évêque = de Laon, plus d’un évêque ne savait compter que sur ses doigts les lettres de l’ alphabet (1).
= Nous tenons à rappeler que jusqu’au xe siècle les évêques et les abbés étaient d'ordinaire des fils de sei- . gneurs ; les prêtres et les moines, des fils de paysans qui
entraient dans les ordres sans vocation, et seule- ment pour obéir à leurs parents ou pour jouir des richesses de l'Eglise. Ils apportaient dans leurs églises leurs habitudes de laïcs, passaient leur temps à jouer, . __ à boire, à chasser et à batailler. Les abbés gaspillaient les biens des couvents pour entretenir une bande d’aventuriers. Beaucoup prenaient femme et léguaient leurs églises à leurs enfants ; beaucoup d’entre eux, comme vassaux d'un seigneur supérieur ou du roi lui-même, étaient obligés de faire le service militaire et ne savaient
re Thécy, Histoire de Puentior en France depuis le Ve siècle re nos jours, P. 235: Paris, 1867.
plus dire la messe ; d’autres avaient acheté leur dignité à
deux côtés des Alpes, s’efflorçant de maintenir le droit de l’empereur d'intervenir dans l'élection des papes et
.jouissaient pas d’une entière liberté dans les élections
et les évêques qui aspiraient à l'indépendance véritable
des laïcs et les revendaient à d’autres ecclésiastiques. + C'était le trafic qu’on Ses la simonie. Il en était de
même des papes qui jusqu’aucommencement du xr° siècle, étaient, comme les autres évêques d'Italie, soumis à la domination des laïcs qui faisaient élire le pape à leur gré, Ce fut l'Empereur Henri II qui mit fin à ce scan dale. Bien qu'Othon le Grand eût déjà réussi à rétablir en grande partie l'Empire de Charlemagne, surtout le droit de l'Empereur de confirmer l'élection des papes et d'établir ainsi le pouvoir prépondérant de l'Etat sur l'Eglise, Henri III comme fils et successeur de Conrad le Salien fut parmi les empereurs d'Allemagne celui qui sut le mieux faire respecter l'autorité impériale des .
des évêques. ( Il s’ensuivit que les papes de leur côté, obligés de compter sur la bienveillance des empereurs, ne
des évêques, ce qui contribua à favoriser le relâchement 0 des mœurs de la société civile et à développer Fambi- 190 tion de certains évêques qui trafiquaient avec les digni- ï tés ecclésiastiques. Cet état de choses provoqua à la jongue une réaction très profonde parmi les cardinaux
du pouvoir spirituel de l'Eglise. Ce fut précisément là l’œuvre d’Hildebrand, fils d’un moine obscur, qui eut 1