LA GRÈCE ASPIRE À SON RÉTABLISSEMENT NATIONAL
En raison de la mauvaise volonté de la Turquie,
une importante armée russe franchit le Pruth, avança. rapidement et après une lutte acharnée s’empara d’Andrinople. Grâce à l'intervention diplomatique de la France et de l'Angleterre, l’armée russe s'arrêta devant les portes de Constantinople, et le sultan se
voyant vaincu, se résigna à signer un traité qui recon-
naissait l’affranchissement de la Grèce et accordait à la Russie la liberté de la navigation sur la Mer Noire. Mais la Grèce, non contente du traité, fit entendre sa voix dans une assemblée convoquée à cet effet, prétendant que les frontières qui lui étaient assignées n'étaient pas susceptibles d’une défense suflisante et que c'était une dérision d'appeler Grèce, la Morée et la Livadie, le Péloponèse et l’Hellade, quand on en détachait les provinces les plus populeuses, telles que l’Epire, la Thessalie, la Macédoine, la Crête et Samos. Enfin la Grèce demandait un roi qui professât la même religion qu’elle. C’est ainsi que le sort de la Grèce restait en suspens après la bataille de Navarin. Les chefs de la révolution avaient perdu confiance, l'Angleterre hésitant longtemps devant l’idée de faire surgir une nation nouvelle qui pourrait un jour rivaliser avec elle pour la possession des nombreuses îles Ioniennes. La France amie désintéressée, étant impuissante à agir seule, la Grèce fut obligée de patienter et de s’organiser en attendant des circonstances plus favorables à la réalisation de son idéal national. |