VERS LA FIN DU XVIII® SIÈCLE
en 1707, de parents pauvres. Grâce à la protection que lui prêta un médecin ami de la famille, 1l put se vouer à l'étude du règne végétal, auprès d'Olaüss Rudbeck, professeur de botanique à Upsal. Les progrès qu’il fit dans cette science furent tels que déjà en 1730 il conçut l’idée de son système de classification. Ensuite 1l se rendit en Hollande où il étudia la médecine à Leyde, sous la direction de Bœrhaave qui sut l’apprécier, et passa trois ans près de G. Cliffort, riche amateur qui lui confia le soin de son cabinet et de ses jardins ; c’est là qu'il publia ses premiers ouvrages (1735-1738). Il visita ensuite l'Angleterre et la France. Il connut à Paris Bernard de Jussieu, avec lequel 1l se lia étroitement. À son retour dans son pays il fut nommé médecin du roi de Suède, et enfin professeur de botanique à l’Université d’Upsal 1741). Il occupa cette chaire pendant trentesept ans, Linné donna à la botanique une classification méthodique qu’il fonda sur les organes sexuels des plantes ; il créa pour cette science une langue commode, régulière, uniforme, adaptée aux nouvelles observations qu'il avait faites, et définit chaque genre et chaque espèce par des phrases d’une brièveté et d’une précision admirables. Il étendit sa réforme aux deüx autres branches de l’histoire naturelle, la minéralogie, et la zoologie, mais avec moins de bonheur. Malgré ses mérites, la classification de Linné a le défant d’être artificielle et de rompre souvent les vrais rapports
naturels des êtres ; elle, rencontra, ‘de plus, plusieurs
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adversaires parmi les autres naturalistes, tels que Buffon et Haller et finit par céder le pas à la méthode naturelle de Jussieu.
Antoine-Laurent de Jussieu profitant des travaux de son oncle Bernard et après avoir fait de nombreuses recherches personnelles publia en 1789 une classification naturelle. Il démontra que les végétaux peuvent être divisés en trois groupes, selon que leur graine est pourvue ou dépourvue d’embryon et selon que cet embryon, lorsqu'il existe, présente, soit une ou deux feuilles cotylédonnaires, soit un ou deux lobes charnus qui enveloppent le radicule de la graine. C'est ainsi qu'il forma 3 grands groupes. Acotylédons, Monocotylédons et Dicotylédons.
Le premier ne comprenait qu'une classe, renfermant les cryptogames de Linné.
Le second était divisé selon l’insertion des étamines, qui peuvent être épigynes, périgynes ou hypogynes.
Le troisième, comprenant un plus grand nombre de plantes, fut subdivisé d’abord à l’aide d'autres caractères. Chose curieuse, ce n’est pas à un naturaliste sinon à un poète qu'a été réservé l'honneur de tracer les lois de l’embryogénie et de l’évolution de la plante : c’est Gœthe qui en eut l’intuition et qui prit l’initiative d'exposer sa thèse tout originale dans son Æssai sur la métamorphose des plantes dans les termes suivants :
« La plupart des végétaux présentent deux feuilles « séminales ou cotylédons qui, destinées à nourrir ia