DU ROMANTISME EN ALLEMAGNE
complètement dépourvu de volonté et de la connaissance du monde, il lui manquait le tact nécessaire pour choisir les hommes qui devaient diriger les destinées du pays. C’est ainsi qu’il norama ministre de l’Instruction publique et des cultes un certain Eichhorn, homme qui manquait des connaissances et des aptitudes nécessaires pour bien remplir ce poste, mais qui, en échange, avait des sentiments religieux exaltés, servant d’instrument au parti réactionnaire et aux penchants piétistes du roi. En effet, il ne tarda pas à provoquer le mécontentement
de tous les esprits libéraux et également de tous les
hommes de valeur des Universités allemandes.
Au milieu de ce mécontentement général apparurent les écrits de Strauss et de Feuerbach qui contribuèrent à réveiller deleur léthargie un grand nombre de penseurs intimidés par la rigueur des autorités prussiennes et à accélérer le mouvement libéral, tant dans le domaine politique que religieux. D’autre part, le parti réaction-
naire, loin de transiger avec l'opinion du parti intellectuel et des classes les plus éclairées du pays,continua à exal-
ter l’esprit d’intolérance et de mysticisme des masses
ignorantes et superstitieuses. C’est ainsi que l’évêque
Arnoldi en profita pour faire l'exposition de la Sainte- Tunique, à Trèves, en 1844. Cette exhibition avait non seulement excité les esprit éclairés des protestants des pays rhénans quiniaient l'authenticité des reliques, mais avait également surpris la bonne foi des croyants catho- . liques, au point que des prêtres de la Silésie, Johannès