À LA TÊTE DE LA CAMPAGNE LIBÉRALE
de son pays et critiquant avec verve et souvent avec des épithètes blessantes la patience et la résignation du peuple allemand à supporter le régime d’intolérance et d’oppression de ses gouvernants.
Quoi que l’on pense de la personnalité morale et de la versatilité de caractère de Heiïne, on ne saurait méconnaître son grand talent, sa vaste érudition, ses mérites de poète et de penseur et surtout la clarté avec laquelle il exprima ses pensées et ses sentiments et la forme élégante dont il les a revêtus et on sera même forcé de l’admirer à cause des services qu'il a rendus à sa patrie, d’abord par la défense des principes de la liberté politique, civile et morale, et ensuite par le courage qu'il a déployé en donnant un coup mortel au romantisme qui servait en tout temps et en tout lieu de refuge aux défenseurs du régime de l'intolérance politique et religieuse.
L'exemple de Boerne et de Heine fut-suivi par d’autres auteurs de grande autorité, tels que Gutzkow et Fanny Lewald, qui, n’osant pas jeter le cri d'alarme contre la situation politique, se mirent à décrire dans des romans l’état misérable des classes populaires en Allemagne, se faisant les apôtres des idées socialistes. C'est surtout le roman de Gutzkow, intitulé /e Chevalier de l'esprit qui devint très populaire. Le héros de ce roman est un prince allemand nommé Egmond de Hohenberg qui, séduit par les idées socialistes, se rendit en blouse d’ouvrier à Paris où il fit la connais-