‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 218 sur 853 · LE SOCIALISME GAGNE DU TERRAIN EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LE SOCIALISME GAGNE DU TERRAIN EN ALLEMAGNE

sance de Louis Armand dont il devint l’ami intime au point de s’assimiler complètement ses idées. Après son retour en Allemagne, ayant voulu mettre en exécution les idées de son ami, dans le but d'améliorer les conditions matérielles et morales de son peuple, il se heurta dans son entourage à tant de difficultés qu’il fut obligé de renoncer à l'exécution de son projet, et, exaspéré de son désappointement cruel, il se retira du monde et dans sa solitude il se livra à de sombres méditations sur le sort de l'humanité.

Un autre roman très populaire est celui de Fanny Lewald, intitulé les Transformations, où elle raconte qu'un grand nombre d'ouvriers allemands qui avaient émigré à Paris et en Suisse pour y chercher du travail, s’y sont assimilé les idées socialistes qui se sont répandues ensuite en Prusse orientale et ont agité les cerveaux des milieux paysans contre les propriétaires. Ce fut encore Heïne qui agit en intermédiaire entre les Saint-Simonistes et les ouvriers allemands, excitant ses compatriotes à la révolte, en des termes pleins d'ironie et de pitié. En Suisse, ce furent les poètes Georges Herwegh et Freiligarth qui entonnèrent leurs chants patriotiques et lancèrent leurs appels révolutionnaires. C’est surtout ce dernier qui décrivit la misère sociale en Allemagne dans un poème devenu célèbre qu’il adressa directement au roi de Prusse, le menaçant du courroux populaire.

à GÉHABETRET XH

LA FRANCE ET L’ANGLETERRE CENTRES DU MOUVEMENT ÉCONOMICO-SOCIAL PENDANT LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XIX® SIÈCLE

La constitution de 1789 en proclamant les droits de l’homme et en accordant des droits civils et politiques à tous les Français sans distinction de naissance, de race et de religion, renfermait déjà en elle-même le principe du droit au travail ainsi que le devoir de l'Etat de faciliter le travail et avec lui, les moyens de subsistance à la classe ouvrière. Malheureusement si la Révolution supprima les classes privilégiées telles que la noblesse de naissance et le haut clergé, elle créa par contre une autre noblesse représentée par la bourgeoisie capitaliste. Il en résulta que la classe ouvrière, après avoir secoué les chaînes du servage, resta soumise à la tyrannie du capitalisme qui arriva à un haut degré de développement sous le régime industriel qui naquit et grandit sous le règne de Louis-Philippe ; car avec le nouveau régime politique basé sur les principes de liberté et de justice sociales, le com-

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