JÉRÉMIE BENTHAM ET ROBERT MALTHUS
l'humanité au bonheur et à la perfection du sentiment de la solidarité.
Les socialistes anglais, de leur côté, tels que Owen et Godwin,étaient à peu près du même avis. Ils admettaient que l’état rationnel de l'existence humaine est : basée sur les lois immuables de la nature et que l’ordre positif actuel est artificiel et ne peut être que préjudiciable à la société. Par conséquent, ce qu’il faut, c’est le retour à la nature. Au fond, ce n’était qu'unréveil de la théorie de Jean-Jacques Rousseau. Prudhomme, doué d’un esprit plus pratique, faisant abstraction du côté religieux et moral du problème, affirmait avec rai son qu'il faut créer avant tout la science sociale, ce qui n’est qu'un fruit du temps, de l'expérience et de la patience.
En somme, ces doctrinaires placèrent leur espoir de découvrir la solution du problème social dans la propagation de leurs idées, aussi bien parmi les classes ouvrières qu'intellectuelles, parmi les pauvres comme parmi les riches. Ils espéraient que la propagande seule suffirait pour convertir l'humanité au régime socialiste et ils étaient tout à fait opposés à l'emploi des moyens violents pour imposer leur idéal.
Parmi les économistes anglais, il y en avait quelquesuns qui considéraient le problème social au point de vue philosophique, ayant emprunté leurs conceptions éthiques à la métaphysique de Locke. Parmi ces économistes figure en première ligne Jérémie Bentham