‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 231 sur 853 · VIE ET ŒUVRE DE VICTOR COUSIN · texte numérisé non relu

VIE ET ŒUVRE DE VICTOR COUSIN

hégéliennes. Son admiration pour Hegel fut tellement crande qu’il ne put s’abstenir de faire un voyage à Berlin pour étudier de près son système philosophique. Après son retour à Paris, il se rendit suspect au parti réactionnaire, au point que le ministre Villèle lui retira la chaire de philosophie à la Sorbonne. |

Cousin ne tarda pas à prendre sarevanche. Huit ans après, c’est-à-dire en 1898, il publia des Fragments philosephiques et des Leçons sur la même matière, de

caractère tout à fait panthéiste qui produisirent un

effet extraordinaire dans les sphères intellectuelles. Mais il ne resta pas longtemps attaché aux doctrines spinozistes. Il s’appliqua à remonter l'histoire jusqu’à revenir à la métaphysique de Descartes. Là, il ne s’arrête pas davantage ; il recule jusqu'à Platon avec tendance à se rapprocher de plus en plus du catholicisme. [l publia pendant sa dernière étape d'évolution un livre sur /e Vrai, le Beau et le Bien. Le premier est l’objet de la raison spéculative et des principes de la science ; le second, objet de la raison esthétique et des principes de l’art, et le troisième est l’objet de la raison pratique et des principes de la morale. Cette évolution miraculeuse de Cousin lui valut l’accès aux plus hautes fonctions de l’Etat. Il fut nommé successivement conseiller d'Etat, membre du Conseil supérieur de lUniversité, membre de l’Académie française et des Sciences morales et politiques ; plus tard, il fut nommé directeur de l'Ecole normale et pair de France. De

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