VIE ET ŒUVRE DE VICTOR COUSIN
temps en temps il faisait entendre sa voix en défense des principes éclectiques dominants dans les sphères gouvernementales. Finalement sous le ministère Thiers, en 1840, il fut nommé ministre de l’Instruction publique, mais malgré ses bonnes intentions de réformer l’Université dans un sens libéral, ses projets restèrent stériles, et malgré ses efforts pour se réconcilier avec le parti conservateur, 1l fut toujours combattu avec ardeur par les députés catholiques, qui n'avaient aucune confiance dans son caractère versatile. Pendant ses huit mois de ministère il écrivit un catéchisme éclectique intitulé Livre d'instruction morale et religieuse à l'usage des écoles primaires élémentaires et supérieures, mais dont la première-édition fut détruite par ordre des évêques. | Quelle que soit la valeur morale de Victor Cousin, il faut reconnaître que, bien qu’il n’ait pas réussi à fonder une doctrine philosophique à lui, il a contribué efficacement à répandre un esprit rationaliste, parmi la jeunesse française, esprit qui a dominé toute une école et l’enseignement officiel pendant plus d’un quart de siècle. Un de ses plus grands adversaires, Amédée de Margerie avoue que, comme chef du rationalisme en France, Cousin avait réussi, dans des leçons demeurées célèbres, à faire entre la philosophie et le christianisme le partage des âmes, à celui-ci la plèbe, à celle-là les praticiens de l'intelligence. L'influence de l'école éclectique avait tellement grandi, aussi bien