EN -ESPAGNE ET DE LA DÉCADENCE DE LA SCIENCE
| plus ou moins élevé qui renforce la puissance des sens | et la met au service des conceptions artistiques. C’est ainsi que l’on naît peintre ou poète et qu'on ne le devient pas par la volonté ni par le travail. | Quant au drame, il exige encore en plus -de l’intuition et de l'inspiration, la faculté d’observation et la perspicacité nécessaire pour pénétrer la mentalité, les mœurs, et la manière de sentir de la collectivité au milieu de laquelle l’auteur vit, ainsi que la faculté de travestir le monde réel en un monde imaginaire possédant les mêmes défauts et les mêmes tares que celui qu’il se propose de mettre en lumière ou de tourner en ridicule. Il en résulte qu’un peuple peut être dépourvu de culture scientifique dans une période de son évolution et conserver néanmoins un idéal moral ou religieux - capable d’inspirer ceux qui sont doués des dispositions poétiques ou artistiques et des facultés créatrices nécessaires pour créer des chefs-d'œuvre d'art et de littérature. C’est ainsi que nous voyons que l'Espagne du xvn° siècle en pleine décadence scientifique est riche en peintres, en poètes et en écrivains célèbres, s'inspirant de l'idéal religieux exalté qui animait le milieu ambiant, avec la circonstance que les écrivains de l’époque étaient pour la plupart des prêtres ou des moines et d’autres s'étant fait ordonner prêtres après avoir fait la preuve de leur aptitude artistique. Au premier groupe appartiennent ray Luis de Leon, Baltazar Gracian, Tirso de Molina et les frères Argensola :