LE CULTE DE LA FORCE ET DE LA CONQUÈTE
dépensa dans ce but en dix ans cinq millions d’écus. Par ce moyen il attira en Prusse vingt mille familles émigrées de France après la révocation de l’Edit de Nantes sans compter dix-huit mille Luxembourgeois qui fuyaient les persécutions religieuses de l’Autriche.
En ce qui concerne les affaires de famille, il prit en aversion son fils Frédérie, surtout lorsque le bruit se répandit qu'il voulait épouser la fille de Georges II d'Angleterre. Il trouvait un malin plaisir à le contra rier dans tous ses désirs ; 1l lui arrachait ses livres, il lui brisa sa flute, il lui donnait des coups de canne, le menaçant de l’étrangler et le mettait aux arrêts pour les motifs les plus futiles. Lorsqu'il tentait de s'enfuir pour échapper à la tyrannie paternelle, il le faisait traduire comme déserteur devant un conseil de guerre. Un jour, il fut condamné à mort et n'échappa que parce que Charles VI le réclama comme prince de l'empire. En un mot : Frédéric Guillaume a prouvé par ses actes publics et privés qu’il n'était pas seulement un déséquilibré, mais bien un dégénéré manquant de sens moral et de sentiment paternel. Il mourut assez jeune, à l’âge de 52 ans. |
Son fils lui succéda au trône à l’âge de 28 ans; 1l fit preuve de beaucoup d’activité en même temps que de ruse dans sa politique. Il montra surtout, de même que son père, un grand penchant pour les armes. Il fit de grands efforts pour posséder une armée bien disciplinée, mais, à ces qualités, il joignait l’amour du travail
ue % Æ Le qu