A ANIMÉ TOUS LES ROIS DE PRUSSE SA
littéraire et de la philosophie qui avait été transplantée en Prusse par les Français fugitifs. Il fit venir à sa cour Voltaire qui le mit au courant de l'œuvre des Encyclopédistes français. Frédéric finit par écrire sous son inspiration l’Anti-Machiavel où ïl faisait une acerbe critique des perfidies, des astuces et des procédés arbitraires des rois. Cependant toute sa politique fut celle de l'intérêt. Il n'avait d’autre pensée que d'agrandir son royaume aux dépens de ses voisins par les moyens les plus cyniques. Il regardait la religion comme un préjugé utile pour le peuple et profitait de son ignorance pour l'opprimer. Il n’avait d'autre idole que le Dieu de la force et 1l se servait de l’intelligence pour la mettre au service de la conquête. C’est ainsi qu’à peine monté sur le trône, il profita de la mort de Charles VI pour réclamer à sa fille Marie-Thérèse, certaine partie de la Silésie usurpée par l'Autriche à la maison de Brandebourg, sachant qu’il pouvait compter. avec un trésor bien garni et 72.000 soldats aguerris. Poussé en même temps par l'amour de la gloire et persuadé que les revenus du pays étaient à lui et qu'il pouvait en disposer à son gré, il n’hésita pas à violer les traités conclus par ses ancêtres, avec la circonstance agoravante, que pour atteindre son but, il s'entoura d’un grand mystère, ne communiquant ses projets ni à ses plus intimes, n1 à ses ambassadeurs, et n’écoutant pas leur avis ; aussi en même temps qu'il envoyait à Vienne un délégué pour proposer un ac-
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