LA PRUSSE DE 1756 EMPLOYA LES MÊMES
commodement, il lançait ses régiments sur la Silésie.
Pendant ce temps l'Allemagne était travaillée par des agents qui répandaient l'or pour faire élire empereur à la place de l'époux de Marie-Thérèse, Charles VII, électeur de Bavière. Marie-Thérèse vaincue après quelques années de guerre, demanda la paix, laquelle fut signée à Dresde en 1745. En vertu de ce traité la Prusse restait en possession de la haute et basse Silésie ; en échange, le roi de Prusse reconnaissait le mari de Marie-Thérèse, François [°”", comme empereur d’Allemagne. Depuis 1745 jusqu'en 41756, soit pendant onze ans, la Prusse jouit d’une paix complète, pendant laquelle Frédéric consacra tous ses efforts à organiser les Etats sous sa domination. Il prit toutes les mesures nécessaires pour faire prospérer l’agriculture, le commerce et l’industrie et répandre l'instruction publique dans le peuple. Mais le plus grand de ses efforts fut dirigé vers l'augmentation de l’armée et le perfectionnement des armements. Toutefois, il lui restait encore du temps pour favoriser les sciences et les arts. Dans ce but, il fit venir à sa cour des hommes célèbres étrangers, ce qui lui facilita les moyens de savoir ce qui se passait dans d’autres pays. Il paraît qu'il fut mis au courant d’une coalition projetée entre la Russie, l’'Autriche et la Saxe contre la Prusse. Alors il décida de devancer ses ennemis en envahissant la Saxe. La méthode qu'il employa pour subjuguer les Saxons pendant la guerre de Sept ans présente une analogie tel-
Ne : < î PROCÉDÉS DE CONQUÊTE QUE LA PRUSSE DE 1914 339
lement frappante dans ses moindres détails avec celle employée dans la dernière guerre envers la Belgique, que nous ne pouvons pas nous empêcher de reproduire quelques passages de l’article que vient de publier dans La Revue, M. P. Pardiellan :
« De même que la Belgique de 1914, dit l’auteur, la « Saxe de 1756 était neutre. De même qu'à la Belgique « de 1914, la Prusse lui envoya son ultimatum, et dès « le lendemain procéda méthodiquement à l’invasion. Le « roi de Prusse ne laissa à l'électeur Frédéric Auguste IT « que cette alternative : Ou se deshonorer en servant «les vues prusiennes, ou recourir aux moyens « extrêmes que lui dictait l'honneur. Ce fut ce dernier « parti qu'il choisit. S’étant retiré à Varsovie, l’élec- « teur dut abandonner la Saxe à la discrétion des Prus- « siens, et ce fut tout de suite la violence dans « toute sa barbarie. Les vexations infligées à la femme « de lélecteur, Marie-Josèphe d’Autriche, restée à « Dresde, les persécutions exercées contre les munici- « palités saxonnes, l’arrestation des magistrats et la «prise d’otages : l’enrôlement forcé des recrues « saxonnes, les réquisitions, les exactions, les excès «abominables des officiers prussiens, les violations « constantes du droit des gens ; le 14 mars 1757, on «enrôla de force dans les rues de Dresde les hommes « de seize à cinquante ans ; la ville de Leipzig est frap- « pée de trois contributions successives, montant à «environ !.800.000 thalers ; la communauté israélite