FRÉDÉRIC II DÉPOURVU DU SENS MORAL
Les biographes de Frédéric II, même ceux qui l’ont
admiré, sont tous d'accord pour reconnaître qu’il était
dépourvu de tout sentiment moral, aussi bien dans sa vie publique que privée. De plus, le succès l'avait aveuglé à tel point qu'il se croyait non seulement omnipotent mais aussi omniscient, et capable de juger les choses dont il: n'avait nulle connaissance. Doué d’un esprit absolutiste, tant en matière politique que militaire il absorbait en lui toutes les forces vives du pays. Il ne parlait que de ses droits sur le peuple comme représentant de l'Etat, tandis qu’il niait tout droit au peuple qui n'avait que des devoirs envers l'Etat. Après avoir employé une dizaine d’années à réorganiser le pays exténué par la guerre de Sept ans, sa mentalité héréditaire le poussa de nouveau à agrandir son territoire aux dépens de ses voisins; aussi profita-t-il de l'anarchie qui régnait en Pologne pour s'entendre avec la Russie et l'Autriche afin de démembrer cet Etat dont l’unique tort consistait à ne pas savoir se gouverner lui-même. Enfin le traité de partage fut signé à Saint-Péters- ‘bourg le 25 juillet 1772 entre Catherine IT, czarine de Russie, Marie-Thérèse, impératrice d’autriche et le grand Frédéric. Le traité débutait par ces mots : « Au « nom de la très sainte Trinité. L'esprit de faction, les « troubles et la guerre intestine dont le royaume de « Pologne est agité depuis quelques années, et l’anar- « chie qui augmente chaque jour au point d’anéantir « toute autorité de gouvernement régulier font redou-