LA PURIFICATION DE LA LANGUE FRANÇAISE
qui s’imposa aux écrivains, genre consistant à n’exposer que les idées faciles à comprendre, à les exprimer en termes clairs, précis et élégants, à n’employer ni termes populaires, ni scientifiques, ni techniques.
Le genre classique domina dans la seconde moitié du xvi® et pendant tout le xvirr® siècle. Toutefois l'amour de la lecture n’était pas encore assez répandu ; aussi le métier d'auteur était-il peu rémunérateur. Un auteur qui n'avait pour vivre que sa plume était obligé de produire beaucoup, maïs la plupart des écrivains vivaient d’une pension que leur faisait le roi ou quelque grand seigneur. Ce fut le cas surtout pour les grands écrivains tels que Corneille, Racine et Molière. Il en résulta qu'ils dépendaient du souverain ou des grands seigneurs Ce qui les privait jusqu’à un certain point de la liberté de dire ce qu'ils pensaient et de critiquer les actes du gouvernement et encore moins les habitudes et la conduite des hommes de la cour.
Corneille redoutait même la critique et au lieu de fustiger les courtisans qui le dénigraient, il modéra ses premiers élans et immola les idées aux formes organiques et aux règles qu'il avait déclarées auparavant être mal connues ou mal pratiquées. Mais plus il perdait en originalité plus il ennoblissait son style ; il exprimait des pensées hardies et parfois sublimes avec une concision et une clarté admirables. Il est incontestable que Corneille par son langage élevé, par ses belles sentences et par les sentiments généreux dont ses
Tr Es : A PENSE