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LE BUREAU DES RENSEIGNEMENTS FRANCAIS

des lettres, recueillaient des bruits de salon ou d’antichambre, d’alcôve ou de cuisine, que le service des renseignements crédule et souvent mystifié, payait très cher. C’est ainsi que dans ce groupe figurait un ancien attaché militaire d’Espagne, le marquis de Val Carlos, d’une belle situation mondaine,rastaquouère hautement apparenté, mais besogneux. Il réussissait souvent à recueillir des indications de ses anciens collègues du monde diplomatique, qu’il rapportait tantôt à un agent nommé Guénec, tantôt à Henry, sous-chef du bureau des renseignements, et on le payait assez cher. Le résultat du contact fréquent des officiers du bureau des

renseignements avec des hommes habitués à des pro-

cédés louches et de basses mœurs policière fut qu'ils se familiarisaient avec les mensonges et les ruses, indignes de l'uniforme, au point qu'ils interprétaient sou-

vent au rebours du bon sens les documents qui tom-

baient entre leurs mains, à la suite d’un manque d'esprit critique et d’une saine faculté d'appréciation des choses de la vie.

Cependant, déjà en. 1892 le Général Miribel, chef d'Etat-Major, s’apercevait qu'il y avait une fissure quelque part et que des fuites se produisaient aux bureaux du ministère de la Guerre. Alors, il intensifia ses recherches et les mesures de surveillance et réussit à intercepter des pièces dont une d'elles, signée du pseudonyme Alexandrine, était ainsi conçue : « Ci- & joint douze plans directeurs de Nice que ce canaille

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