À L'ILE DU DIABLE PENDANT CINQ ANS
dans Ia guerre de Crimée. Devenu orphelin très jeune il quitta la France en 1865 et plus tard il s’est engagé dans la légion romaine au service du Pape. Grâce à l'influence d’un de ses oncles, il fut admis dans la légion étrangère et fit la guerre de 1870 d’abord comme lieutenant, ensuite comme capitaine. En 1876 it fut employé comme traducteur de l'allemand aux bureaux du ministère de la Guerre, mais il n’a jamais apparu dans son régiment à Beauvais. Pendant cinq ans il mena une vie d'amusements et de dissipation à Paris où il dépensa sa petite fortune, En 1885 il prit part à l'expédition de Tunis. En 1887 il rentra en France où il se maria ; mais n'ayant pas tardé à dépenser la dot de sa femme il finit par une séparation légale. Grâce à l'influence de ses parents en haut lieu il réussit à se faire nommer commandant du 74° régiment d'infanterie à Rouen. Là il profitait de sa proximité de Paris pour se donner au jeu et aux amusements. En même temps il empruntait de l'argent de tous côtés et ne cessait de se plaindre contre ses chefs et même contre l’armée française. En 1892 il fut l’objet d’accu— sation par le général Brault et en 1893 il entra au service d'espionnage du colonel Schwarzkoppen qui lui a accordé une pension de deux cents marks mensuels. »
Picquart mis au courant de la vie désordonnée d’Esterhazy et de ses visites fréquentes à l'ambassade d'Allemagne ne doutait plus qu'il avait affaire à un