‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 418 sur 853 · SE RENDIRENT COMPLICES DU CRIME · texte numérisé non relu

SE RENDIRENT COMPLICES DU CRIME

l’agent intermédiaire entre le commandant Esterhazy et -ses protecteurs, les ofliciers de l’Etat-Major, 1l donna connaissance au juge de certains détails compromettants à ce sujet. Maïs en attendant, eurent lieu les nouvelles élections de députés et dans la nouvelle Chambre ne figurait aucun Dreyfusard ; ni Jaurès ni Reinach ne furent réélus. Cependant, dans la première session, le Ministère Méline fut mis en minorité et remplacé par un cabinet radical présidé par Brisson qui jusqu'alors s’était montré neutre entre les deux partis. Celui-ci dut choisir pour ministre de la Guerre Godefroy, Cavaignac qui offrait de la garantie aux Nationalistes partisans des chefs de l’armée. En effet, dans le premier discours qu’il prononça à la Chambre il déclara que la culpabilité de Dreyfus était hors de discussion, s’appuyant sur les aveux de l'accusé, établis faussement dans le rapport du général Gonse et sur le dossier secret qu’il déposa sur le bureau de la Chambre, ce dossier se composant du document de 1894 où se trouvait la phrase : « ce canaiïlle de D. » et de celui de 1896 découvert par Henry et dans lequelun attaché militaire étranger écrivait à un confrère : « D. m’a apporté plusieurs choses intéressantes » (document qu’on découvrit plus tard avoir été raturé et qui était d’ailleurs un faux.) Pour la première fois le fameux dossier secret devenait du domaine public. Le discours du ministre de la Guerre fit un tel effet sur'la Chambre qu’elle vota à une grande majorité son affichage dans toutes les communes de France.

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