GAVAIGNAC, LE'SEUL MINISTRE QUI SOUMIT ESTERHAZY
Chose singulière, Méline se trouva être parmi les abstentionnistes ; toutefois l’enthousiasme de la Chambre ne fut pas de longue durée car le lendemain Picquart adressa à Brisson une lettre par laquelle il s offrait à prouver devant une juridiction compétente que le document de 4894 ne s ’appliquait aucunement à Dreyfus et que celui de 1896 avait toute l’apparence d’un faux. Cavaignac, en parlant à la Chambre de Picquart, le traita avec mépris pour avoir osé discuter un document qu’il n’avait jamais vu. En conséquence, il ordonna son emprisonnement à la Santé, mais le procès confié au magistrat Fabre prit bientôt une tournure favorable au prisonnier. En même temps, le magistrat Bertulus, malgré les menaces dont il fut l’objet, faisait mettre en prison le commandant Esterhazy et sa maitresse, Marguerite Pays, sous l’inculpation de faux et usage de faux, les télégrammes dirigés à Picquart pendant son séjour à Tunis et signés Speranza et Blanche leur étant attribués. Bien que la Chambre de mises en accusation sur l’ordre du gouvernement déclarât l’acte d’accusation entaché d'insuflisance de preuves, le ministre de la Guerre convaineu du manque de discipline et de ia mauvaise conduite privée d'Esterhazy le soumit à un conseil d'enquête militaire présidé par le général de Saint-Germain. Esterhazy se sentant aux abois, pour se venger du ministre de la Guerre, fit des révélations compromettantes tant pour lui-même que pour ses anciens protecteurs. Grâce à l'intervention en sa faveur