‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 428 sur 853 · DEVANT UN AUTRE CONSEIL DE GUERRE · texte numérisé non relu

DEVANT UN AUTRE CONSEIL DE GUERRE

d'officiers d'artillerie sauf le président, le colonel Jouaust, qui appartenait au corps d'ingénieurs, tandis que l’avocat accusateur était un gendarme retiré qui avait commencé l'étude du droit à l’âge de soixante ans.En outre, le tribunal, qui n’avait d'autre mission que de trancher la question, de savoir si Dreyfus était l’auteur du bordereau, au lieu d'entendre exclusivement les personnes capables d’éclaireir cette question, entendit un nombre | considérable d'individus incompétents qui, au lieu d’apporter des faits nouveaux ne firent qu'émettre des opinions ou des suppositions ou raconter des choses étrangères à la question. En mème temps, un groupe de généraux dirigés par Mercier adressait des harangues au tribunal, et le président suggestionné par ces ofliciers supérieurs était très complaisant envers eux, tandis qu'il était très rude envers Dreyfus, avec la circonstance aggravante que le tribunal ne tenait aucun compte des faits établis par la Cour de cassation ni des aveux d’Esterhazy et d’'Henry. — Il ne prit pas davantage en considération le témoignage favorable à Dreyfus de Casimir Périer et du commandant Freystaetter, un des juges de 1894, ni de l'opinion de Charavay un des experts de 1894 qui après avoir vu l'écriture d'Esterhazy se retracta et attribua à ce dernier l'écriture du bordereau. Îl en résulta forcément que le tribunal, inspiré par les généraux complices, n’hésita pas à condamner de nouveau Dreyfus par cinq voix contre deux à dix années de prison, tout en admettant des circonstances

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