LA CHAMBRE ET LE SÉNAT VOTÈRENT L'AMNISTIE
des cadres provoquèrent une grande effervescence parmi les officiers nobles qui travaillaient à la constitution d’une véritable caste militaire ouvertement hostile au régime républicain, au point que le fait d’être républicain était mal vu parmi les officiers appartenant à la noblesse. Le décret de Gallifet était au contraire considéré avec sympathie par les officiers bourgeois et juifs, car 1l leur rendait accessibles les grades élevés dans l'armée. Toutefois, dirigée par des officiers mal disciplinés, l’armée risquait de perdre son prestige aux yeux de la démocratie, consciente des devoirs des citoyens envers la Patrie, d'autant plus que ses chefs avaient commis des fautes et des crimes et que l’injustice répétée des conseils de guerre avait sérieusement ébranlé la confiance du pays dans les institututions militaire ; c’est ainsi que le militarisme a engendré l’antimilitarisme.
En attendant, Esterhazy, voyant que Clemenceau combattait l’'amnistie préconisée par le Gouvernement, s’adressa à lui pour lui offrir sa collaboration. «Je n’ai qu'un idée dans la tête, lui écrit-il : me venger des lâches qui m'ont abandonné. Je suis en possession de quelques documents qui feront beaucoup de mal à ces misérables ». Clemenceau ne répondit pas, mais 1l publia la lettre et la soumit aux sénateurs membres de la commission de l’amnistie.
Esterhazy, se voyant repoussé par (Clemenceau s’adressa à Waldeck-Rousseau lui disant : « Je suis