‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 453 sur 853 · PESSIMISTE DE SCHOPENHAUER · texte numérisé non relu

PESSIMISTE DE SCHOPENHAUER

médecin de sa connaïssance (1), il résulte que sa grand’mère avait un fils idiot et qu’elle-même avait fini par une déchéance mentale ; son père, de tempérament sombre, était sujet à des accès violents de colère et sa mort fut occasionnée par une chute dans un canal qui fut attribuée à un suicide. Par conséquent, il n’y a rien d'étonnant à ce qu’un cerveau malade engendrât des pensées morbides contraires aux conditions morales de l'existence humaïne. Il est probable que le milieu social dans lequel s'était écoulée la plus grande partie de sa vie ait contribué à nourrir sa disposition morbide. Quant à son pessimisme il n’était au fond que l’expression naturelle de l’état d'âme du peuple allemand pendant la première moitié du xix* siècle, car 1l est à peine un autre peuple en Europe qui ait été aussi maltraité et plus trompé par ses gouvernants et d’une manière aussi honteuse que le peuple allemand, qui après avoir lutté, combattu, et versé son sang en faveur de l’indépendance, a vu après le retour du régime absolutiste, les meilleurs et les plus distingués de ses fils surveillés et persécutés comme des criminels, emprisonnés, condamnés ou exilés. Ce qui est Le plus étrange c’est que les doctrines de Schopenhauer aient trouvé bon accueil . chez les intellectuels allemands quelques années après la victoire de l'Allemagne sur ia France et après que celle-là eut réalisé son unité nationale et acquis une

1, Arthur Schopenhauer vom medizinischen Standpunkt betrachtet, par Carl von Seidlitz. Dorpat, 1872.

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