À LA SERBIE ET LUI DÉCLARA LA GUERRE
tum dont l’exécution incombait au Cabinet de Vienne.
C’est le 23 juillet que la note comminatoire fut remise
au gouvernement serbe par le baron Giesel, note dont
le texte fut connu le lendemain de tous les gouverne-
ments d'Europe. Elle ne laissait pas de doute sur la
gravité des conséquences qu’elle pouvait entrainer,
étant destinée à infliger à le Serbie une telle humiliation qu'elle aurait cessé d'exister comme Etat indépen-
dant, tant au point de vue économique que politique,
si elle avait accepté de s’y soumettre. La note imposait d’abord à la Serbie des agents autrichiens chargés de
combattre les menées subversives en Serbie contre la
sécurité et l’existence de la monarchie austro-hongroise et de rechercher les auteurs du complot de Serajevo ;
ensuite elle ne donnait qu’un délai de quarante-huit
heures pour la réponse et l’acceptation de toutes les conditions exposées dans la note sans qu’il lui fût per-
mis de formuler une seule réserve. Le comte Berchtold
était si décidé à pousser les choses à l’extrème avec rapidité qu'il en informa le gouvernement anglais le même jour, par la remise d’une copie de la note à lord
Grey ministre des Affaires étrangères, en l’avertissant qu’il déclinerait toute médiation et toute négociation.
Il adressa les mêmes observations à M. Sazonoff ministre. des Affaires étrangères de Russie. Celui-ci ayant fait remarquer que dans ce cas il considérait inutile le dossier que l’Autriche mettait à la disposition des puissances, l'ambassadeur d'Autriche répliqua que