CONDILLAC CHEF DE L'ÉCOLE SENSUALISTE
Le représentant le plus éminent de cette école fut Etienne B. de Condillac, lequel, bien qu'ayant pris les. ordres et reçu l’abbaye de Mureaux, montra une grande prédilection pour la philosophie et entra en rapports avec d'Alembert, Diderot et Rousseau et finit par se familiariser avec le système philosophique de Locke en 1746. Quelques années plus tard il publia son Traité des sensations, où ilexposait ses propres idées sur l’origine de nos connaïssances qui attirèrent beaucoup l’attention : car il ne se limite pas, comme Locke, à placer à côté de la sensation la réflexion, qui deviendrait vir— tuellement une faculté préexistant à la sensation ; il va plus loin, en considérant la réflexion, de même quele jugement, les désirs et les passions comme des ransformations différentes de la sensation, qui à leur tour se divisent en /acultés intellectuelles et facultés affectives, et il conclut en établissant la thèse suivante : « si les diflérentes manières d’être attentif et de dési- «rer ne sont dans l’origine que sentir, il en résulte que « la sensation enveloppe toutes les facultés de l’âme, en « d’autres termes : L'âme contient en germe toutes les «facultés.» Nous tenons à ajouter qu’en dépit de son sensualisme raffiné, Condillac dans son 7rauité sur les animaux, fait une distinction entre les vérités métaphysiques à priori et les vérités expérimentales. « Par les « premières, dit-il, nous avons l’évidence de la raison «et par les secondes l’évidence du sentiment et du fait. » C’est par la combinaison de ces deux sortes de vérités