LEUR AUTONOMIE DANS LA RUSSIE AUTOCRATIQUE
douanes. Le gouvernement civil restait confié d'une part au Sénat, divisé en deux sections, les finances et la justice, et d’autre part aux fonctionnaires indigènes et aux municipalités, c’est-à-dire à la noblesse et à la bourgeoisie suédoise ; le suédois était resté la langue de l'administration, tandis que le peuple des campagnes descendant de l’ancienne population finnoise conservait la langue et les coutumes finnoises. De même, elle conservait comme toutes les provinces baltiques la religion luthérienne.
Quant au royaume de Pologne, créé en 1815 de l’ancien duché de Varsovie, grâce à l'amitié personnelle du tzar Alexandre + pour le prince Czartoriski, il conserva son autonomie, le tzar lui ayant promis de faire de ce royaume un Etat indépendant, uni à la Russie par un lien de protectorat. Il lui accorda la conservation de ses anciennes institutions, son église catholique avec ses dominations et ses privilèges, ses écoles de langue polonaise, sa monnaie, ses postes et ses
douanes, son administration nationale et même son armée ; les seuls étrangers étaient le vice-roi et le commissaire impérial. Bien que la liberté constitutionnelle accordée à la Pologne fût très imparfaite, à cette époque où l’Absolutisme régnait en Europe, aucun autre peuple de l’Europe centrale n'avait autant de liberté politique que la Pologne. Néanmoins ce régime hybride finit par devenir impopulaire en Pologne ; il froissait le sentiment libéral des descendants de l’an-