LE SENS DE LA VALEUR DE LA VIE
que les temps modernes en donnant au moi pensant une conscience fière de sa propre valeur,imposent à l’homme l'obligation de rétablir par sa propre force son indépendance des intérêts matériels de la collectivité et de réagir par sonintelligence contre la réalité de la vie extérieure en lui imposant l’idée de la supériorité de la force de l’esprit sur la matière. Le fait seul que le problème de la morale se soit élevé dans l'humanité et l’ait tenue en son pouvoir, exigeant le renoncement à tous les buts égoïstes, lorsqu'ils viennent en collision avec les intérêts moraux de la collectivité, prouve que la vie spirituelle est supérieure et s'impose comme guide de notre conduite. M. Euken a soin d'ajouter que « quelquelent que soit le développement d’un tel mou-
vement dans l'humanité, et quelque rude que soit l’op-
position qu’il rencontre, il s’est développé et se maintient malgré toute opposition parce qu'il porte en lui une force impulsive qui le pousse au développement de la vie humaine ». M. Euken invoque encore un autre fait à l’appui de sa thèse, à savoir:
Le développement de la vie intérieure de l’homme se poursuit par des mouvements divers et par des voies divergentes et produit souvent des contrastes frappants. C’est ainsi que nous voyons sans cesse en conflit l’art et la morale, la religion et la science. C'est précisé: ment dans les contrastes des choses que la vie cherche son unité pour l’accomplissement de son œuvre créatrice, mais cette unité ne peut se vérifier qu’à la suite