L'ESPRIT DES INTELLECTUELS ALLEMANDS
ment religieux venaient à s’affaiblir parmi les masses populaires, et insistant sur la nécessité d'établir une discipline sociale sous la surveillance de l'Etat, qui imposerait à tous ses fonctionnaires occupant une chaire, soit comme prédicateurs, soit comme professeurs, l’obligation de se conformer en matière religieuse aux principes reconnus par l'Etat. Frédéric Il, bien que, luimême, sceptique et anticlérical, soutenait le principe que la religion est nécessaire au peuple et indispensable au maintien de l’ordre social.
Frédéric Guillaume IT dans son fameux édit de juillet 1783 soutenait le même principe utilitaire en matière de religion. Selon lui, la paix de Westphalie ayant imposé aux princes l'obligation de défendre la religion protestante,il s’ensuivait que lareligion étaitune affaire d'Etat et que le roi de Prusse comme chef d'Etat était aussi chef de la religion. Kant lui-même (1) réprouve sévèrement les énergumènes qui menaçaient l’ordre établi. Il insiste sur l'utilité du dogme de la Révélation au bénéfice de l’ordre et de la tranquillité sociale. De même que Kant,ses successeurs, Fichte et Schelling,ont non seulement défendu le principe de la raison pratique de Kant en déclarant que l’ordre social parfait était la dernière expression de la culture,ils ont même reconnu l'Etat comme éducateur du genre humain, et déclaré que c’est à l'Allemagne qu'incombe cette mission édu -