L'EXEMPLE DE LEUR MAITRE
Nous arrivons maintenant à la philosophie de Hegel qui représente un mélange d’idéalisme et de réalisme, de spinozisme pur au point de vue théorique et d’absolutisme d'Etat au point de vue pratique, basé sur un certain nombre de thèses et d’antithèses qui, au fond, ne sont que des abstractions de l'esprit et un Jeu de dialectique subtile sans base solide, ayant l'apparence de se contredire pour mettre ensuite en harmonie les contradictions entre l’Etre et le non Etre, et faisant, avec raison, soupçonner .une intention calculée de l’auteur de vouloir contenter les deux points opposés, car d’un côté il fait l’apothéose de l'Etat prussien Providence tout puissant, le seul capable de réaliser l'idéal national et d’un autre côté il reconnait la liberté comme l'essence de l'esprit humain et l’histoire universelle comme l’évolution de la conscience humaine et du concept dela liberté.
Il est tout naturel que l'effort intellectuel de Hegel pour amalgamer des principes diamétralement opposés ait échoué piteusement, d’autant plus qu'il se heurtait à la logique et au bon sens. En effet, après sa mort en 1831, son école s’était divisée en deux branches, dont l’une représentait le parti orthodoxe réactionnaire el l’autre le parti radical révolutionnaire. Il est clair que le parti orthodoxe, comme défenseur des intérêts de l'Eglise et de l'Etat, reçut l'appui du gouvernement tandis que le parti libéral était réduit à ses propres forces. Toutefois, celui-ci dirigé par Feuerbach,