MOUVEMENT INTELLECTUEL ET RELIGIEUX
protestante n’amenât à la longue le retour au catholicisme d’un grand nombre de protestants. Ce double danger détermina les deux partis contraires à établir un accord définitif sur la base d’une discipline sociale contrôlée par l'Etat.
Les ultra-libéraux eurent beau protester que par cet accord le protestantisme se transformait en une religion d'Etat et les serviteurs du Christ et les prédicateurs en serviteurs de l'Etat, et réclamer l'indépendance
de la parole et la liberté de conscience, la raison d'Etat
l'emporta et finit par commander en souverain au nom de l’Utilité publique et de la défense des intérêts inaliénables de l'Etat. De son côté, Frédéric II, sceptique pour sa part, sefit le défenseur de la religion dans l’intérêt de l'Etat, considérant que l’idée religieuse ayant une action sur le peuple, la haute surveillance de cette action devient un devoir impérieux pour l'Etat. En d’autres termes, lorsqu'un prédicateur ou un maître
d'école abordait une question religieuse en public, il lui
était défendu de raisonner pour son compte ou d'exprimer une autre opinion que celle qui était autorisée par l'Etat, bieu qu'il füt libre de penser et de raisonner à son aise dans la vie privée, Alors se posa forcément la question suivante : Est-il permis de maintenir le public dans l'erreur sans que l'individu chargé d'enseigner la vérité du haut de sa chaire manque à son devoir en cachant la vérité ?
En effet, l'Académie royale de Berlin mit en 1789 au