EN ALLEMAGNE AU COURS DU XVIL® SIÈCLE
concours la question suivante : « Est-il utile au peuple d’être trompé soit qu’on l’induise en de nouvelles erreurs ou qu on l’entretienne dans celles oùilest ?» Pour bien préciser le sens de cette question Johann Friedrich Gillet, l’un des lauréats de l’Académie ajoutait : On ne « demande pas si l'erreur est avantageuse pour l’homme «en général ; mais seulement si l'erreur est utile pour « l’homme du commun, la multitude, le peuple? Et à cette « question je réponds avec assurance : Oui, pour des « motifs importants et suflisants selon mes idées. Le « peuple est toujours peuple ; il le restera éternellement « et il doit le rester et puis l’histoire de tous les temps « prouve par des centaines d'exemples que le peuple « étant trompé, le peuple lui-même et ses conducteurs « s’en sont bien trouvés. Il n’est pas nécessaire que « l’homme du commun acquière une connaissance rai- « sonnée de la vérité, qu'il entende beaucoup parler « d'effet et de cause, qu’il reçoive une éducation semi- « philosophique. Il ne doit pas savoir, il doit croire. » Un autre membre de l'Académie Jean Georges Gebhard fut également d’avis que l'erreur est bonne pour le peuple, les illusions anciennes doivent être maintenues. Un autre membre Féder va encore plus loin. Il recommande vivement l’Etatisme, et reconnait comme utile tout ce qui profite à l'Etat dont le premier devoir est de maintenir l'autorité de l'Eglise.
Il est donc tout naturel que sous l'inspiration du roi, le gouvernement prussien après avoir entendu l’opinion