‹ Évolution, Pronostic et Traitement de la Méningococcémie à forme de Fièvre intermittenteChapitre 19 sur 51 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(SERGENT, PRUVOST et BORDET), résumée,

M... (Louise), 32 ans, domestique. Aucun antécédent pathologique à signaler.

Après un début brusque sans prodromes, sans Corvza, dans la soirée du 30 octobre 1919, et marqué par une violente céphalée et quelques frissons suivis de fièvre, elle peut reprendre son travail le lendemain malgré lPapparition de douleurs articulaires. Mais, dans la soirée, un nouvel accès de fièvre se produit, les arthralgies s’accentuent et, au réveil, elle note l'existence sur les membres de quelques plaques rosées, duïes et douloureuses.

Dès lors, des accès semblables vont se répéter presque chaque soir, s’accompagnant du même cortège symp- .tomatique : céphalée, frissons, arthralgies intéressant surtout les genoux et les coudes, myalgies dans les mollets, poussées d’érythème papulo-noueux, En dehors des accès, l’état général, l'appétit restent assez bons pour permettre à la malade de travailler, Mais, peu à peu, ses forces déclinent. Le 20-novembre cells doit S'aliter, et le 28 elle entre à la Charité.

À son entrée, elle est pâle et amaïgrie, un peu abattue,.la langue est saburrale, l’haleine fétide, Sur les membres, et en particulier sur leur fac: d'extension el au pourtour des grosses articulations, on note de nom-

Sa

breux éléments, non purpuriques mais papulo-noueux; plus ou moins rosés et sensible suivant leur stade d’évoiution, et ne dépassant pas les dimensions d’une pièce de 1 franc. Les genoux et les coudes sont tuméfiés; légèremcnt douloureux mais se laissent encore mobiliser.

À part l'anorexie, aucun trouble digestif. Le pouls est en rapport avec la temperature. La tension artérielle est basse : 9,5-5,5. É

Du 28 novembre au 17 janvier, la courbe de température est très oscillante et on ne constate comme autres signes qu'une légère raideur de la nuque et une ébauche de Kernig. La ponction lombaire ramène un liquide clair, ncrmal. On injecte du lantol, puis, un peu plus tard, de la quinine, qui n’amènent aucune amélioration de la courbe fébrile. Deux intradermo-réactions à la tuberculine sont négatives. Le 22 décembre, une hémoculture sur bouillon de Truche est négative.

Le 22 janvier, une hémocuiture décèle la présence de méningocoque C. On injecte alors dans les veines de la malade 20 cc. de sérum antiméningococcique € dilué dans 200 cc. de sérum physiologique.

Réaction assez vive au bout de 3/4 d’heure, avec tremblement et élévation de température à 38° durant enviren 1 heure. Quatre injections semblables les jours suivants. Malgré cela, de nouveaux accès fébriles se reproduisent, peut-être un peu moins intenses. La courb: de température n’est que légèrement modifiée.

Le 31 janvier, injection de 20 cc. de sérum polyvalent sous la peau, pour éviter les accidents anaphylactiques au cas où la sérothérapie serait reprise.

Le 5 février, injection sous-cutanée de 1 ce. d’un stock-vaccin, fourni par M. Nicolle, de l’Institut Pasteur, et dosé à 1 milligramme de corps microbiens (méning» ©) par centimètre cube, Aucune réaction, pas de résultat thérapeutique appréciable.

Le 7 février,-à 16 heures, en plein accès, injection intraveineuse de 1 ce. de vaccin, Quinze minutes après, douleur violente le long de la colonne vertébrale, tremblement généralisé, baisse de la tension de 1 ce. Cette crise dura à peine 1 heure. Le lendemain, la température est aw36°2 La malade, bien que très abattue, se sent bien. Pouls 64, tension 9-4,5.

Dès lors, la température va se maintenir basse, puis se rapprochera peu à peu de la normale.

Le 10 février, on injecte encore 1 cc. de vaccin intraveineux sans grande réaction. Le 13 février, 1 72 ce. détermine une réaction assez vive. Depuis lors, la malade entre en convalescence et guérit parfaitement.

Résumé. — La septicémie dure deux mois et demi. La sérothérapie est essayée sans aucun résultat, la vaccinothérapie sous-cutanée n’amène non plus aucune amélioration. La vaccinothérapie intraveineuse produit un phénomène de choc suivi d’une chute Frusque et définitive de la température. La guérison s'ensuit rapidement.

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