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F: -— GUÉRISON PAR LA PYOTHÉRAPIE : 1 cas.
OBSERVATION XIII (NETTER).
Le 1° août 1922, le D' T... était appelé auprès d’un petit garçon de 11 ans, pris brutalement en pleine santé d'un frisson, suivi d’une élévation de la température dépassant rapidement 40°. Il avait présenté un vomissement et se plaignait d’une douleur de tête intense pendant trois heures. Le D' T.. constatait une stabilité parfaite du pouls, une respiration régulière, une gorge normale. Il existait un Kernig très léger. L’examen des divers organes ne révélait aucune anomalie, à lexception du poumon droit où la percussion faisait apparaître une légère submatité et une respiration un peu rude. Le D' T.. pense qu’il s’agit peut-être d’un début de pneumonie. Le lendemain, la fièvre était tombée, On voyait au niveau du poignet gauche un petit placard légèrement surélevé et indolore. Les accès se renouvellent les 30 juillet et 2 août avec les mêmes caractères. Au cours de ce troisième accès, le D' T.. constate un petit nombre d'éléments éruptifs, disséminés sur diverses parties du corps.
Je vois l’enfant pour la première fois le 3 août. Il est à ce moment sans fièvre, demande à manger. Je vois la rate augmentée de volume, je confirme l'intégrité des divers appareils, exception faite des signes, très légers, constatés au sommet droit, qui d’ailleurs ont disparu assez vite par la suite, Il n’y a aucune malade dans la maison ni dans l’école fréquentée par l’enfant qui habite un quartier élevé du Nord-Est de Paris.
Les accès se répètent pendant 102 jours, conservant les mêmes caractères : brièveté de la phase fébrile, de six à seize heures; coïncidence de poussées éruptives,
LS
augmentation de la rate, absence de lésions viscérales.
Etat satisfaisant pendant l’apyrexie : l'enfant est gai, dessine, demande à manger et digère bien. La périodicité seule est modifiée. Les six premiers accès, comme le montre la courbe, reviennent après quarante-huit ou soixante-douze heures. Plus tard, les accès prennent le type tierce et souvent quotidien. Ils ne reviennent pas à la même heure, avancent ou reculent par rapport à ceux qui précèdent.
Du 11 septembre au 26 septembre, les accès sont quotidiens à grandes oscillations. Du 26 septembre au 24 octobre, l’apyrexie est un peu plus longue : vingtquatre à trente-six heures. Les 25, 26, 27 et 28 octobre, nous avons quatre jours de température normale, sous l'influence, peut-être, d’une médication par injections sous-cutanées de lait. Mais la trève n’est que de courte durée. De nouveaux accès reviennent les 29 et 31 octobre, 1%, 3, 4 et 6 novembre. Ce dernier marque la fin de la fièvre, La température est restée, à partir de ce moment, définitivement normale, jusqu’à l’heure actuelle, 4 janvir. Au cours de cette longue période fébrile, l’enfant a été soumis à des médications diverses : uroformine, Imétaux colloïdaux, quinine, novarsénobenzol, injections de lait stérilisé, qui n’ont pas amené le résultat désiré.
‘ La réaction de Bordet-Gengou et l’agglutination montrèrent qu'il s'agissait d’une infection par le méningocoque À.
Le 103° jour de la maladie, M. Bridré m’ayant remis des ampoules contenant une émulsion de pus d’abcès chtenu sur le cheval après une injection d’essence de thérébentine, j’injectai sous la peau de l'enfant 2 ce. de ce pus, et cette injection marque le terme de cette longue pyrexie. L'enfant, à partir de ce moment, s’est rapidement rétabli, a regagné son poids et n’a plus eu le moindre accès.
Résumé. — Septicémie durant 102 jours. Les injeclions sous-cutanées de lait paraissent amener une amélioration transitoire. La guérison brusque et définitive survient après une injection sous-cutanée de deux centimètres cubes de pus aseptique de Bridré, La sérothérapie n’a pas été essayée,