B. — GUÉRISON PAR LA SÉROTHÉRAPIE AVEC PHÉNOMÈNE DE CHOC
OBSERVATION XXIX (NETTER):
Un beau nourrisson, âgé de 5 mois, allaité par sa mére, me fut amené le 12 juillet 1913 par ses parents, accompagnés d’une nourrice sèche. Cet enfant, à part une température élevée qui durait depuis 17 jours, paraissait aussi bien que possible. Il avait été pris le 26 juin d’une sorte de convulsion avec état syncopal et asphyxie légère, phénomènes qui s'étaient accompagnés d’une élévation de température à 39°, Ces premiers signes avaient été fugaces, car, lorsque le médecin arriva, ils avaient déjà disparus. Le lendemain, le médecin put encore constater quelques signes légers : un vomissement, un léger degré de raideur de la nuque, un peu de tension de la fontanelle, mais il ne trouva ni Kernig, ni signes pupillaires. À cela se bornèrent les manifestations éningées qui ne se montrèrent plus par la suite. Dès 1 premier jour, la température était montée à 39°. Ce fut le symptôme prédominant. Elle continua à se montrer chaque jour sous la forme d’une fièvre intermittente à
grandes oscillations quelles antithermiques purent abais: ser Sans les faire disparaître. Ce fut le dix-septième jour de la maladie que je vis l'enfant. Il ne présentait aucun signe de méningite, ni aucun autre phénomène morbide: il s’alimentait parfaitement. On ne trouve en somme chez lui que cette température sans cause appréciable. L'examen que je pratiquais restait négatif et je ne trouvais à invoquer pour cause de cette fièvre qu’une infection du cavum qui était bourré de végétations. J’allais m'arrêter à cette explication, me demandant toutefois s'il n'y aurait pas lieu de faire ultérieurement üne ponction lombaire au cas où la température ne céderait pas aux instillations d’une solution de collargol. Avant de renvoyer la famille, je songeai à chercher dans les commémoratifs s'il y avait quelque chose qui justifiàt l'idée d’une méningite cérébro-spinale, ,
Je demandai donc si l’enfant s'était trouvé en contact direct ou indirect avec d’autres malades. Il était en vérité très surveillé et l’on ne pouvait incriminer aucun contact direct, J’appris cependant que la nourrice de l’enfant était allé aux environs du Havre pour y voir son propre enfant atteint d’une méningite d’allure foudreyante qui l’avait emporté quelques heures après son arrivée. Je considérai ce faitecomme étant d’une certaine importance car il se pouvait que cette méningite foudroyante eut été cérébro-spinale et que la nourrice eut joué à cette occasion le rôle de porteur de germes. Cette éventualité m’entraîna à ne pas ajourner la ponction lombaire, et je retirai un liquide purulent que je remplaçai immédiatement par du sérum. Cette injection fut d’ailleurs suivie d’accidents extrêmement graves, heureusement sans conséquences et qui ne se reproduisirent plus à la suite des deux injections SH fant guérit promptement, et je me suis assuré ces jours-
ci qu'il n’a cessé de se développer et n’a conservé aucune séquelle.
L'enquête faite au Havre au sujet de la maladie dont était mort l’enfant de la nourrice, n’a donné aucun résultat, et on n’a pas trouvé de porteurs de germes parmi les membres de la famille.
Résumé. — Méningite cérébro-spinale et septicémie surviennent simultanément. Une injection de sérum provoque un choc dramatique, Le malade guérit ensuite rapidement,