‹ Evvres de Lovïze LabéChapitre 12 sur 59 · MERCVRE · texte numérisé non relu

MERCVRE

C'est chose bien dure à Mercure moyenner desplaisir à Venus. Toutefois, puis que tu me contrei ns, ie feray mon deuoir tant que Folie aura raison de se contenter.

IVPITER.

Et toy, Venus^ quel des Dieus choisiras tu ? l'a/Teccion maternelle , que tu portes à ton. fils , et l'enuie de voir venger Finiure, qui lui ha esté faite, te pourroit

transporter. Tondis estant irrité, et nauré recentement, n'y pourrait pareillement satisfaire. A cette cause, choisi quel autre tu voudras pour parler pour tous : et croy qu'il ne lui sera besoin lui commander: et que celui, à qui tu t'adresseras, sera plus aise de te faire plaisir en cet endroit , que toy de le requérir. Néanmoins s'il en est besoin , ie le lui commanderay.

VENVS.

Encor que Ion ait semé par le monde, que la maison d'Apolon et la mienne ne s'acordoient guères bien : si le crois ie de si bonne sorte qu'il ne me voudra esconduire en cette nécessité, lui requérant son ayde à cestui mien extrême besoin : et montrera par l'issue de cette afaire, combien il y ha plus d'amitié entre nous que les hommes ne cuident.

ÀPOLON.

Ne me prie point, Déesse de beauté : et ne fois ctificulté que ne te veuille autant de bien, comme mérite la plus belle des Déesses. Et outre le témoignage, qu'en pourroient rendre tes iardins, qui sont en Gypre et Ida, si bien par moy entretenus , <fu'il n'y ha rien plus plaisant au monde : encore connoitras tu par l'issue de cette querelle combien ie te porte d'affeccion et me sens fort aise que, te retirant vers moy en cet afaire, tu declaires aus hommes comme faussement ils ont controuué, que tu auois coniuré contre toute ma maison.

IVPITER.

Retirez vous donq un chacun, et reuenee demain à semblable heure, et nous mettrons peine d'entendre et yuider vos querelles.

°E POLIE ET D'AMOVB.

BISCOVBS IIIJ.

'Ob.

vient donner le bon iour à Iupiter. )

) ilOus n'aurons plaisir de toy. Mais ou est ta

r* A^ùv ' ï^'t mignon ? Tant qne ton diferent soit

^V, AMOVIt.

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ﻫ»»» £ ofenser. Toutefois to« tant on d, son, t , T . ment.

le serois bien ridicule , si ayant le pouuoir de faire les hommes estre aymez, ne me faisois aussi estre aymé.

IVPITER.

Si est il bien contre nature , que cens qui ont reçu tout mauuais traitement de toy, t'ayment autant comme ceus qui ont ù plusieurs faneurs.

AMOVR.

En ce se montre la grandeur d'Amour, quand on ayme celui dont on est mal traité.

IVPITER.

le say fort bien par expérience , qu'il n'est point en nous d'estre aymez : car, quelque grand degré ou ie sois , si ây ie esté bien peu aymé : et tout le bien qu'ay reçu, l'ay plus tôt ù par force et finesse, que par amour.

AMOVR.

l'ay bien dit que ie fais aymer encore ceus, qui ne sont point aymez : mais si est il en la puissance d'un chacun le plus souvent de se faire aymer. Mais peu se treuuent, qui facent en amour tel deuoir qu'il est requis.

IVPITER.

Quel deuoir?

AMOVR.

La première chose dont il faut s'enquérir, c'est, s'il y ha quelque Amour imprimée : et s'il n'y en ha , ou qu'elle ne soit encor enracinée, ou qu'elle soit desia toute usée , faut songneusement chercher quel est le naturel de la personne aymee : et, connoissant le notre, auec les commoditez, façons, et qualitez estre semblables, en user : si non, le changer. Les Dames que tu as

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aymees , vouloient estre louées, entretenues par un long tems , priées , adorées : quell' Amour penses tu qu'elles t'ayent porté , te voyant en foudre , en Satire , en diuerses sortes d'Animaus, et conuerti en choses insensibles? La richesse te fera iouir des Dames qui sont auares: mais aymer non. Car cette affeccion de gaigner ce qui est au cœur d'une personne , chasse la vraye et entière Amour : qui ne cherche son proufit, mais celui de la personne ,- qu'il ayme. Les autres espèces d'Animaus ne pouuoient te faire amiable. Il n'y ha animant courtois et gracieus que l'homme, lequel puisse se rendre suget ans complétions d* autrui , augmenter sa beauté et bonne grâce par mile nouueaus artifices : plorer, rire, chanter, et passionner la personne qui le voit. La lubricité et ardeur de reins n'a lien de commun, ou bien peu, auec Amour. Etpource les femmes ou iamais n'aymeront, ou iamais ne feront semblant d'aymer pour ce respect. Ta magesté Royale encores ha elle moins de pouuoir en ceci : car Amour se plait de choses égales. Ce n'est qu'un ioug, lequel faut qu'il soit porté par deus Taureaus semblables : autrement le harnois n'ira pas droit. Donq, quancfctu voudras estre aymé, descens en bas, laisse ici ta couronne et ton sceptre, et ne dis qui tu es. Lors tu verras en bien semant et aymant quelque Dame, que sans qu'elle ait égard à richesse ne puissance, de bon gré t'aymera. Lors tu sentiras bien un autre contentement, que cens que tu as uz par le passé: et au lieu d'un simple plaisir, en receuras un double. Car autant y ha il de plaisir à estre baisé et aymé, que de baiser et aymer.

ÏVPITER.

Ta dis beaucoup de raisons : mais il y faut an long tenu, une sageccion grande, et beaucoup de passions.

1MOYR.

le say bien qu'un grand Signeur se lâche de faire longuement la court, que ses afaires d'importance ne permettent pas qu'il s'y assugettisse, et que les honneurs jqu'il reçoit tous les iours, et autres passetems sans nombre, ne lui permettent croître ses passions , de sorte qu'elles puissent mouuoir leurs amies à pitié. Aussi ne deiuent ils atendre les grans et faciles eontentemeus qui sont en Amour, mais souuentefois i'abaisse si bien les grans , que ie les fay à tous, exemple de mon pouuoir.

IVPITEB.

H est tenu d'aller au consistoire : nous deuiserons une autrefois plus à loisir.

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DISCOVRS V.

ÀPOLON.

i3l onques te falot songneusement pouruoir à tes afaires, souuerein Iupiter, ou quand auec l'ayde de Briare •tes plus proches te vouloient mettre en leur puissance, •ou quand les Geans , fils de la Terre, mettans montaigne sur montaigne , deliberoient nous venir combatre ius-

ques ici, ou quand le Ciel et la Terre Guidèrent brûler: à cette heure , que la licence des fols est Tenue si grande, que d'outrager deuant tes y eus l'un des principaus de ton Empire , tu n'as moins d'ocasion d'auoir creinte, et ne dois diferer à donner pront remède au mal ia commence. S'il est permis à chacun atenter sur le lien qui entretient et lie tout ensemble : ie voy en peu d'heure le Ciel en desordre, ie voy les uns changer leur cour», les autres entreprendre sur leurs voisins une consommacion uniuerselle : ton sceptre, ton trône, ta magesté en danger. Le sommaire de mon oraison sera conseruer ta grandeur en son intégrité, en demandant vengeance de cens qui outragent Amour, la vraye ame de tout l'Vniuers, duquel tu tiens ton sceptre. D'autant donq que ma cause est tant fauorable, coniointe auec la conseruacion de ton estât, et que néanmoins ie ne demande que iustice : d'autant plus me deuras tu atentiuement escouter. L'iniure que ie meintien auoir este faite à Cupklon , est telle : Il venoit au festin dernier : et voulant entrer par une porte, Folie acourt après lui, et lui mettant la main sur l'espaule le tire en arrière, et s'auance, et passe la première. Amour voulant sauoir qui c'estoit, s'adresse à elle. Elle lui dit plus d'iniures, qu'il n'apartient à une femme de bien à dire. De là elle commence se hausser en paroles, se magnifier, fait Amour petit. Lequel se voyant ainsi peu estimé, recourt à la puissance , dont tu l'as tousiours vu, et permets user contre toute personne. Il la veut faire aymer: elle euite an coup: et feingnant ne prendre en mal, ce que Cupidon lui auoit dit , recommence à deviser auec lui :

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et en pariant tout d'un coup lai leae les yeus de la teste. Ce fait, elle se Tient à faire si grande sur lui, qu'elle lui fait entendre de ne lui estre possible le guérir, s'il ne reconnoissoit qu'il ne lui auoit porté l'honneur qu'elle meritoit. Que ne feroit on pour recouurer la ioyeuse vue du Soleil ? U dit 9 il fait tout ce qu'elle veut. Elle le bande, et pense ses plaies en atendant que meilleure ocasion vint de lui rendre la vue*. Mais la traîtresse lui mit un tel bandeau, que iamais ne sera possible lui oter : par ce moyen roulant se moquer de toute l'ayde que tu lui pourrois donner : et encor que tu lui rendisse les yeus , qu'ils rossent néanmoins inutiles. Et pour le mieux ac outrer lui ba baillé de ses esles, à fin d'estre aussi bien guidé comme elle. Voila deus iniures grandes et atroces faites à Gupidon. On l'a blessé, et lui ha Ion oté le pouuoir et moyen de guérir. La plaie se voit, le délit est manifeste : de l'auteur ne s'en faut enquérir. Celle qui ha fait le coup, le dit, le presche, en fait ses contes par tout. Interrogue la : plus tôt l'aura confessé que ne l'auras demandé. Que reste il ? Quand il est dit : qui aura tiré une dent , lui en sera tiré une autre : qui aura arraché un œil , lui en sera semblablement creué un , cela s'entent entre personnes égales. Mais quand on ha ofensé cens , desquels dépend la conseruacion de plusieurs, les peines s'aigrissent, les loix. s'arment de seuerité, et vengent le tort fait au publiq. Si tout rVniuers ne tient que par certeines amoureuses composicions, si elles cessoîent, l'ancien Abime reuiendroit. Otant l'amour, tant est ruiné. C'est donq celui , qu'il faut conseruer en son estre; c'est celui, qui fait

multiplier les hommes , viure ensemble , et perpétuer le monde, par l'amour et solicitude qu'ils portent à leurs successeurs. Iniurier cet Amour, l'outrager, qu'est ce , sinon vouloir troubler et ruiner toutes choses ? Trop mieus vaudroit que la téméraire se fust adressée à toy : car tu t'en fusses bien donné garde. Mais s'estant adressée à Cupidon, elle t'a fait dommage irréparable, et auquel n'as ù puissance de donner ordre. Cette iniure touche aussi en particulier tous les autres Dieus, Demidieus , Faunes , Satires , Siluains , Déesses , Nynfes , Hommes et Femmes : et crois qu'il n'y ha Animant, qui ne sente mal , voyant Cupidon blessé. Tu as donq osé, 6 détestable, nous faire à tous despit, en outrageant ce que tu sauois estre de tous aymé. Tu as ù le cœur si malin, de naurer celui qui apaise toutes noises et querelles. Tu as osé atenter au fils de Venus : et ce en la court de Iupiter : et as fait qu'il n'y ha ù ça haut moins de franchise, qu'il n'y ha la bas entre les hommes, es lieus qui nous sont consacrez» Par tes foudres, ô Iupiter, tu abas les arbres , ou quelque poure femmelette gardant les brebis, ou quelque meschant garsonneau, qui aura moins dinement parlé de ton nom : et cette cy, qui, mesprisant ta magesté, ha violé ton palais, vit encores! et ou? au ciel, et est estimée immortelle, et retient nom de Déesse. Les roues des Enfers soutiennent elles une ame plus détestable que cette cy ? Les montai gnes de Sicile couurent elles de plus exécrables personnes? Et encores n'a elle honte de se présenter deuant vos diuinitez : et lui semble (si ie l'ose dire) que serez tous si fols, que de l'absoudre. le n'ay néanmoins charge

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par Amour de requérir vengeance et pnnîcion de Folie. Les gibets, potences, roues, couteaus, et foudres ne lui plaisent, encor que fust contre ses malueuillans, contre lesquels mesmes il ha si peu use de son ire, que, oté quelque subit courrons de la ieunesse qui le suit, il ne se trouna iamais un seul d'eus, qui ait voulu l'outrager, fors cette furieuse. Mais il laisse le tout à rotre dîscrecion, 6 Biens : et ne demande autre chose , sinon que ses y eus lui soient rendus, et qu'il soit dit, que Folie ha ù tort de l'iniurier et outrager. Et à ce que par ci après n'auienne tel desordre, en cas que ne ▼cuiller tenseuelir Folie sous quelque montaigne, ou la mettre à l'abandon de quelque aigle, ce qu'il ne requiert, tous vueillez ordonner, que Folie ne se trouuera près du lieu ou Amour sera, de cent pas à la ronde. Ce que trouuerez deuoir estre fait, après qu'aurez entendu de quel grand bien sera cause Amour, quand il aura gaigné* ce point : et de combien de maus il sera cause , estant si mal acompagné*, mesmes à présent qu'il ha perdu les yeus. Vous ne trouuerez point mauuais que ie touche en brief en quel honneur et reputacian est Amour entre les hommes, et qu'au demeurant de mon oraison ie ne parle guère plus que d'eus. Donques les hommes sont faits à l'image et semblance de nous , quant aus esprits: leurs corps sont composez de plusieurs et diuerses complétions ; et entre eus si diferens tant en figure, couleur et forme, que iamais en tant de siècles, qui ont passé , ne s'en trouua que deux ou trois pers , qui se ressemblassent : encore leurs seruiteurs et domestiques les connoissoient particulièrement l'un d'auec l'autre.

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Estai» ainsi en meurs, compterions*, et forme dissemblables, sont néanmoins ensemble liez et assembles par une beniuolence, qui les fait vouloir bien l'un à l'autre : et ceus qui en ee sont les plus excellera, sont les plus relierez entre eus. Delà est Tenue la première gloire en* tre les hommes. Car ceus qui auoient inuenté quelque chose à leur proufit, estoient estimez plus que les autres. Mais faut penser que cette enuie de proufiter en publiq, n'est procedee de gloire , comme estant la gloire postérieure en tems. Quelle peine croyez vous , qu'a ù Orphée pour destourner les hommes barbares de leur acoutumee cruauté? pour les faire assembler en compagnies politiques? pour leur mettre en horreur le piller et robber l 'autrui ? Estimez vous que ce fust pour gain ? duquel ne se parloit encores entre les hommes, qui n'auoient fouillé es entrailles de la terre ? La gloire, comme i'ay dit, ne le pouuoit mouuoir. Car n'estans point encore de gens politiquement rertueus, il n'y pouuoit estre gloire , ny enuie de gloire. L'amour qu'il port oit en gênerai ans hommes, le faisoit trauailler à les conduire à meilleure yie. G'estoit la douceur de sa Musique, que Ion dit auoir adouci les Loups, Tigres, Lions : attiré les arbres, et amolli les pierres : et quelle pierre ne, a'amolliroit entendant le dous preschement de celui qui amiablement la veut atendrir pour receuoir l'impression de bien et honneur? Combien estimez tous que Promethee soit loué là bas pour l'usage du feu, qu'il inuenta ? Il le tous desroba, et encourut votre indinacion. Estoit ce qu'il tous Toulust ofenser ? ie croy que non: mais l'amour, qu'il portoit à l'homme, que tu lui

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baillas, ô Iupiter, commission de faire de terre, et Tas* sembler de toutes pièces ramassées des antres animaus» Cet amour que Ion porte en gênerai à son semblable, est en telle recommandacion entre les hommes, que le plus soutient se trouuent entre eus qui pour sauner un pais, leur parent, et garder l'honneur de leur Prince, s'enfermeront dedens lieus peu defensables, bourgades, colombiers : et quelque asseurance qu'ils ayent de la mort, n'en veulent sortir à quelque composicion que ce soit, pour prolonger la vie à ceus que Ion ne peut assaillir que après leur ruine. Outre cette afeccion générale , les hommes en ont quelque particulière l'un envers l'autre, et laquelle, moyennant qu'elle n'ait point le but de gain , ou de plaisir de soymesme , n'ayant respect à celui , que Ion se dit aymer, est en tel estime au monde, que Ion ha remarqué songneusement par tous les siècles ceus, qui se sont trouuez excellens en icelle, les ornant de tous les plus honorables titres que les hommes peuuent inuenter. Mesmes ont estimé cette seule vertu estre suffisante pour d'un homme faire un Dieu. Ainsi les Scythes déifièrent Pylade et Oreste, et leur dressèrent temples et autels, les apelans les Dieus d'amitié. Mais auant iceus estoit Amour, qui les auoit liez et uniz ensemble. Raconter l'opinion qu'ont les hommes des parens d'Amour, ne seroit hors de propos, pour montrer qu'ils l'estiment autant ou plus, que nul autre des Dieus. Mais en ce ne sont d'un acord, les uns le faisant sortir de Chaos et de la Terre : les autres du Ciel et de la Nuit : aucuns de Discorde et de Zephire : autres de Venus la vraye mère , l'honorant par ces anciens

père? .et mères , et par les effets merueilleus que de tout tems il ha acoutumé montrer. Mais il me semble que les Grecs d'un seul surnom qu'ils t'ont donné, Iupiter, t'apelant amiable , témoignent assez que plus ne pouuoient exaucer Amour, qu'en te faisant participant de sa nature. Tel est l'honneur que les plus sauans et plus renommez des hommes donnent à Amour. Le commun populaire le prise aussi, et estime pour les grandes expériences qu'il voit des commoditez qui prouiennent de lui. Celui qui voit que l'homme (quelque vertueus qu'il soit) languit en sa maison , sans l'amiable compagnie d'une femme, qui fidèlement lui dispense son bien, lui augmente son plaisir, ou le tient en bride doucement, de peur qu'il n'en prenne trop pour sa santé, lui ote les fâcheries, et quelquefois les empesche de venir, l'appaise , l'adoucit , le traite sain et malade , le fait auoir deus corps, quatre bras, deus âmes, et plus parfait que les premiers hommes du banquet de Platon, ne confessera il que l'amour coniugale est dîne* de recommandacion? et n'attribuera cette félicité au mariage, mais à l'amour qui l'entretient. Lequel, s'il défaut en cet endroit, vous verrez l'homme forcené, fuir et abandonner sa maison. La femme au contraire ne rît iamais, quand elle n'est en amour auec son mari. Hz ne sont iamais en repos. Quand l'un veut reposer, l'autre crie. Le bien se dissipe , et vont toutes choses au rebours. Et est preuue certeine que la seule amitié fait auoir en mariage le contentement, que Ion dit s'y trouuer. Qui ne dira bien de l'amour fraternelle, ayant veu Castor et Pollux, l'un mortel estre fait immortel à moitié du don de son frère?

Ce n'est pas estre frère , qui cause cet heur (car peu de frères sont de telle sorte) mais l'amour grande qui estoit entre eus. Il seroit long à discourir, comme Ionathas sauua la vie à Dauid : dire l'histoire de Pythias et Damon : de celui qui quitta son espouse à son ami la première nuit, et s'en fuit vagabond par le monde. Mais pour montrer quel bien vient d'amitié, i'allegueray le dire d'un grand Roy, lequel , ouurant une grenade, interrogué de quelles choses il voudrait auoir autant, comme il y auoit de grains en la pomme, respondit: de Zopires. G'estoit ce Zopire , par le moyen duquel il auoit recouuré Babilone. Un Scythe demandant en mariage une fille , et sommé de bailler son bien par declaracion, dit: qu'il n'auoit autre bien que d'eus amis, s'estimant assez riche auec telle possession pour oser demander la fille d'un grand Signeur en mariage. Et pour venir aus femmes , ne sauua Àriadne la vie à Thesee ? Hypermnestre à Lyncee? Ne se sont trouvées des armées en danger en pais estranges, et sauuees par l'amitié que quelques Dames portaient aus Gapiteines ? des Rois remiz en leurs principales citez par les intelligences, que leurs amies leur auoient pratiquées secrètement? Tant y ha de poures soudars, qui ont esté esleuez par leurs amies es Contez, Duchez, Royaumes qu'elles possedoient. Gerteinement tant de commoditec prouenans aus hommes par Amour ont bien aydé à l'estimer grand. Mais plus que toute chose, l'afeccion naturelle, que tous auons à aymer, nous le fait esleuer et exalter. Car nous voulons faire paroitre , et estre estimé ce à quoy nous nous sentons enclins. Et qui est celui des hommes, qui

ne prenne plaisir, ou d'aymer, ou d'estre ayméPIe laisse ces Mysanthropes, et Taupes cachées sous terre, et enseueliz de leurs bizarriës, lesquels auront de par moy tout loisir de n'èstre point aymez 9 puis qu'il ne leur chaut d'aymer. S'il m'estoit licite, ie les tous dépeindrais, comme îe les voy descrire aus hommes de bon esprit. Et néanmoins il vaut mieus en dire un mot, à fin de connoitre combien est mal plaisante et misérable la rie de ceus , qui se sont exemptez d'Amour. Ils dient que ce sont gens mornes, sans esprit, qui n'ont grâce aucune à parler, une voix rude, un aller pensif, un visage de mauuaise rencontre , un œil baisse, creintifs, auares , impitoyables , ignorans , et n'estimans personne : Loups garous. Quand ils entrent en leur maison, ils creingnent que quelcun les regarde. Incontinent qu'ils sont entrez, barrent leur porte, serrent les fenestres, mengent sallement sans compagnie, la maison mal en ordre : se couchent en chapon le morceau au bec. Et lors à beaus gros bonnets gras de deus doits d'espais , la camisole atachee auec esplingues enrouillees iusques au dessous du nombril , grandes chausses de laine venans à mycuisse, un oreiller bien chaufé et sentant sa gresse fondue : le dormir acompagné* de toux , et autres tels excremens dont ils remplissent les courtines. Un leuer pesant , s'il n'y ha quelque argent à receuoir : vieilles chausses repetassees : souliers de païsant : pourpoint de drap fourré : long saye mal ataché deuant : la robbe qui pend par derrière iusques aus espaules : plus de four» rares et pelisses : calottes et larges bonnets couurans les c lieue us mal pignez 1 gens plus fades à voir, qu'un po-

tage sans sel a humer. Que tous en semble il ? .Si tous les hommes estoient de cette sorte, y auroit il pas peu de plaisir de viure auec eus ? Combien plus tôt choisiriez tous un homme propre , bien en point , et bien parlant , tel qu'il ne s'est pu faire sans auoir enuie de plaire à quelcun? Qui ha inuenté un dous et gracieus langage entre les hommes? et ou premièrement ha il este employé? ha ce este à persuader de faire guerre au pais ? eslire un Capiteîne ? acuser ou défendre quelcun ? Auant que les guerres se fissent, paix, alliances et confederacions en publiq : auant qu'il fust besoin de Capiteines , auant les premiers iugemens que fites faire en Athènes , il y auoit quelque manière plus douce et gracieuse , que le commun : de laquelle usèrent Orphée , Amphion, et autres. Et ou en firent preuue les hommes, sinon en Amour ? Par pitié on baille à manger à une créature , encore qu'elle n'en demande. On pense à un malade, encore qu'il ne veuille guérir* Mais qu'une femme ou homme d'esprit, prenne plaisir à l'afeccion d'une personne , qui ne la peut descouurir, lui dqnne ce qu'il ne peut demander, escoute un rustique et barbare langage : et tout tel , qu'il est , sentant plus, son commandement, qu'amoureuse prière, cela ne se peut imaginer. Celle qui se sent aymee , ha quelque autorite sur celui qui l'ayme :. car elle voit en son pouupir, ce que l'Amant poursuit, comme estant quelque grand bien et fort désirable. Cette autorité veut estre reueree en gestes , faits , contenances , et paroles. Et de ce Tient , que les Amans choisissent les façons de faire, par lesquelles les personnes aymees auront plus d'ocasion de

croire l'estime et repiîtacion que l'on ha d'elles. On se coriipose les yeus à douceur et pitié, on adoucit le front, on amollit le langage, encore que de son naturel l'Amant ust le regard horrible, le front despité, et langage sot et rude : car il ha incessamment au cœur l'obiect de l'amour, qui lui cause un désir d'estre dine d'en recevoir faueur, laquelle il scet bien ne pouuoir auoir sans changer son naturel. Ainsi entre les hommes Amour cause une connoissance de soymesme. Celui qui ne tache h complaire à personne , quelque perfeccion qu'il ait , n'en ha non plus de plaisir, que celui qui porte une fleur dedens sa manche. Mais celui qui désire plaire, incessamment pense à son fait : mire et remire la chose aymee : suit les vertus, qu'il voit lui.estre agréables, et s'adonne aus complexions contraires à soymesme, comme celui qui porte le bouquet en main , donne certein iwgement de quelle fleur vient l'odeur et senteur qui plus lui est agréable. Apres que l'Amant ha composé son corps et complexion à contenter l'esprit de l'aymee , il donne ordre que tout ce qu'elle verra sur lui , ou lui donnera plaisir, ou pour le moins elle n'y trouucraà se fâcher. De la ha ù source la plaisante inuencion des habits nouueaus. Car on ne veut iamais venir à ennui et lasseté, qui prouient de voir tousfours une mesme chose. L'homme ha tousiours mesme corps, mesme teste , mesme bras, ïambes, et piez : mais il les dîuersifiè de tant de sortes y qu'il semble tous les iours estre renouuelé. Chemises parfumées de mile et mile sortes d'ouurages : bonnet à la saison, pourpoint, chausses iointes et serrées, montrais les motiuemens du corps bien disposé: mile façon*

de bottines , brodequins , escarpins , souliers , sayons , casaquins, robbes, robbons, cappes, manteaus: le tout en si bon ordre, que rien i\e passe. Et que dirons nous des femmes, l'habit desquelles, et l'ornement de corps, dont elles usent, est fait pour plaire, si iamais rien fut fait. Est il possible de miens parer une teste, que les Dames font et feront à iamais? auoir cbeueus mieus dorez, crespes , frizez? acoutrement de teste mieus séant, quand elles s'acoutreront à l'Espagnole, à la Françoise, àl'Alemande , à l'Italienne , à la Grecque ? Quelle diligence mettent elles au demeurant de la face? Laquelle, si elle est belle, ils contregardent tant bien contre les pluies, vents, cbaleurs, tems et vieillesse, qu'elles demeurent presque tousiours ieunes. Et si elle ne leur est du tout telle, qu'elles la pourroient désirer, par honneste soin la se procurent : et l'ayant moyennement agréable , sans plus grande curiosité', seulement auec vertueuse industrie la continuent, selon la mode de chacune nacion, contrée, et coutume. Et auec tout cela, l'habit propre comme la feuille autour du fruit. Et s'il y ha perfeccion du corps, ou linéament qui puisse, ou doiue estre vu et montré , bien peu le cache l'agencement du vêtement : ou , s'il est caché , il l'est en sorte , que Ion le cuide plus beau et délicat. Le sein aparoit de tant plus beau, qu'il semble qu'elles ne le veuillent estre vu : les mamelles en leur rondeur releuees font donner un peu d'air au large estomac. Au reste, la robbe bien iointe, le corps estreci ou il le faut : les manches serrées , si le bras est massif: si non, larges et bien enrichies : la chausse tirée : l'escarpin façonnant le petit pie (car le plus sou-

ment l'amoureuse curiosité des hommes fait rechercher la beauté insques au bout des piez : ) tant de pommes d'or, chaînes, bagues, ceintures, pendans, gans par-* fumez , manchons : et en somme tout ce qui est de beau , soit àl'acoutrement des hommes ou des femmes , Amour en est Fauteur. Et s'il ha si bien trauaitlé pour contenter les yeus , il n'a moins fait aus autres sentimens : mais les a tous emmiellez de nouuelle et propre douceur. Les fleurs que tu fiz, ô Iupiter, naître es mois de l'an les' plus chaus, sont entre les hommes faites hybernalles: les arbres, plantes, herbages, qu'auois distribuez en diuers païs , sont par l'estude de ceus qui veulent plaire à leurs amies, rassemblez en un verger: et quelquefois suis contraint, pour ayder à leur afeccion, leur départir plus de chaleur que le païs ne le requerroit. Et tout le proufit de ce, n'est que se ramenteuoir par ces petis presens en la bonne grâce de ces amis et amies. Dirây ie que la Musique n'a este .inventée que par Amour ? et est le ehant et harmonie l'effect et signe de l'Amour parfait. Les hommes en usent ou pour adoucir leurs désirs enflammez, ou pour donner plaisir : pour lequel diuersifier tous les iours ils inuentent nouueaus et diuers instrumens de Luts, Lyres, Citres, Doucines, Violons, Espinettes, Flûtes , Cornets : chantent tous les iours diuerses chansons: et viendront à inuenter madrigalleâ, sonnets, pauanes, passeineses, gaillardes, et tout en commemoracion d'Amour : comme celui, pour lequel les hommes font plus que pour nu) autre. C'est pour lui que Ion fait des sérénades, aubades, tournois, combats tant à pie* qu'à chenal. En toutes lesquelles entreprises ne se treu-

4o DEBAT

uent que ieunes gens amoureus : ou «s'ils s*en trouvent autres meslez parmi , ceus qui ayment emportent tonsiours le pris, et en remercient les Dames, desquelles ils ont porte les faueurs. Là aussi .se raporleront Jes Comédies, Tragédies, Ieux, Montres, Masques* Moresques, Dequoy allège un voyageur son trauail, que lui cause le long chemin , qu'en chantant quelque chanson d'Amour, ou escoutant de son compagnoniquelque conte ♦et .fortune amoureuse ? L'un loue le bon traitement de s'amie : l'autre se pleint de la cruauté de la sienne. Et mile accidens , qui interuiennent en amours : lettres descouvertes, mauuais raports, quelque voisine ialouse, quelque mari qui renient plus tôt que Ion ne voudroit; quelquefois s'aperceuant de ce qui se fait : quelquefois n'en croyant rien , se fiant sur la preudhommie de sa femme : et à fois eschaper un souspir auec un changement de parler : puis force excuses. Brief , le plus grand plaisir qui soit après amour, c'est d'en parler. Ainsi passoit son chemin Apulée, quelque Filozofe qu'il fust Ainsi prennent les plus seueres hommes plaisir d'ouir parler de ces propos , encores qu'ils ne le veuillent confesser. Mais qui fait tant de Poètes au monde en toutes langues ? n'est ce pas Amour ? lequel- semble estre le suget , duquel tous Poètes veulent parler. Et qui me fait atribuer la poésie à Amour: ou. dire, pour le rapine, qu'elle est bien aydee et entretenue par son moyen? c'est qu'incontinent que les hommes commencent d'ay" mer, ils escriuent vers» Et ceus qui ont esté excellons Poètes, ou en ont rempli leurs .liures, ou, quelque autre suget qu'ils ayent pris, n'ont osé toutefois acheuer

leur euure sans en faire honorable meucion. Orphée, Musée, Homère , Line , Àlcee , Saphon, et autres Poètes et Filezofes : comme Platon, et celui qui ha ù le nom de Sage, ha desorit ses plus hautes concepcions en forme d'amourettes. Et plusieurs autres escriueins Toulans des* orire autres invencions, les ont cachées sous semblables propos. C'est Gupidon qui a gai gué. ce point, qu'il faut que chacun chante ou ses passions, ou celles d'autrui, ou couure ses discours d'Amour, sachant qu'il n'y ha rien, qui, le puisse faire mieus estre reçu. Ouide ha tousiours dit qu'il aymoit. Pétrarque en son langage ha fait sa seule afeccion aprocher à la gloire de. celui, qui ha représente toutes les passions , coutumes, façons et natures de tous les hommes, qui est Homère. Qu'a iamais mieus chanté Virgile , que les amours de la Dame de Garthage ? ce lieu seroit long , qui voudrait le traiter comme il meiïteroit. Mais il me semble qu'il ne se peut nier, que l'Amour ne soit cause aus hommes de gloire, honneur, proufit, plaisir : et tel, que sans lui ne se peut commodément viure. Pouroe est il estime entre les humains, l'honorans et aymans, comme celui qui leur ha procuré tout bien et plaisir. Ce qui lui ha esté bien aisé, tant qu'il ha ù ses yeus. Mais aujourd'hui , qu'il en est priué, si Folie se mesle de ses afaires, il est à craindre, et quasi ineuitable , qu'il ne soit cause d'autant de vilenie, incommodité, et desplaisir, comme il ha esté par le passe d'honneur, proufit, et volupté. Les grans qu'Amour contreingnoit aymer les petis et les sugete qui estaient sous eus, changeront en sorte qu'ils n'aymeront plus que ceus dont ils. en penseront tirer seruice. Les

petis, qui aymoient leurs Princes et Signeurs , les armeront seulement pour faire leurs besongnes, en espe* ranee de se retirer quand ils seront pleins. Car ou* Amour voudra faire cette harmonie entre les hautes et basses personne*, Folie se trouuera près, qui l'emp^schera : et encore es lieus ou il se sera ataché. Quelque bon et innocent qu'il soit , Folie lui meslera de son naturel : tellement que cens qui aymeront, feront tousiours quelque tour de fol. Et plus les amitiez seront^estroites, plus s'y trouuera il- de desordre quand Folie s'y mettra. Il retournera plus d'une Semiramis, plus d'une Bihlis, d'une Mirrha, d'une Canace, d'une Phedra. Il n'y aura Keu saint au monde. Les hauts murs et treillis garderont mal les Vestales. La vieillesse tournera son vénérable et paternel amour, en fols etiuueniles désirs. Honte se perdra du tout. II n'j aura discrecion entre noble, païsant, infidèle, ou More, Dame, maîtresse, semante. Les parties seront si inégales , que les belles ne rencontreront lesbeaus, ains seront coniointes le plus souuent auec leurs dissemblables. Grands Dames aymeront quelquefois cens dont ne daigneroient estre seruies. Les gens d'esprit s'abuseront autour des plus laides. Et quand les poureset loyaus amans auront langui de F amour de quelque belle : lors Folie fera iouir quelque auolé* en moins d'une heure du bien ou l'autre n'aura pu ateindre. le laisse les noises et querelles , qu'elle dressera par tout, dont s'en ensuiura blessures , outrages, et meurtres. Et ay belle peur , qu'au lieu ou Amour ha inventé tant de sciences, et produit tant de bien, qu'elle n'ameine auec soy quelque grande oisiuetë acompagnee dfigno-

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rance : qu'elle n'empesche les ieunes gens de suiure les armes et de faire seruice à leur Prince : ou de vaquer à estudes honorables : qu'elle ne leur mesle leur amour de paroles détestables, chansons trop vileines, îurongnerie et gourmandise : qu'elle ne leur suscite mile maladies , et mette en infinis dangers de leurs personnes. Car il n'y ha point de plus dangereuse compagnie que de Folie. Voila' les maus qui sont à creindre, si Folie se trouue autour d'Amour. Et s'il auenoit que cette meschante le voulust empescher ça haut, que Venus ne voulust plus rendre un dous aspect auec nous autres , que Mercure ne voulust plus entretenir nos alliances, quelle confusion y auroit il ? Mais i'ay promis ne parler que de, ce qui se fait en terre. Or donq, Iupiter, qui t'apeles père des hommes, qui leur es auteur de tout bien, leur donnes la pluie quand elle est requise, seiches l'humidité superabondante : considère ces maus qui sont préparez aus hommes, si Folie n'est séparée d'Amour. Laisse Amour se resiouir en paix entre les hommes : qu'il soit loisible à un chacun de conuerser priuément et domestiquement les personnes qu'il aymera, sans que personne en ait creinte ou soupson : que les nuits ne chassent, sous prétexte des mauuaises langues, l'ami de la maison de s'amie : que Ion puisse mener la femme de son ami, voisin, parent, ou bon semblera, en telle semrté que l'honneur de l'un ou l'autre n'en soit en rien offensé. Et à ce que personne n'ait plus mal en teste, quand il verra telles priuautez , fais publier par toute la Terre, non à sou de trompe ou par ataches mises aus portes des temples, mais en metantau coeur de tous cens qui

Ï)EB\T l.-.s Amans , <i\r

tes Amans, fvtîOk x»* est

»* penser queUju*. ï*ol" ^* OS - Sl,> le qo'ils votta.ltauciiu, que \ Ga \%n **" A -" r * si aurastnmis t magnifier pW, s «u. e ****■*.«:» auro„i ocasioa y etpour nous. Car ^ **■***■*«» , et feras beauz ^*$ do pleintos, qui ** **»**s auras deliure*

* faommos, d*B escJ ttnd ment nous «"mt

«* ™ onde - Ou fai*». ! X ' Gs ^ue Folle amou- F»« S « e nl'e stal ffu . . * *** «ymesmiewree**= D^ioe es< - s ; t *«« e*toient, enta»

^ fc *». «t ffcfcre* 1^*^«e pouuoir)de - ^ t Ù ma Prière , et "** ^^ qu'à ton ccm- ^«rjn«.ci ta ot eh^ ^«^oor de Venus, !«•„. et „. ^"° tous ^* y *'» e <'.«I»--le"

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. P^nt h, -,,-*T l ° ■*■«»»- *** *î«e tos fiiwans ..^.-c-t-oi^ ** «**» «K e de Folîe * Ceci

r *J* ill ' l "î.u Pc ' A ' | Ur » «*» ** ae " à venir. Iupiter ■^ «rt vous De ***^»»e i ' Comme a Gt Ies

m=m Mrmt h V'o»» ° Ss «s ^ ". ' v ousape1le,voas

g.^ fauev»r- s *"*** "^"°*o?jï *»i»t aue» porté et p je «perp,. ** "J'el^ e **«lro.t ou lui pou- '^,»i»l a plu a *?**** «*«* ,^** e * wçnefc Maïs de Ç-^»*** TM'e^Q * !, *e ^^ y> lupiter? laisseras ** *** «5^ **^esses ? n'auras tu

^° , »*e enfant dîne de

meilleure fortune? Aurons nous perdu nos veuz et prières? Si celles des hommes te peuuent forcer, et t'ont fait plusieursfois tomber des mains, sans mal faire, la foudre que tu auois contre eus préparée : quel pouuoir auront les nôtres , ausquels as communiqué ta puissance et autorite ? Et te prians pour personnes, pour lesquelles tojmesme (si tu ne tenois le lieu de commander) prierois* volontiers : et en la faueur desquelles (si ie puis sauoir quelque secret des choses futures) feras, possible, après certeines reuolucions, plus que ne demandons, assugetissant à perpétuité Folie à Amour, et le faisant plus cler voyant que nul autre des Dieus. I'ay dit.

Incontinent qn'Apolon ut fini son acusacion , tonte la compagnie des Dieus par un frémissement, se montra anoir compassion de la belle Déesse là présente, et de Cupidon son fils. Et ussent volontiers tout sur l'heure condamné la Déesse Folie : Quand l'équitable Iupiter par une mageste Impériale leur commanda silence, pour ouir la défense de Folie enchargée à Mercure, lequel commença

à parler ainsi :

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