Diogene auec son tonneau; et Aristippe qui se pensoit
grand Filozofe, se sachant bien ouyd'un grand Signeur, page 5a.
— Diogène et son tonneau sont connus de tout le monde. Quant
à Aristippe, on sait aussi que ce philosophe mercenaire, habile
à s'accommoder aux temps, aux lieux et aux personnes, souffrit
de la part de Denys le tyran , dont il étoit le flatteur, des avanies
qui lui attirèrent les railleries de Diogène ( Voy. Diogene Laërce ,
1. II). Horace a loué le caractère souple et facile d' Aristippe,
qui le rendoit heureux dans tous les états et dans toutes les
positions de la vie :
Omnic Arifttippom decoît color et status et res.
(Epiât. 1, 17, aa.)
7a.— Ceus qui font des maisons au Ciel f même page. — Les astrologues qui prétendent connoître l'avenir d'après la position des astres. On appelle maisons les douze signes du zodiaque que le soleil parcourt successivement chaque année.
y 3, —Ces getteurs de points , faiseurs de characteres , même page. — Les devins, les magiciens, qui se livrent à des calculs divinatoires , ou qui tracent des caractères magiques.
7-4» —"■ Combien dureroient peu aucuns mariages , si la sottise
des hommes ou des femmes laissoit voir les vices qui y sont ,
page 53. — Cette phrase est l'abrégé d'un passage beaucoup plus
étendu de l'Éloge de la Folie d'Érasme : « Grands Dieux! com~
« bien arriveroit-il de séparations, et bien pis encore, si l'union
« de l'homme et de la femme n'étoit soutenue, n'étoit fomentée
« par la flatterie, parles divertissements, par la complaisance,
« par les détours, par la dissimulation, tous gens de mon es-
« corte et de ma suite?. Ah! qu'il se feroit peu de mariages, si
« l'amant avoit la prudence de bien s'informer du jeu que sa
« petite maltresse, qui parolt si délicate, si honteuse, si neuve,
« a joué longtemps avant les noces! Pour les mariages déjà
NOTES. i 7 5
« contractés, ce seroit bien un autre train. Que de séparations, « si la négligence ou la bêtise des maris ne les aveugloit sur la « vie secrète de leurs épouses! On traite cela de folie, et on a « raison ; mais c'est pourtant cette même folie qui fait que la « femme plaît au mari, et que le mari plaît à la femme, que « la maison est tranquille, et que les alliances se maintiennent. « On fait les cornes à un mari, on le nomme cocu, commode, « et je ne sais quel sobriquet on ne lui donne pas hors de chez « lui ; pendant que 1e bonhomme console sa chère moitié , et « boit, par ses tendres baisers , les larmes hypocrites del'adul- « tère. Cela ne vaut-il pas beaucoup mieux, que de se consumer « en chagrin, que de faire du vacarme et du tintamarre, en s'a- « bandonnant à la jalousie? » (Trad. de Querlow.)
75.— Dequoyuiur oient tant d'Auocats, Procureurs, Greffiers, Sergens, luges, page 54- — Owen a dit après Louise Labé (1. r, ép. i5) :
Ulceribus, Galène, vales tantummodo noatris : Stultitia nostra , Jastiniane , sapis.
Ta sagesse , 6 Barthole , est l'humaine folie ; Galien, ta santé» c'est notre maladie.
(De KiaivàLANT.)
Voy.pag. 46 et 47 du recueil piquant et varié, imprimé à Lyon en i8i9eti82i, in-18, sous ce titre :Épigrammes choisies d'Owen, traduites en françois par M. de Kérivalant , publiées par M. de Labouïsse. Boileau a dit aussi :
Des sottises d'autrui noua vivons an palais.
(Epit. II.)
76. — Qui verra un homme enfariné auec une bosse derrière entrer en salle, ayant une contenance de fol , même page. — Ce portrait rappelle celui de Triboulet , fol de Louis XII , et ensuite de François I. er , par Jean Marot, père de Clément, dans sa description du voyage de Venise de Louis xii, en i5oç>:
Triboulet fut un fol , de la teste eacorné ,
Aussi saige à trente ans , que le iour qu'il fut né :
Petit firent tt gros yeulx , nés grant , taillé • rote (voate) > Estomac plat et long, haut dos a porter hôte, Chascun contrefaisoit , chanta , dança > prescha , Et de tout si plaisant, qu'onc homme ne fascha.
77. — Comme le saut des bergers , qu'ils font pour V amour de leurs amies, page 55. — L'édition de i556, in-8.°, porte amis; c'est peut-être la véritable leçon.
78. — Telles sont les Tragédies que les garçons des vilages premièrement inuenterent , même page. — Voy. Horace (de Art* poet. y. 275-7); et Boileau (Art poétique, ch. ni).
79.—- Comme disoit quelcun , leurs pie s et mains parlans t page 56. — Ce quelcun est bien certainement un ancien. « On ferait, « dit Bayle (art. Pilade, Rem. E ), un gros recueil, si l'on en- « treprenoit de rassembler tous les passages où les anciens ont « heureusement exprimé le langage manuel des pantomimes; « contentons -nous de mettre ici ce latin de Cassiodore : His « sunt addftx orchestarum loquacissimse manus, linguosi digiti, « silentium clamosum, expositio tacita, etc. » Il paroît que la pantomime fut portée dans l'antiquité au plus haut degré de perfection. La danse en étoit un accessoire, comme aujourd'hui; mais la chironomie , ou l'art des gestes, qui peut seule exprimer tous les mouvements de l'âme , en étoit la partie principale.
80. — JWestoit ce pas un plaisant combat d'Antoine auec Cleopatra, à qui dèpendroit le plus en un festin/ même page.— L'anecdote à laquelle il est fait allusion en cet endroit est rapportée par Pline l'ancien (Hist. nat. , ix, 58).
81. — César se fachoit qu'il n'auoit encore commence à troubler le monde en l'aage, qu'Alexandre le grand en aueit vaincu une grande partie , même page. — Voy. Suétone (in Jul. Caes. c. 7).
82. — Combien Luculle et autres, ont ils laissé d'imitateurs, page 57. — Le mot laissé a été omis dans l'édition de 1762.
83. — Mettre ponts sur les mers {comme Claude Empereur), même page.— Je crois que notre aimable savante se trompe ici,
et qu'elle confond Claude avec Caligula. L'histoire ne parle d'aucun pont mis sur la mer par Claude, tandis qu'elle flous apprend que Caligula en éleva un de 36oo pas, pour aller de Bayes à Pouzzoles. Ce pont éloit formé d'un double rang de yaisseaux attachés avec des ancres , et recouvert d'une chaussée qui imitoit la voie Appienne. Voy. les détails que donne à ce sujet Suétone (in Caligul. c. 19 et 32).
84. — En receuant une pomme comme Cydipee , page 59. — Il falloit écrire Cydippe. Aconce (ou Acontius), jeune homme de l'île de Cée, d'une rare beauté, mais peu favorisé de la fortune, étant allé à Délos pour sacrifier à Diane, vit, dans le temple de la déesse, une jeune personne d'une beauté ravissante, nommée Cydippe. Mais jugeant que sa fortune et sa naissance mettroient un obstacle à son bonheur, il grava sur une pomme ces mots: Aconce, je jure par Diane de n'être jamais qu'à vous. Cydippe, aux pieds de laquelle il a voit fait rouler la boule, la ramassa, lut cet écrit sans y penser, et s'engagea de même : car une loi obligeoit d'exécuter tout ce qu'on promettoit dans le temple de Diane. Cependant Cydippe étoit promise en mariage à un autre ; mais , toutes les fois qu'on vouloit la marier, elle étoit attaquée d'une fièvre violente, en sorte que ses parens furent obligés de la donner à Aconce. (M. Noël , Dict. de la Fable.) La x. c épître du liv. 1 d'Aristenète roule sur cette histoire, et la xx. e héroïde d'Ovide est censée écrite par Aconce à Cydippe.
85. — En lisant un liure , comme la Dame Francisque de Rimini , même page, r— Voy. le Dante ( la Divina Commedia , ch. V).
86. — Comme le ieune Gnidien t qui ayma Veuure fait par Praxitelle , même page. — L'histoire de ce jeune Cnidien (et non pas Gnidien) , et du moyen dont il se servit pour assouvir, la passion que lui inspira la statue de Vénus faite par Praxitèle, est racontée avec beaucoup de détails dans le traité des Amours de Lucien. Voy. la traduction de ses œuvres , par Bclin de Ballu
(tome W, pages 558 et suiv.). Voy. aussi les antres auteurs cités par Larcher (Mémoire sur Vénus, page 116).
87. — Tel feu estoit celui de JVarcisse, page 59.— Voy. Oyide ( Metam. m, 407 et seq.)
88. t— Qu'ils se prennent à leurs Filozofes t qui ont estimé Folie estre priuacion de sagesse , et sagesse estre sans passion , page 60. — Cette définition appartient aux stoïciens, et Érasme le dit formellement dans le passage suivant de l'Encomium Moriae, que Louise Labé paroît avoir copié : « Etenim cum stoïcis defi- « nitoribus nihil aliud sit sapientia, quam duci ratione: contra « stultitia, affectuum arbitrio moveri, ne plane tristis ac tetrica « esset hominum vita. » (Page aa. )
89.— JLyant discouru mile bons heurs t qui passeront bien loin des cotes , même page. — Expression proverbiale que je n'ai vue nulle autre part.
90. — Escrire sur le bout de la table auec du vin , entrelasser son nom et celui de s* amie f page 61.
Blanditiaique levés tenui perscribere vino, Ut dominant in mens* se légat illa tuam.
(OviD. de Arte ara. i, 571— a.)
91. — Tousiours refusent ce qu'elles foudroient bien que Ion leur otast par force t page 64»
Fa?mina sœpe negat id quod habere cupit.