Sans votre ardeur d'un Vulcan exeurer
Sans la beauté d* Adonis acuser, même page.
C'est-à-dire, sans que votre ardeur soit rendue excusable par la circonstance que vous auriez un Vulcain pour mari, sans que vous ayez à alléguer, pour vous justifier, la beauté extraordinaire de votre amant..
159. —La fin de ce sonnet rappelle celle de l'Héroïde d'Héloïse à Abailard, par Colardeau :
Et que le voyageur, pleurant notre mémoire , Due: lU s'aimèrent trop, ils furent malheureux ; Gémissons «or leur tombe, et n'aimons pas comme eux.
A LA LOVENGE DE LOVÏZE LÀBÉ LIONNOI2&E.
160. —Il existe un grand nombre de poètes qui, comme Louise Labé, ont fait imprimer avec leurs vers ceux qu'on leur avoit adressés : c'etoit même de son temps une coutume assez généralement suivie. Les amis de l'auteur célébroient à qui mieux, mieux ses talents et ses ouvrages , et on décoroit de leurs pompeux compliments les premières pages du recueil. Il n'est presque aucun des livres publiés dans le seizième siècle, qui ne soit précédé de pareils éloges ; mais on ne les plaçoit pas toujours au commencement du volume : on les réunissoit quelquefois à la fin. C'est ainsi, pour citer un exemple analogue à celui de Louise Labé, qu'à la suite des Rymes de gentile et vertueuse dame Pernette du Guillet, lyonnoise, Lyon, Jean de Tournes, i545, in -8.°, l'éditeur, Antoine du Moulin, maconnois , rassembla les épitaphes qui avoient été faites pour cette dame, morte peu de mois auparavant, par Maurice Sceve et quelques poètes anonymes. Louise Labé, plus heureuse, a été chantée de son vivant; et ce ne fut sans doute qu'en faisant violence à sa modestie, pour satisfaire le désir de ses amis et se conformer à l'usage , qu'elle se décida à publier avec ses œuvres les pièces composées à sa louange. Nous devons lui en savoir gré : plusieurs de ces pièces renferment des détails précieux, et quelques-unes ont un mérite réel sous le rapport de la poésie, telles que l'ode grecque et l'ode latine, la pièce , O ma belle rebelle (page 118), l'ode d'Olivier de Magny (page îai), et enfin celle qui termine la collection (pages i3a et suiv.)*
NOTES. i99
Les éditeurs de 176a, et celui de Brest, 1815, ont bouleversé l'ordre que ces différents morceaux ont dans les éditions primitives : nous Pavons , au contraire , religieusement conservé. C'est un monument antique dont nous avons voulu reproduire une copie fidèle.
E1Z ÛAAS AOISHS AABÀIAS. (Page io3.)
161. —Le mètre de cette ode, dont l'auteur ne s'est pas nommé, consiste dans le mélange alternatif du grand vers héroïque et du vers iambique de quatre pieds. M. Servan de Sugny, jeune poète lyonnois, connu par une élégante traduction de Théocri te, que j'ai déjà eu occasion de citer, en a fait, à ma prière, l'imitation suivante :