FIN DES NOTES
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ENTRODCCTIOX.
U N Glossaire des vieux mots ew&-A*vT+x jh* Luuh* Luî#t a été jugé indispensable pour la pari**i£ '^jy-.'^.j^rwjt de ses œuvres. Peu de personnes connolksent r*v..j»m langage, et, parmi celles qui le connoissent, la ploput n'eu ont qu'une teinture légère, qui ne les empéch*roit pas d'être plus d'une fois embarrassées en lisant notre nouvelle édition, image fidèle, quant au tri te , de celles qui ont paru du vivant de Fauteur,, en j'xo et i556. J'aurois pu me contenter de donner dan* W»t notes l'explication des mots qui sont tombes en d**n4-
a58 INTRODUCTION
tude ; mais cette méthode n'eût pas eu la commodité qu'offre un dictionnaire , où, grâce à l'ordre alphabétique, on trouve en un instant la solution des difficultés de ce genre, dont on désire l'éclaircissement. J'ai cherché à sauver la sécheresse presque inséparable de ces sortes d'ouvrages, au moyen de quelques citations choisies avec soin et discrétion dans les auteurs contemporains, et de quelques remarques littéraires que j'ai glissées çà et là. Je n'ai pas regardé le travail qui m'étoit imposé, comme tellement sérieux, que toute espèce de digression me fût interdite : j'ai pensé, au con-, traire , que de légères excursions dans le vaste domaine de la philologie m'étoient permises , ou du moins qu'elles me seroient pardonnées , pourvu qu'elles ne fussent pas trop fréquentes. J'ai ajouté presque à chaque mot l'indication fbs origines "qu'on lui assigne, sans remonter toutefois trop haut, et sans me livrer à une discussion approfondie. L'étymologie est une partie importante de la lexicographie : elle détermine souvent , d'une manière plus précise que toute autre explication , le véritable sens, la véritable acception d'un mot *. J'ai indiqué enfin les anciennes expressions que notre langue doit regretter, et celles que quelques-uns de nos auteurs modernes ont essayé de rajeunir.
On a sans doute remarqué que l'orthographe suivie par Louise Labé, ou plutôt par Jean de Tournes, mais
* C'est ce que fait sentir l'origine du mot même à'étymologie ; il est, en effet, tiré de deux autres qui appartiennent à la langue grecque, etumos , vrai, et logos, mot, diction.
adoptée par elle , diffère essentiellement de l'orthographe usitée aujourd'hui : elle différa même 9 en beaucoup de points , de celle qui étoit alors le plus généralement observée. A cette époque, les Meygret et les Peletier* s'efforçoient de mettre en harmonie l'orthographe et la prononciation ** 5 et on trouve des traces
* Louis Meygret avoit publie les ouvrages suivants : i.° Traite touchant le commun usage de l'écriture françoise, Paris, i545, in-8.° ; a.° le Menteur ou l'Incrédule de Lucian , traduit du grec : auec une escriture quadrant à la prolation françoise, et les raisons, Paris, i548, in-4«°» 3.° Défenses touchant son liure contre les censures et calomnies de Glaumalis' ( de Vezelet, c'est-à-dire, de Guillaume des Autels), Lyon, i55o, in-8.°; 4-° Tretté de la Grammere Françoese , Paris , même année , ' in-4. ; 5.° Réponse à l'Apolojie de Jaqes Peletier, Paris, Ghrestien Wechel, même année et même format; 6.° et enfin, Réponse à la dézesperee Réplique de Glaomalis de Vezelet, transformé en Gyllaome des Aotels, Lyon, i55i, in-3.°. Jacques Peletier du Mans avoit pareillement publié ses Dialogues de l'ortografe è prononciacion françoese, auec une Apologie à LoysMeigret, Poitiers, Enguilbert deMarnef, i55o, et Lyon, Jean de Tournes, i555, in-8.°
** Peletier et Meygret n'étoient pas d'accord sur tous les points, et cela devoit être : le premier prononçoit le françois à la normande, et le second, à la lyonnoise. Avant eux, Geoffroy Tory de Bourges, en i5aç;, et Jacques du Bois, dit Sylvius, en i53i, avoient déjà voulu réformer l'orthographe: ils ail oient même jusqu'à proposer de nouveaux caractères. Voy. l'abbé Goujet, Biblioth. franc, (tome I, pages 80 et suiv.). On a fait dans le siècle dernier de semblables tentatives qui n'ont pas non plus fait fortune.
s4o INTRODUCTION
de leurs innovations dans la manière dont Louise Labé écrit un grand nombre de mots. Je n'ai pas cru devoir les indiquer toutes dans le Glossaire, de peur de le grossir outre mesure -, mais , pour y suppléer , je vais faire connoître sommairement, avec autant d'ordre qu'il me sera possible , les différences générales qui existent entre l'ortbograpbe de Louise Labé et l'orthographe actuelle. C'est l'objet principal de cette introduction. Je dirai même quelques mots sur les accents et sur la ponctuation *.
I. Louise Labé retranche souvent les lettres doubles : ainsi elle écrit , par exemple 9 avec un seul b , abatre ; avec un c, acointer, acompagner, acord, acuser; avec une y, afaire, afliger, dificile, efct, efroyant, soufrir, sufire ; avec un g 9 agrauer; avec une /, Achile **, aliance, alumer, Apolon, il falut,fole (féminin de fol ) , gentilesse , gentile ( féminin de gentil ) , mile (mille, nom de nombre), mole (féminin de mo/j, quereler, renouuelé , çilage^ vile; avec une tw, flame, enfiamer; avec un n, apas, apeler, laperçqjr^ aprendre 9 ap roche ,/ râper; avec une s 9 Parnasien ***; avec unf,
* Ces observations empêcheront qu'on ne prenne pour des fautes d'impression certaines manières décrire , d'accentuer et de ponctuer , contraires à l'usage actuel.
** Voy. ce mot dans le Glossaire.
*** Les grecs écriv oient de même Parnasos avec une seule s; mais cette lettre, dans leur langue , ne prenoit pas le son du z, lorsqu'elle étoit placée entre deux voyelles, et, pour parler comme les grammairiens , elle sijfloit toujours.
atacher, ataquer, atendre, atendrir, atealer, a tirer , batu, permetez, etc., etc. *
II. Elle retranche aussi comme inutiles, c'est-i-dîre comme ne se prononçant pas de son temps, certaines lettres, telles que a dans saouler et Satne, qu'elle écrit soûler et Sone ; h dans subtil, qu'elle écrit tutU **; e dans acquitter, acquérir, sçauoir, sçu, qu'elle écrit aquiter, aquerir, saueir,su; d dans pied, à pie ; le d qui précède Ys daus certains pluriels, comme grani pour grands, vers pour eerds, hors, broears, chaut, piez, regars, au lieu de bords, brocards, chauds, etc.; l'e muet dans les mots suivants et autres semblables qu'elle orthographie quelquefois ainsi, soit dans ses Ters, soit même dans sa prose : V emploirajr , il emploira, il oublira, vous otroiriez, ie priraj-, il remercira,pajrmenf*, durtè , seurté (sûreté), assoir, Cassais; g dans eyite, dinc ****, diniti, fortement , iadiae, indiiuicion, doits,
* lit b, au contraire, est doublé" dans roibt, robbn (petit* robe), robbtr (dérober) ; VI dans comtroUtur, polit (plia), Pruxitellt, roullant , lalltnttal; l'a dans Babilammt, Gargavu; U p dans cappe, etc.
** Voy. ce mot dans le douaire.
***Ce retranche ment de l'e muet, encore ui té de no* jour» dans quelque! mots par les poelea, appartient i la Egare que les grammairiens appellent lyncopr. Thomu Sîbîlct ( Art poétique françois, i548, in-8.°, chap. Ti) voulait qu'on loi douait le nom à'npoilrophe , parce qu'il mettoit une apostrophe i la place de l'e retranché; U ciloit les drox .Imfl-i iu*ut>: pay'n
pour cygne, dignité, dignement, indigne, indignation , doigts; h dans abit *, Itaque, Hiacinte, lut, Rone , au lieu d' * habit, Ithaque, Hyacinthe, luth, Rhône; p dans tems, passetems , printems, au lieu de temps, etc. , pront, te, domter; elle ne met point d's finale (et en ceci elle se conforme à un usage qui existait avant elle et qui a subsisté encore long-temps après ) à la première personne singulière du présent de l'indicatif des verbes non terminés en e muet : ie condui, ie crein , ie crqy, ie choisi, iefajr, ie m*esbahi,ie desten, ie ten, ie di, ie me plein, ie sen, ie sui, ie çqjr, non plus qu'à l'imparfait des mêmes verbes , condui , crein , crojr , choisi, fay, etc.; elle retranche quelquefois la même lettre à la première personne de l'imparfait : Calloy , ïauoy, îestoy **; elle omet le t final dans les pluriels,
« nonciation françoise, commande d'oster la lettre g des pa- « rôles esquelles elle ne se prononce, comme en ces mots (dit-il) « signifier, régner, digne : quant à moy , ie ne les prononçay « iamais qu'auec le g.» (Estienne Pasquier, Lettres, livre in, lettre 4 » à M. Ramus ).
* Remarquons, une fois pour toutes, que Louise Labé n'est pas toujours constante dans sa manière d'écrire tel ou tel mot: par exemple, ce mot abit est écrit sans A dans un endroit de ses oeuvres , et ailleurs il s'y trouve avec cette lettre i nabis ou habits (au pluriel).
** Louise Labé ne faisoit en cela que suivre la régie alors reçue. Ce n'est que par licence que Mârot et quelques autres poètes mettoient une s à la fin des premières personnes des verbes : licence à laquelle Ronsard (Abrégé de l'Art poétique) donnoit son approbation, lorsque le verbe finissoit par une voyelle
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mêmentà leur étrmuioek- laitue .. atzue. «r r^^j
ciou^ eaxjporociom m mcnclan m ocupacum* pff^Vrr-wc , recreacion n smgecciom* etc. * i d est pour i dan* ii ruù prétérit défini du verbe voir ** ; « pour dans capiieint*
ou mie diphthongue , et que le mot snirant 1 iiminroit de même, comme Callois k Tours pour Colley k Tours; ie pariois à madame t pour te parloy k m a dam e; mais que Thomas S&bilei (Art poétique françois, chap. lx) atoit, quelque* années auparavant, condamnée d'une manière expresse. On dirait aussi festoyé ou Vestoie , Vaimeroye , i« diroye , te vomdroye , imparfaits que Ronsard, à l'endroit cité, appelle 4e pteiur varies picards, et qu'il défend aux poètes de rejeter: « Car, dit- il f « plus nous aurons de mots en notre langue, pins elle sera « parfaicte , et donnera moins de peine à celuy qui Toudra pour « passetemps s'y employer. » On lit quelque part dans Louise X*abé, ie pensoye.
* Dans un grand nombre de livres publies dans le XTI.* siècle, les mots termines en tion sont écrits de cette manière. ** Vby. le Glossaire, au mot VfD.
a44 INTRODUCTION
certein, ne, contreindre , creindre, dedens, dens, es-
criuein, espouuenter , fonteine , hautein , ne, humein, ne , louenge , meint ,te, meintenant , menger , p teindre , revi£ 9 renger, Rommein, souuerein, treine , trenché, çeincre , pî/eûi , etc. ; pour <u dans f i# ^cez , £/ wre/ , r/er , *r*, clerement, lesse (laisse, corde), per (une paire), espesseur, gresse, fret, et pour « dans euure, meurs , seur ; ei pour e dans seicher, ïameine, meute, promeine ; eu pour rf dans asseurance , sewr ( sûr ) , asseurer, s'asseurani; f pour pA dans filozofe , Njrnfe , trlonfe, trionfer, trofee ; g pour £ consonne dans assugettir, getter , magesté , o3gef ( ailleurs obiect ) , sugeccion , suget; i pour j* dans abîme, brûlant, Ciprien, égaler, essaier, ennuieus, Hiacinte , la ville de Zrîo/i , Lionnois, lire 9 llrique , martlre , mirte , paï* , païsant, Satire (demi-dieu), /Aî/i (thym), Zephire, Zopire , etc.; pour a» dans poure, poureté, pourement ; oi pour oe dans descoiffer; q pour c dans focs (lacets), donc, onq, pûbllq, quojr,jre (ailleurs cojr\jre, tranquille); 5 pour c dans garse (ailleurs gàrce, jeune fille), garsonneau, far se, per sa (il perça), plnse (il pince), sep, sime terre, soupson, soupsonner, etc.; ss pour c dans entrelasser , menasse, menasser; s pour # dans les mots terminés en eux, aux, oux, soit singuliers, soit pluriels : aus, animaus , ceus , cieus , chous, courrous , couteaus , deus , dous , eus, lalous , merueilleus, mleus, tu peus, taureaus, trauaus , etc.*, et dans les mots suivants: estreme,
* Voy. le chapitre Civ des Observations de Ménage sur la langue françoise, Paris, Claude Barbin, 1672, in- 12. Ce eu-
fauls , flus et reflus, pris, etc.; / pour d dans ton m'atent (l'on m'attend), chaut, diferent (différend), il entent , il entreprent , froit , hazart , mignart , il prent, tart, vieillart ; u pour eu dans abruuer, tu, tu uz, il ut, tajr h, tu as u, il ha U) que tusse, que tu usses,
juil ust;jr pour i dans i'ajr, ajrder, ajrmer, iejeraf, Voujr (j'entendis), ie rendra?, ie fajr ( ailleurs iefais\ ie crqjr ( ailleurs ie crois ) 9 ie sajr , ie çojr , et autres semblables, et dans amjr, g^f^jre, ioljr, mojr, tojr^sojr^ mojrne , misanthrope , /y ( négatio n ) , projre, rojr, rojrne, sjrrene, trajrtre, trajrtrement , vojre, vrajr,jre*i f z'pyùx s dans filozofe, Lionnoize, Louïze, tu fuz , tu languiz , ie suizj ie viz (ailleurs ie sujr, ie vy), et à la fin des pluriels, par exemple, dinitez, ennuiz, enseueliz, Hz (on trouve plus souvent ils), influz* liez et uniz ensemble , molz , nuiz ( nuits) , parfumez , qualitez, etc.**; z pour x dans dizième.
rieux chapitre est intitulé : « D'où vient qu'on écrit par un x « deux t dieux t mieux, travaux , animaux, et autres mots sem- « blables. »
* « En beaucoup de dictions l'y grec est escrit plus par « coustume ou ignorance , que pour raison qu'en sçust rendre « l'escriuain ou l'imprimeur.» (Thomas Sibilet, Art poétique francois, chap. Vin).
** Le z étoit, aussi bien que 1'*, la marque du pluriel; mais on n'employoit pas indifféremment l'une ou l'autre de ces lettres. Voici une règle que donnoit à cet égard Bonaventure des Periers , règle qui néanmoins n'est pas toujours très scrupuleusement suivie dans l'édition dé ses œuvres, publiée après sa mort par Antoine du Moulin , mAconnois :
IV. Avant Louise Labé et de son temps , on ne distinguoît que par la prononciation Yi consonne de Yi voyelle; il en étoit de même de l'a, du moins dans le milieu des mots; car, lorsqu'étant consonne, il se trouvoît au commencement, on se servoit communément du v. L'a ëtoit encore moins distingué du v dans les lettres capitales , ou plutôt il ne l'étoit pas du tout : pour l'un et pour l'autre , on ne faisoit usage que du V capital. Ainsi , on trouve , pour citer quelques exemples , dans les écrivains de cette époque : auare, auec , desià (déjà), ialoux, iamais, ieunesse, iusques, iniure, tespouuante, ie conuien, preuûe, reuûe, ie freinte, suruenir, tousioursy etc. , et non avare, avec , jaloux , jamais, etc. ;
IVPITER, VENVS, AMOVB, LOVÏZE, etc. , et non JUPITER,
Vénus , AMOUR , LOUISE. On fait honneur à Pierre Ramus , ou de la Ramée , de l'invention du v et du j , qu'on rencontre, en effet, pour la première fois, dans sa Grammaire latine, imprimée dès i55y. «Mais, comme le « remarque l'abbé Goujet (Bibliotb. franc., tome i, « pag. 44)3 ^ & u t convenir que le même Ramus n'a