‹ Examen analytique et tableau comparatif des synchronismes de l'histoire des temps héroiques de la GrèceChapitre 69 sur 77 · CCXCVIII · texte numérisé non relu

CCXCVIII

A l’article xxm, Arcas, xii — 27, épouse Leanira, xxiv — 25. Mais, dans l’opinion contraire, Arcas, considéré comme petit-fils de Nyctimus , et placé en conséquence au degré 44 * col. LIX » auroit épousé Leanira à cent quatre-vingt-dix ans de distance.

A l’article xxiv , Hyperippe , xiv — 24 , fut mariée à Endymion II, xlii — 25. Dans l’opinion contraire, Hyperippe, devant naître au degré 4 ** auroit épousé Endymion à cent soixante ans de distance.

A l’article xxvi, Alcidice, xiv — 17, fut mariée à Sàlmoneus , fils d’ÆoLUS II, XLViii — 19. Dans l’opinion contraire , Alcidice , devant naître au degré 3 5 , auroit épousé Salmoneus à cent soixante ans de distance.

A l’article xxvii , Echemus , x — 8 , épousa Timatidra, xxm — 6. Dans l’opinion contraire, Echemus naîtroit au degré 25,4 cent soixante-et-dix ans de distance.

A l’article cxvm , Apis, fils deJason, xi — 22, fut tué par Ætolus II , xlii — 22, aux jeux funéraires qui furent célébrés en mémoire d’Azan , xm — 23. Dans

Traduction

front. d'Apol-

lodorc, rom. Il, pag. 49° ■

Animadvert.

ad Eutei. ann.

DXXXll, pag.

188 EXPLICATION MÉTHODIQUE l’opinion contraire, Azan seroit né au degré 4 °. coi. lix . cent quatre-vingts ans avant son meurtrier.

A l’article cxix, Stymphalus , viii — 21, fut tué en trahison par Pelops, xxxiv — 1 8. Dans l’opinion contraire, Stymphalus, devant naître au degré 38, auroit été antérieur de deux cents ans à la naissance de Pelops.

A l’article cxl , Hyllus, iii — 5 , fut tué par Echemus , x — 8. Dans l’opinion contraire , Echemus, devant naître au degré 25, auroit été antérieur à Hyllus de deux cents ans.

Nous avons vu, à l’article ccv, que Triptolemus , xxxvm — 27, étoit venu enseigner la culture des terres à Areas, xir — 27. Dans l’opinion contraire, Areas; devant naître au degré 44 » auroit été antérieur à Triptolème de cent soixante-et-dix ans.

Il est essentiel de remarquer ici que les élémens qui démontrent cet anachronisme , sont puisés dans le texte même de Pausanias , dont M. Clavier et d'autres savans s’étoient autorisés pour établir qu’Arcas étoit petit-fils de Nyctimus.

Les auteurs de l’opinion que je combats , surtout Scaliger, pour rabaisser l’époque de Nyctimus à l’an 1490, prétendent que Nyctimus et Deucalion étoient contemporains, et que ce fut sous le règne du premier qu’arriva le

déluge connu sous le nom du second. Mais , par i’emptoi du fragment de généalogie tiré du scholiaste d'Euripide, on voit que Nyctimus a dû naître au degré xm — 52, i’an 1710, et qu’il étoit antérieur de cent quatre-vingt-un ans au déluge de Deucalion , fixé à i’an 1 5 29 par la date exprimée dans les Marbres de Paros et dans les preuves données aux articles relatifs à cette époque fondamentale.

A l’article cclvjii , nous avons vu qu’ARAS, xxii — 36, antérieur de trois générations à Pelasgus , fils d’Arcas, x — 24 1 étoit, suivant Pausanias, contemporain de Prometheus, xlii — 43- Dans l’opinion contraire, si l’on comptoit trois générations avant Pelasgus, qui devroit être placé au degré 4 * » col. lix , l’époque d’Arcas remonteroit cinquante ans avant la naissance de Prometheus.

Le traducteur français d’ApoIIodore a fixé arbitrairement l’époque de .Nyctimus , de manière qu’il le suppose contemporain d’ABAS, iv — 29. Il a donc placé en conséquence à l’an 1420 l’époque d’Arcas, qu’il présente d’ailleurs comme contemporain de Danaé. Toute l’histoire se trouveroit alors bouleversée, et, pour le démontrer, il suffit de l’époque d’Arcas, fixée, suivant les principes du traducteur, au degré 22 , année x 4 1 °» C °L ux.

Dans cette supposition , Areas, âgé de cinquante ans au degré 22 , aurait pu épouser Leanira, xxiv — 25 , âgée de trente ans ; mais alors Pelasgus son fils , x — 24 ,

Diuvurs prclimin. pag. }4 • net. 1.

Lotit citai.

Lit. V, l,f>. fjj.

Ap. Photium , Narrai. 14.

Lit. VIII, p.

)S7iX.p. 4^).

190 EXPLICATION MÉTHODIQUE n’auroit pu naître de cette Leanira , et toute ia ligne descendante d'Arcas se trouveroit fixée à des degrés incompatibles avec. ceux des personnages qui leur sont comparés dans le Tableau. * . • •

Il faut abandonner la suite de ces confrontations à 1 a curiosité de ceux qui voudront comparer les effets du synchronisme établi entre Areas et Danaé par le traducteur français d’Apollodore, dans sa Digression sur les Pélasges et dans son Histoire des anciens temps de la Grèce, et long-temps avant lui par Scaliger et Fréret, qui n’ont jamais examiné la question dans ses détails.

La contradiction qui paroît régner entre les divers témoignages des anciens, relativement à la date de la naissance d’Endymion , montre qu’il dut exister deux rois de ce nom , dont chacun fut père d’un Ætolus différent, et que , par cette raison , l’un étoit petit-fils de l’autre. Suivant Pausanias , un Endymion eut pour fils Pæon, Epeus , Ætolus, avec une fille nommée Eurycyda. Suivant les extraits de Conon, l’Endymion dont celui-ci parle n’eut qu'un fils et une fille , savoir, Ætolus et Eurypyle. Cette différence indique assez qu’il s’agit de deux Endymion très-distincts. A cette difficulté se joignent plusieurs considérations qui confirment les moyens que j’emploie pour la résoudre.

Suivant le témoignage de Strabon , un Ætolus fils d’Endymion fut chassé de i’Élide par Salmoneus fils d’un Æolus. La mort d’Azan fils d’Arcas, xiv — 23, a pu coïncider avec la date de cet événement ; car , suivant plusieurs auteurs, le meurtre d’Apis fils de Jason , qui a été traité à

l’article cxvm , fut indirectement cause de l’émigration de ce roi.

Ces deux indications, combinées avec la généalogie des Æolides, doivent donc fixer à l’an 1340 l’arrivée de Salmoneus, xlviii — 19 , âgé de quaranteans, dans le Péloponnèse ; et c’est effectivement à cette époque environ qu’il aura épousé Alcidicç, fille d’Aleus, roi d’Arcadie, xiv — 17, comme on l’a vu à l’article xxvi.

Comment ce Salmoneus, marié à Alcidice vers l’an 1 340 , auroit-il pu chasser un Ætolus, xlii — 28, qui, comme second arrière-petit-fils de Deucalion , dateroit nécessairement de l’an 1470, d’après les preuves multipliées de la vraie date du règne de son bisaïeul?

Le degré que doit occuper un Ætolus, est donc fixé à l’an 1410 par le synchronisme incontestable qui le fait correspondre avec la date de la mort d’Azan, roi d’Arcadie, et avec celle d’Alcidice, fille d’Aleus. Or, si- le môme nom d'Ætolus appartient à la date de l’an 1470, il en faudra conclure qu’il y eut deux Ætolus, et, par conséquent, deux Endymion, comme l’indiquent les noms différens des fils attribués, comme on l’a vu, à deux pères du même nom par Pausanias et Conon.

La nécessité de placer un Ætolus à l’an 1470 est démontrée aussi clairement que vient de l’être celle d’en placer un à l’an i 4 *o.

Nous avons vu , d’aprcs l’article ccli , que cinquante ans après le déluge de Deucalion , c’est-à-dire, l’an 1479, Endymion, fils d’Æthlius, chassa de l’Élide Clymenus, petit-fils d’Hercules Idtcus. Il est bien évident que ce ne peut être le même que celui qui fut père de l’Ætolus

içi EXPLICATION MÉTHODIQUE

chassé de l’ÉIide, selon Strabon , par Salmoneus, l'an i 3 4 °- Il y a donc dans la dynastie des rois d’Ætolie une lacune de cent soixante-et-dix ans, qu’il faut remplir en répétant deux fois les noms d’Endymion et d’Ætolus, ainsi que l’autorisent les exemples fréquens de semblables répétitions dans les généalogies des Deucalionides , et notamment dans la branche même que nous allons faire connoître, et où se trouvent deux Oxylus incontestables.

Lit. xt,p. yn. Strabon rapporte une inscription gravée sur la base

d’une statue d’Oxylus élevée dans la place publique d’Elis , et suivant laquelle ce petit-fils de Thoas étoit le dixième descendant d’Endymion par Ætolus. Cefte énumération remonte ainsi : Oxylus II, xlviij — 1 , Hæmon, Thoas, Andræmon , Oxylus I. er , Protogenia, Calydon, Ætolus II, Endymion II, Ætolus I. er , dixième degré désigné xlji — 28.

Le degré d’un premier Endymion , déjà fixé par ses rapports avec Clymenus et Deucalion , se trouve donç confirmé par l’énumération comprise dans l’inscription citée par Strabon; les degrés d’un autre Endymion, celui d’un autre Ætolus, sont également fixés dans l’énumération différente de la même ligne par Pausanias. Oxylus, xlvjii — 1 , étoit fils d’Hæmon fils de Thoas; ce Thoas, qui étoit associé aux fils d’Atrée pour renverser le trône Pauum. v,w, de Priant , remontoit, à la sixième génération, jusqu’à un *** '' Ætolus fils d’Endymion , XLli — 22. Il est donc démontré, comme également incontestable, qu’il y eut un Endymion fils d’Æthlius au degré xlii — 3 1 , et un Ætolus au degré xlii — 28 ; un autre Endymion au degré xlii — 25, et un Ætolus au degré xlii — 22. Le principe sur lequel

est établie la construction de cette partie de mon Tableau, n’est donc pas le résultat d’une supposition arbitraire.

Il ne nous reste plus que d’en poursuivre la démonstration par une preuve tirée des anachronismes qui dériveroient de l’usage commun de réduire la même généalogie aux huit degrés suivans, savoir : Endymion , Ætolus, Calydon, Protogenia, Oxylus, Andræmon, Thoas, Hæmon , Oxylus. Or c’est dans l’accord même que présente le tableau de la dynastie des Inachides , que nous allons puiser les preuves des anachronismes qui résulteroient de la réduction contraire à la disposition que nous avons adoptée pour la construction de cette ligne directe des Deucaiionides.

Pausanias s’exprime ainsi relativement à la généalogie d’Endymion : «Le premier qui régna sur cette terre (l’Élide), » fut Æthlius, fils de Jupiter et de Protogenia, fille de » Deucalion. Les fables disent qu’il fut aimé de la Lune, » dont il eut cinquante filles ; mais les traditions histo- » riques portent qu’Endymion n’eut que trois fils, savoir, » Pæon , Epeus et Ætolus , avec une fille nommée Eu- » rycyda. Ces enfans lui naquirent , soit d’Asterodia , »> sa femme (xuv — 3 1 ), soit de Chromia, fille d’Itonus » ( XL — '30) et petite-fille d’Amphictyon , soit enfin » d’Hyperippe , fille d’Arcas ( xiv — 24)’» car» sur ce » point , les traditions sont diverses. »

Pausanias ne pouvoit mieux confirmer, quoiqu’indirectement , la nécessité de reconnoître deux Endymion différens dans la ligne de Deucalion. A l’exception

Bb

Cltivicr, trad.

d’Apollod.t. II, p. . noie //.

Pausan. V. /, VOS- 17 S-

i?4 EXPLICATION MÉTHODIQUE d’Asterodia, dont nous ne connoissons pas la généalogie , les deux autres, savoir, Chromiaet Hyperippe, ont épousé deux Endymion nécessairement différens. Pausanias paroît les avoir confondus en un seul ; mais nous les avons fait distinguer dans les articles xxiv et lviii.

Pausanias, ayant d’ailleurs supposé faussement qu’Arcas étoit petit-fils de Lycaon , et que Lycaon étoit contemporain de Cecrops , ne pouvoit s’apercevoir de l’anachronisme qui seroit résulté de sa supposition , lorsqu’il faisoit épouser Hyperippe, xiv — 24, fille d' Areas,, par Endymion fils d’Æthlius , xlii — 31, malgré la distance de soixante-et-dix ans entre la naissance des deux époux. Cet anachronisme palpable et confirmé par la multitude des synchronismes qui assurent ces deux points de comparaison , se tourne donc en preuve de la nécessité d’admettre l’Endymion il.

cccxr.

La nécessité d’admettre, en outre , l’Endyrtiion I. er , résulte du mariage de Chromia, xl — 30 , fille d’Itonus, et petite-fille d’Amphictyon , cousine, au quatrième degré , du premier. En effet, supposé que cette princesse ait été mère d’ÆTOLUS, xlii — 28, elle ne pouvoit l’être d’EpEUS, xlv — 20 ; car, dans cette supposition, Pausanias auroit commis un anachronisme de cent ans entre la naissance de Chromia et celle d’Epeus supposé son fils.

ccc xi r.

Mais, comme l’époque d’Epeus est historiquement fixée au degré xlv — 20 par le meurtre qu’il commit aux

jeux funèbres qui furent célébrés pour la mort (I’Azan, roi d’Arcadie, xm — 23 , il s’ensuivroit un anachronisme de cinquante ans entre la naissance d’Epeus et l’âge même de soixante ans auquel on pourroit supposer qu’Endymion I. er , fils d’Æthlius , auroit été père de cet Epeus.

CCCXIH.

La même nécessité d’admettre deuxÆolus dans la postérité d’Hellen se démontre d’un autre côté d’après les synchronismes formés par les mariages d’ino fille de Cadmus, vji — 29 , avec Athamas fils d’Æolus I. er , lui — 3 1 (art. xvii ); d’Æthlius, xlii — 34» avec Calyce fille d’Æoius, lu — 3 3 (art. i.vii) ; de Creüsa fille d’Erechtheus, xv — 22, avec Xuthus, lii — 23, descendant d’Æolus au quatrième degré, comme frère d’un autre Æolus, fils d’Hippotes; par le mariage de Salmoneus, xlvii — 19, avec Alcidice, fille d’Aleus, xiv — 17 (art. xxvi); parle mariage de Procris, fille de Pandion II, xix — 13 , avec Cephalus, fils de Deion , xlix — 14 (art. xxxi); par le mariage de Pleuron, fils d’Ætolus, xlii — 1 9, qui épousa Xanthippe, fille de Dorus, lv — 19 (art. lix ); enfin par tous les synchronismes qui fixent les degrés d’ion, de Sarpedon, de Minos II, d’Androgeus, de Catreus, de Chryses , d’Ariana, de Phædra, d’Ærope, de Molus, de Sthenelus et d'Alcæus, qui sont cités dans les différens articles des trois premières sections. Au reste , notre confrère M. Saint- Martin éclaircira sans doute bien mieux cette généalogie difficultueuse dans le travail qu’il prépare sur la chronologie positive.

Bb 1

Schol. in Homtr. lliad. XIII, v. 66).

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