Vie de Jésus, Introd., p
mais qui exagère le merveilleux, ignore totalement l’hébreu , et raconte des légendes avec ces longues amplifications, ces cantiques, ces procédés de convention qui forment le trait essentiel des évangiles apocryphes.... A part cela, c’est un artiste divin, et son Evangile est celui dont la lecture a le plus de charme !.
J'ai voulu vérifier de près ce qui a pu valoir à saint Luc les compliments de M. Renan, ne füt-ce que pour me former une idée exacte de la science de ce dernier. Et d’abord, pourquoi « le disciple de saint Paul ignore-t-il totalement Y’hébreu ? » On nous renvoie au bas de la page, en nous priant de comparer Luc (1, 31) à Matthieu (r, 21). J'ouvre saint Matthieu à l'endroit indiqué, et je lis : « Elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » De là, je passe à saint Luc, et je trouve: « Voilà que vous concevrez dans votre sein et vous enfanterez un fils auquel vous donnerez le nom de Jésus. » Je me demande en vain comment deux textes parfaitement semblables peuvent prouver pour saint Matthieu qu'il savait l'hébreu, et pour saint Luc qu'il l'ignorait. Serait-ce parce que celui-ci omet d'expliquer le sens du mot Jésus?
qui donc lui en faisait une loi? Depuis quand un auteur frañçais est-il censé ignorer le grec ou le latin, parce qu’il ne juge pas à propos de donner l'étymologie d’un mot dont il se sert, et qui est emprunté à l’une ou à l’autre de ces deux langues? Et les hébraïsmes qui fourmillent dans l'Evangile de saint Luc, de l’aveu de tous les critiques, sans en excepter un seul, vous les ignorez? Il n’y a pas un élève de séminaire qui ne sache cela ?. Ces