Vie de Jésus, Introd., p
2. Les locutions suivantes sont de purs hébraïsmes : sera appelé le fils de Dieu, pour sera (1, 32); sera appelé consacré , pour sera
bévues de M. Renan me peinent parce qu'il pourrait venir en idée à quelque malin de supposer, ce qui n’est sans doute pas, que le professeur d’hébreu du Collége da France est peu versé dans la langue qui fait l’objet de son cours. |
Nous ignorons si M. Renan a voulu faire l'éloge de saint Luc en l'appelant « un dévot très-exact; » mais s’il n’a, pour croire à la dévotion de l’Evangéliste, que la raison qu’il allègue, il n'est pas difficile. Veut-on savoir pourquoi le disciple de saint Paul mérite celte qualification? C'est qu’il rapporte que les saintes femmes, revenues du sépulcre, demeurèrent en repos, selon la loi (xxx, 56). En vérité, la preuve est imposante, et il faut convenir qu'il n’y a rien à répliquer, Et la démocratie de saint Luc! C'est ici, sans doute, que les arguments vont abonder. Voyez, nous dit-on, la parabole du Riche et de Lazare. Ah! vraiment! pour être démocrate, il suffit de condamner le riche qui laisse mourir le pauvre de faim à sa porte! A ce compte-là, la démocratie peut ouvrir ses bras à tous les chrétiens, voire même à l’au-
tocrate de toutes les Russies. Mais, pour M. Renan, « dé-
mocrate » est synonyme « d’opposé à la propriété. » Je ne sais comment les démocrales prendront ce « c'est-àdire; » ce qu’il y a de cerlain, c’est que, si M. Renan
consacré (11, 23); les fs de l’Epoux, pour les amis et les compagnons (v, 34); un fs de la paix (x, 6); manger du pain pour prendre un repas (x1v, 1); il alla donc et il s’atfacha, pour il alla s'altacher (xv, 15); les fis du siècle, les fis de la lumière (xvi, 8), etc., etc. Heumann et Lardner ne croyaient même pas qu'on pût admettre l’origine grecque de saint Luc à cause de sa connaissance exacte de la langue et des usages juifs. Maier trouve dans certains chapitres de saint Luc «une physionomie hébraïque (ein aufallend Hebraïsches Sprachgepræge). ». Et voilà comme quoi saint Luc ignorait totalement l’hébreu! Pour quelle classe de personnes écrit donc M. Renan?
voit la négation de la propriété dans le blâme infligé à J'avarice et à la cupidité, il a eu raison de faire un cinquième Evangile : les égoiïstes et les voluptueux lui en sauront gré.
Laissons là ces puérilités indignes d’un homme qui 8e respecte et qui pense. Déjà il nous est permis de caractériser la tactique de notre adversaire. On avance une énormité dans le texte, et l’on jette au bas de la page une citation qui ne dit rien. Le lecteur confiant ou distrait ne se tient pas en garde contre celle manœuvre; il n'a pas le loisir et ne se sent pas le goût de vérifier par lui-même les citations auxquelles on le renvoie ; et le tour est joué. Eh bien! nous continuerons cette tâche ingrate et pénible; et quand nous aurons prouvé jusqu’au bout que M. Renan cite mal, nie à tort et affirme sans raison, nous lui laisserons le choix entre ces deux hypothèses, les seules possibles : ou il a abordé son sujet sans préparation suffisante, ou il n’a pas voulu que ses lecteurs connussent la vérité.