Viede Jésus, p
La plume tombe des mains en présence de pareilles inepties. Voilà ce que M. Renan nomme de la haute critique, et ce que nous sommes en droit, nous, d’appeler une plate puérilité. Et quelles sont donc les formidables raisons derrière lesquelles s’abrite notre vaillant adversaire? Écoutons-les. Saint Jean raconte qu'il reposait sur le sein de Jésus à la dernière Cène; qu'il était avec Pierre dans la cour de Caïphe; et qu'en courant au sépulcre avec Pierre, il y arriva le premier. Ne sont-ce pas là des traces évidentes d’un dépit mal dissimulé? Je vois bien, d’après cela, que saint Jean, étant plus jeune, devait avoir la jambe plus légère que son collègue, mais j'ai beau regarder, je n’y vois pas autre chose. Remarquez bien que saint Jean est le seul évangéliste qui rapporte la cérémonie du lavement des pieds, dans laquelle saint Pierre tient une si grande place; le seul encore qui reproduise ces s0-
Jennelles paroles de Jésus-Christ à saint Pierre : « Pais mes :
agneaux, pais mes brebis. » N'importe, il faut que la ja- Jousie ait inspiré à l’apôtre de la charité le dessein de composer son Evangile : c’est la haute critique qui le déclare par la bouche de M. Ernest Renan.
À mesure qu'on suit l’auteur de la Vie de Jésus à travers ses savantes inductions, on marche de surprise en
——.. surprise. Îl veut bien reconnaître dans l'Evangile de saint
Jean « des renseignements précis et qui sentent le témoin oculaire !; » mais à côté de la narration, qu’il trouve en général satisfaisante, « il aime à voir les interpolations d'un ardent sectaire ?. » Les discours, en particulier, ne sauraient trouver grâce à ses yeux. Voici la raison qu'il cn donne : Jean met dans la bouche de Jésus des discours dont le {on, le style, les allures, les doctrines, n’ont rien