‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 15 sur 96 · Ibid. p · texte numérisé non relu

Ibid. p

* de commun avec les Logia rapportés par les synoptiques. Sous ce rapport, la différence est telle, qu’il faut faire son choix d’une manière tranchée. Si Jésus parlait comme le veut Matthieu, il n’a pu parler comme le veut Jean. Entre les deux autorités aucun critique n’a hésité, ni n'hésitera ?. » Voilà, certes, une affirmation carrée : voyons un peu ce qu’elle vaut. Il y a quelque trente ans que Bretschneider proposait cette objection, dont il reconnut plus tard la faiblesse; mais puisqu'il plaît à M. Renan d'y revenir, comme si c'était une nouveauté, nous sommes tout prêt à la discuter.

Ïl y a, dites-vous, une telle différence entre les discours du Sauveur dans saint Jean et les Logia rapportés par les autres évangélistes, qu'il faut faire son choix d’une manière tranchée. Nous sommes bien aise que vous nous amenñiez sur ée terrain. Et d’abord, cette différence est-elle aussi grande que vous l’imaginez ? Sans doute, elle peut le paraîtré, lorsqu’on falsifie les textes ou qu’on n’en tient pas compte; autrement, elle diminue de beaucoup. A l'appui de votre thèse, vous hasardez, par exemple, cette proposition : « C’est seu/ement dans l'Evangile de Jean que Jésus se sert de l'expression de Fils de Dieu, ou de Fils, en parlant de lui-même’. » Ah! vraiment! En êtes-vous bien sûr? Ouvrons, s’il vous plaît, l'Evangile de saint Matthieu (xr, 27), vous y lisez comme moi : « Toutes choses m'ont été données par mon Père ; et nul ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; et nul ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils aura voulu le révéler. » Le même texte se retrouve dans l'Evangile de saint Luc (x, 22). De là, nous passerons, si vous le voulez, à un autre endroit de saint Matthieu (xxvi, 63).

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